‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 99 sur 115 · ÉDIFICES CIVILS , PUBLICS ET PARTICULIERS · texte numérisé non relu

ÉDIFICES CIVILS , PUBLICS ET PARTICULIERS

Odéon. — Ce monument consacré aux exercices de musique fut élevé sur le modèle de la tente de Xerxès.

Quant au genre d’architecture , on présume qu’il était d’ordre dorique. L’odéon (le Périclès , pour le distinguer de celui de Régilla , fut primitivement construit à ciel ouvert ; dans la suite , on le recouvrit d’un toit fait, dit-on, avec les mâts et les vergues des vaisseaux pris aux Perses, qu’on avait probablement conservés dans les arsenaux.

Théâtres (*). — Vénus était ho-

(*) yoy.pl. 91. N“ I, plan d’un théâtre grec d’après Vitruve; n° 2 , masque comique ; n° J , masque tragique ; n» 4 , masque satirique ; n° 5 , masque de femme ; n° 6 , pedum des acteurs comiques ; n» 7 , sceptre tragique; n» 8, tessère de spectacle portant le nom d’Eschyle ( trouvé à Herculanum) ; n° 9 , répétition théâtrale ( peinture de Pompéi ).

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norée dans les théâtres, Minerve dans tragique ne pr^ntait pas toujours les gymnases, Neptune dans les cir- raspmd’un{^ais,0HyToyaitque1queques,Marsauxarènes, Mercure dans les fois un ternie avec un bois sacré,

ftalestres. Les théâtres étaient comme un paysage ou un lieu désert ; tel est ’Odéon, de forme terni elliptique. Cé- le lieu où se passe la tragédie de Phitaient, après les temples des dieux, loctète, dans l’ile de Lemnos. Dans les édifices les plus somptueux et les- les Bacchantes d’Euripide, i’actkm a plus importants, à cause des rapports lieu à Thèbes , ravagé par la foudre : immédiats de leur destination avec la on y voit le monument sépulcral de politique et la religion. Primitivement Sémélé, mère de Bacchus. Agatoils furent construits en bois, et seule- chos, IMmocrite, Anaxagore et Apament pour le temps que devaient durer turios d’Alabande sont cités comme les représentations. Ils avaient peu de peintres de décorations, solidité, et le peuple, s’étant porté en Machines. — Elles consistaient fouie sur un de ces échafaudages , afin en chars , nacelles, conques et autres d’assister à la représentation d'une tra- objets qui ne différaient guère de ceux gédie de Pratines , il s’écroula sous le employé dans nos théâtres , qu’on fait poids des spectateurs , dont il périt un agir au moyen des coulisses. Il y avait grand nomnre. Cet accident fut cause des trappes placées sous la scène , qu’on bâtit des théâtres en pierre, et pour l’appantion des ombres, des furies le premier qu’on acheva à Athènes , au et des divinités infernales ; on connais-

temps de Tbémistocle, reçut le nom sait les machines pour les changede Bacchus. Depuis ce temps, on ments de décorations à vue. Un voile éleva des théâtres dans les principales couvrait entièrement le théâtre dans les villes de la Grèce et de ses colonies, grandes solennités , afin d’abriter les L’architecture rendit célèbres ceux d’É- spectateurs et les comédiens, gine, d’Épidaure, de Mégalopolis , Gyhnases, paeestbes (*). — Ces d’Argyrion , de Syracuse et de Tauro- édifices devinrent des lieux publics où menidn. la ieunesse s’exerçait à la lutte, ainsi

Disthibdtion. — Ils se divisaient w'aux arts de la paix et de la guerre, en scène partagé en rangs de gradins Ces établissements s’accrurent au point où s’asseyaient les spectateurs; en or- de surpasser tous les autres, par la vachestre , destiné aux mimes , aux dan- riété et la ma^ficence des bâtiments seurs et aux comparses. Des vases qui servaient aux différents exercices encastré dans les arceaux , des esca- qu’on y enseignait. Il y avait de granliers et des voûtes, servaient à renfor- des salles, des portiques , des stades, cer la voix des acteurs. des manèges , des lycées , des places ,

