‹ Greffage et variations d'ordre chimiqueChapitre 3 sur 9 · C. R. Acad. d. Sc., l rr mars 1897-2 avril · texte numérisé non relu

C. R. Acad. d. Sc., l rr mars 1897-2 avril

E. GRIPKON.

conséquent si l’on veut porter un jugement qui ait quelque valeur. Un étranger à la viticulture peut, même étant impartial, admettre les conclusions les plus contradictoires et, s’il a une opinion préconçue, l’appuyer sur ce qu’il tiendra pour des preuves décisives, lesquelles pourtant tomberont dans une discussion entre personnes compétentes et désintéressées. Proclamons-le hautement, c’est l’intérêt sous ses formes variées et la connaissance insuffisante de la viticulture et de l’œnologie qui ont jeté la confusion dans cette question de l’influence des porte-greffes américains sur nos anciens cépages indigènes.

La question est en effet très complexe. Dans la région de la Ifourgogne où je suis la culture de la Vigne depuis plus de trente ans et où j’ai pu entendre parler par de vieux vignerons «les récoltes depuis 1811 (vin de la Comète), que de vicissitudes le vignoble, dans l’ensemble prospère, n’a-t-il pas traversées? Avant le greffage, c’est-à-dire avant 1895, des périodes de 7, 8 et même 10 ans se sont passées où l’on obtenait qu’une ou deux bonnes récoltes, la sécheresse, la grêle, la coulure, la gelée, l’oïdium tuaient le reste; on faisait d’excellent vin (1811, 1865, 1870, 1881, 1893), mais on en produisait aussi de très mauvais. Avant le greffage encore, le mildiou anéantissait la récolte (1887) et ne permettait l’obtention que des vins inférieurs. Depuis 1895 on n’a reconstitué qu incomplètement à tause du manque et de la cherté de la main-d’œuvre, des frais de première installation, du mildiou qu’on ne connaissait pas avant 1887 et qui est venu joindre son action néfaste à celle des gelées printanières, lesquelles nous ont détruit plus ou moins la récolté en moyenne une fois tous les trois ans depuis un siècle. Assez souvent nous avons été trompés sur les porte-grefles. On les accusait d’être devenus non résistants par suite du greffage, mais on s’est aperçu, en en laissant pousser quelques-uns, qu ils étaient autres que ceux qu'on avait commandés, des types naturellement peu résistants. D’autre part nous n avons pas toujours eu au début les types adoptés aux sols complantés, d où des déboires irritants. Enfin on espace les ceps beaucoup plus qu autrefois, on fait prendre au Gamay et au Gros Pinot le pas sur Pinot fin, on fume copieusement, on pousse à la quantité f I 1 on n’a plus de vieilles vignes; alors dans 1 ensemble du

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