Dbcobations. — Vitruve distingue des promenades , dœ bains et ues jartrois sortes de scènes, l’une tragique, dins. Les philosophes et les rhéteurs l’autre comique, et la troisième saty- y établirent leurs écoles; les artistes tique; leurs décors dUfféraient entre travaillèrent à l’envi à jes décorer de eux : ceux qui appartenaient au tout ce qu’on peut imaginer de g»nd , genre tragique , se composaient de de beau et d^élégant. Il y avait des colonnes, de frontispices et d'or- lieux particuliers, tels que l’éphénements somptueux; ceux qu’on bie, où jes jeunes gens apprenaient employcM dans les représentations les premiers élémenâ de la gymnasticomiques, figuraient des maisons que; le corycée, ou jeu de paume; particulières avec leurs balcons et rapodytère, où les athlètes se déshabilleurs fenêtres , comme dans les édir y gs. ro , , course à pied (vaæ

fices ordinaires; enfin, les décora- ^ figures noires); n® a, courses de

tiOTis d6 la scèn€ satyrûjw offraient cheirftux j a® 3 ♦ course aux flambeaux (nase aux regards des spectateurs, des en marbre blanc à Pergame (Cboiseul-Goufarbres , des cavernes , et tout ce qu’on fier) ; n® 4 , course de cbar (vase grec k figu* wHt dans les campagnes. La scène res noires).

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laient pour la jôfltë et pOür I* baiù. Le contstèfè rpliférttiait la poussière dont les lutteurs faisaient usage, et Véléocolésiott était le Heu où Ion se frottait d’huile et d'onguents propres à guérir les contusions. On trouvait , dans la partie eonsacrée üut bains, le frujldarlum , où l’on venait respirer au sortir de l’étuve â vapeur, ou /oconlcon, dans laquelle on entrait pour suer. Le xvate était une espèce de hangar a l'abri duquel les lutteurs s’exerçaient en hiver, ou lorsqu’il faisait mauvais temps. Derrière fe xyste, il y avait un .stade construit de manière à contenir un grand nombre de spectateurs, placés pour voir commodément les jeux.

BtKKCtess tm il fAteytti (').

S AtTEüBS; — AU nombre des exercices de la palestre, on comptait lésant et la lutte. Les Joflteurs se présentaient nuelqiiefois les mains tidm , quelquefois ils portaient sur leurs têtes ou sur letirs épaulés fléS pOid.S de métal ou de pierre , qu’ils jetsîènf en Pair au moment de s’élancer dans la rtirMèrc, afin de donner à Irtir Corps plus d’élasticité jwur frafiehir le mrt, qui était •s'iwrenl un large fossé.

DiscoboLès. “ l.e disque était une .« rte de palet pesartt, fTune formé le.itîeulaire, de trois oti quatre ponces d [misseUr a Son renflement. Il était en pierre < en fer, ou d’airain,- et Se lançait paraboliquement avec Une coUfroié. On atiribiiaif aux LSeédémoniens l’invention de cet exercice salutaire.

PlIOlUSTF.S 00 BOXF.UBS. “ Ils cnmiwttaient à coups de poing; quelquefois ils armaient leurs mains de

(*7 Yoy. fri. gd. N» r. luUeiirS (VSse grec S |iclhiiirr$ noirci); rt” », ptiéHat, où le celte était remplace par ue< cbnrmieS de cuir (Vaa» greeà figare»j»i*<s de M dtûtliême collection lOianiilten) ; h° 3, sauteur (pierre gravée) .n" , discobole (pierre gravée); II® 5, splicriSIe ou joui'ur de halloa (vasceii terre peinte) ; n“ 6 , joueur de Iroelios ou de cerceau ( pierre gravée) ; n® 7 , tir à l'oiseau (vase grec k figum jaunes du musée Bourbon à Naples). «

masses de pierre ou ie métal. L’ùsage du ceste S’introduisit plus tard. Le ripécls consistait à lancer Une baguette ou une javeline : Il nous reste une image de ce combat dans lé djérid des Orientaux.

Jeux de soCiÉtÉ. — Lé jeu des dés (*), inventé par les Lvdiens , (lit employé dans u n temps dé fatnine , comme moyen de distraction propre à occuper ceux qui ne pouvaient manger qu’une seule lois en deux jours. OU attribuait à Palamède les cutméi ét les écA-ecs.

Les osselets, ou astragales qui avaient six faces, étaient consacrés â Vénus; sur chacune de ces faces étaient représentés les noms èt les imagés de quelques divinités : l’àstragalé qui venait adonner le nom de Vénus, ^gnait. Le penthallte (*‘) consistait à Tancer avec la paume de la main cinq osselets nü’il fallait recevoir et retenir sur le dos de la main. Le trochos consistait en Un cercle de métal garni de grelots qu'on faisait (Ourner avec une petite baguette. Il est fait mention du jeu de boulé dans l’Odyssée, fl y avait des jeux à l’usage des jeunes filles :

tels étaient ceux des petites coquilles , des escargots , des porcelaines de mer, et le jeu de la balançoire (***).

DÎ.aisons. — Êll“s furent pendant long-temps, â Athènes même, très-petites.de médiocre apparence,et dispersées sans alignement derrière les temples et les autres monuments publics. « Si « vous visitez, dit Déniosthène , la « maison de Thémistocle , de Miltiade , « ou de quelque grand personnage, « vous n’y trouverez riert qui les dis- ■< tingue nés demeures anciennes. ^lais « au lieu d'habitations somptueuses , X ces hommes illustres uduS ont laissé N des édifices si magnifiques , des nio- « nuUients tellement imposants , que

(*) Toy. pi, 88. N° S, dé* an anbr* trouvé* à Atbèa«* ( musée da Louvre ) | n° 6 , autr^ dé portant les lettres de l'upliabct (inédit, innsée du Louvre).

(") Voy. pt. 88, N” 3, d'après une peinture antique.

(*“) yoy.pt. »i. N® 4, d'aprà* un vaee grec en leire peidtv.

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• personne depuis eiix n*a pu les ^ « frappaient en dedans, afin que les

« surpasser. Je parte des vestibules , • passants fussent avertis et prissent

« des arsenaux, des portiques, du fi- « garde de n’étre pas heurtés. »

• rée et des cdnstructions i^i font Les maisons avaient des fenêtres

• d’Athènes la merveille de la Grèce. » rondes, ovales et carrées, i’iine et Ha.bitxtions bbiVÉes. — Lescho- Vitruve diseni qu’il y avait des fenè-

ses changèrent. Les Grecs , Su rapport très qui prenaient dqpuis le planclier de Vitruve, faisaient l’entrée de leurs jusqu'au plafond; Vinkelmann ajoute maisons étroite. Ils plaçaient (Tuncâté qu’elles avaient des volets, des rideaux les écuries, et de l'autre la loge des por- et des fermetures en métal. Quant tiers, qui avaient particulièrement la aux escaliers, oeux des temples, pour garde de l’appariement des femmes : monter au toit, étaient façonnés en

cestpourquoi ils étoient souvent eunu- limaçon; d’où on peut conclure que ques. De cette espèce de vestibule, on cette forme était commune aux luaientrait dans la courj dont trois des cô- sons des particuliers, tés avaient des portiques. Au midi il y f lafomds. — Ils lurent d'abord

avait deux anU$ ou pilastres sur les- horizontaux ; il y en eut ensuite en voilquels reposaient les poutres destinées te : les uns et les autres étaient en bois à wutenir le plancher. La saillie qu’ils ou en roseaux fendus, revêtus de stuc, faisaient formait le ;>ro«f<M ou parsfor, On représentait sur plusieurs les ima

espèce de galerie dont les murs et les ges et les histoires des d’"<ix ; on replafonds étaient ornés avec goût. A couvrait de dorures grossières ceux une certaine distance , de chaque odté, qui étaient divisés en eoinpartiments. on trouvaitde grands appartements où La décoration des murs consistait le se tenaient les mères ae famille avec plus souvent en une couleur vive, ou leurs gens de service; venait ensuite le nien en petites peintures séparées par thalamos. Autour des portiques on caissons, où l’on voyait de.s ligures disposait ordinairement les salles à d’itoiunaes^d'aoiinaux, et des fruits de

manger , et d’autres pièces réservées toute espèce. Ces ornements tenaient pour les usages communs delà maison, lieu de tapitseriet. Ceux qui les fai- Le corps -de -logis dont on vient skient s’appelaient rotographei eu d’esquisaer le trait était accompagné peintres de petites clmses. Les pavés d’une construction plus vaste, avec en marbre et en mosaïque étaient corndes cours très-spacieuses. Ces cours muus dans les édifices publics. Vitruve étaient entourées de quatre porti- parie d'une espèce de pavé particulier ques d'égale hauteur, avec des gaie- aux maisons des citoyens, qu’il déries et des portes particulières qui signe en ces teripes : Oræcorvm hicooduisaient aux appartements des bernüctUorum pavimentum. hommes. Lee Orangers y étaient logés CHEMintes. — Il parait certain et servis, afin de leur laisser une liberté que les anciens connurent l’usage des complète. llss’ytrouvaientcommechez cheminées pour la cütsiile, et suivant eux. La veille de leur départ, ils rece- toute apparence, celui des poêles provaient du maître de ia maison des pro- près à ecJiauffer les appartements des visions pour continuer leur voyage. riches. Les pauvres se contentaient ÉTAOBs, VOHTES, FEnÉTHES. — Il d’un fover pareil à celui des paysans y avait des maisons à ptusieurs étages, actuels de la Grèce , d’autres sê seravec plusieurs rangs de portiques su- raient d’un brsBier. La fumée s’échapperposés , ayant dé* lonrs aux angles pait par un troti pratiqué dans le toit, des façades et sur les côtés de l’édifice. Le jurisconsulte Ulpien met en ques- SalntPâul, dans les Actes des apôtres, tion s’il péut être permis aux forparle d’un troisième étage. Plutarque gérons de faire sortir la fumée par dit « que les portes des maisons grec- quelque Conduit pratiqué dans le mur,

< ques s’wrraMDt généraleinent en ae manière à inenmmodér ceas qui

• dehors. Ceux qui voulaient sortir occupent la partie supérieure d’uoe

L’ÜNiVERS.

habitation. Il décide négativement la question.

ÉDIFICES PSETICOUBas.

Matébiaux. — Pausanias nous ap-

ftrend que les Grecs employaient dans eurs lotisses des briques séchées au soleil , qu’on pétrissait avec de la terre mêlée de paille, usage encore pratiqué dans tout l’Orient. On ignore ae quelle manière la chaux était préparée. On employait dans la construction des murs, des crampons, des barres de métal, et des pièces de bois pour joindre les pierres. On se servait de vases et même de tubes en terre cuite dans la construction des voûtes et des coupoles , afin de les rendre plus légères. Le toit des maisons était formé de pierres plates ou de tuiles en marbre. On attribue l’art de scier le marbre à Byzas de Naxos, qui vivait 600 ans avant notre ère. On revêtait quelquefois les murs de brique d’un placage de marbre.

Obnembuts. — Ils ne furent jamais qu’accessoires dans l’architecture grecque, et pareils aux vêtements , à la fois simples et élégants, qui ne servent qu’à cacher la nudité du corps.

Lucien , sculpteur avant d’être philosophe, qui avait devant les yeux les beaux modèles de l’architecture du siècle de Périclès, compare les édifices, où les ornements sont judicieusement distribués, à une jeune beauté dont la parure laisse apercevoir l’élégance des formes; il assimile, au contraire , les constructions qui en sont surchargées à une vile courtisane qui cherche à dé^iser sa laideur par toutes sortes d’artifices : la décadence du goût date du siècle de Néron.

Jabsins. — Homère nous en of&e le type primitif : « Près des portes du « palais , on trouve un jardin d’en- « viron quatre arpents , formant un > enclos. Là on voit de grands ar- •> bres toqjours verts , des poiriers , « des pommiers chargé de fruits , des « figuiers aux fruits doux et dès oli- « viers au feuillage verdoyant. La fer-

V tilité de cei arbres ne trompe ^ > mais , iis portent l’hiver comme l’eté « des fruits dont les uns commencent

■ à croître , tandis que les autres mû- « rissent sous l’haleine toujours tiède « des doux zéphyrs. La poire vieillit « sur la poire, Ta pomme sur la pomme, « le raisin sur le raisin , et la figue sur « la figue. La vigne étend au loin ses « rameaux chargés de raisin ; on en « fait sécher une petite partie au soleil, « sur une aire vaste et unie ; ici , le

■ raisin est en fleur, là, il n’est pas « encore mûr , et ailleurs il commence « à se colorer. La dernière allée de ce « verger est bordée de plates-bandes « bien entretenues , où régné une ver- « dure constante. On y trouve aussi « deux fontaines ; i’unê arrose tout le « jardin, et l’autre coule sous l’entrée • de la cour , vers le palais , où les ci- « toyens viennent prendre de l’eau. »

Il n’y avait pas d’Athénien qui n’eût près de sa maison de campagne, outre son potager, un bosquet ou un petit parterre rempli de fleurs. Les palestres, les gymnases, les lycées avaient leurs jarains pareils à ceux des philosophes, dont nous avons donné une vue précédemment.

Nymphes. — Les grottes désignées sous ce nom étaient des lieux où les Grecs aimaient à se retirer. Elles étaient entourées d’arbres groupés par touffes pittoresques. On vantait , dans l’antiquité , les antres des nymphes Anigrydes, de la nymphe Coricie , de Trophonios et d’Hercyne, d’Apollon , voisin de Magnésie etde Vénus, près de Naupacte ; tétait dans la dernière de ces grottes que les voives , désireuses de se marier, offraient des sacrifices à la mère de ramour. Mais de toutes ces retraites, cellede Calypso, décrite par Homàre et par Fénélon , semble l’emporter sur les autres par ses beautés romantiques.

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