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IV. — Greffes artérielles homoplastiques

La greffe artérielle autoplastique réalisée, 1l était nalurel de songer à emprunter à un autre animal le greffon vasculaire. De fait, Hôpiner essaya la greffe homoplastique après la greffe autoplastique. Et comme cette dernière, la grefle vasculaire entre deux animaux de même espèce fut suivie de succès. Il prit deux chiens de même taille et remplaça un segment de la carotide de l'un par un segment de la fémorale de l’autre, et réciproquement. À la cuisse, la plaie suppura et l'artère se thrombosa. Au cou, au contraire, le résultat fut très satisfaisant. Au bout de quarante-cinq jours, l'artère ne présentait aucune modification de calibre, il n'y avait aucun caillot, l'endothélium était partout lisse et brillant. Dès cette première tentative, en 1903, la possibilité de l'homogreffe artérielle était établie, ou plutôt, il était prouvé qu'une artère transplantée à un animal de même espèce conservait sa perméabilité parfaite quarante-cinq jours après l'expérience. De l’état histologique du greffon, du processus de cicatrisation et de guérison, il n’était pas encore question.

Such, Makkas et Dowmann, en 1907, réussissent trois fois sur cinq, à greffer chez le chien des fragments d'artère d'un autre chien prélevés de quinze minutes à une heure et demie après la mort de ce dernier. Ces expériences constituent évidemment un stade intermédiaire entre les grefles de vaisseaux frais à proprement parler et celles de vaisseaux conservés des jours et des mois, dont nous nous occuperons plus loin. |

Capelle, en 1908, publie les résultats de ses recherches orientées dans le même sens : des morceaux d’artère prélevés sur un chien mort depuis une heure et demie et greflés sur un animal de même espèce lui ont donné des résultats aussi bons que des greffes fraîches, la vérification étant faite quatre, cinq et dix-sept jours après la transplantation.

Carrel, chez un chien auquel il avait remplacé un seg-

ment d’aorte par un segment de l'aorte d’un autre chien, trouva le tout en état neuf mois après.

Mais, dès 1907, cet auteur signale des altérations anatomiques très marquées sur des greffes homoplastiques restées perméables. Cette question a particulièrement retenu l'attention de Borst et Enderlen. Ces auteurs publient, en 1909, trois cas de greffe artérielle de chien à chien, vérifiées vingt-deux, vingt-six et cinquante-sept jours après l’expérience. Dans les deux premiers cas, datant de vingt-deux et vingt-six jours, la perméabilité du vaisseau était conservée; les sutures, parfaites dans un cas, présentaient, dans l’autre, de légers caillots à leur niveau. Le troisième cas (après cinquante-sept jours) était un échec complet : le greffon carotidien était oblitéré sur toute sa longueur. Nous verrons plus loin les résultats de leurs examens histologiques.

EN D Nos expériences personnelles comportent un échec et

un succès.

ExPÉRIENCE III

Le 14 novembre 1910, on greffe sur la carotide d’un chien un segment de carotide de 4 à 5 centimètres prélevé sur un chien un peu plus petit. Les sutures sont faites dans d’excellentes conditions ; la durée de l’interruption circulatoire est d’une heure à peine.

Le ? janvier 1911, le chien succombe au cours d’une autre expérience ; l’artère greffée, mise à nu, forme, entre les deux bouts de la carotide, un cordon plat et jaunâtre qui ne présente aucune trace de lumière.

C'est là un fait isolé, explicable sans aucun doute par une faute de technique ou d’asepsie et qui n’enlève rien à la possibilité de la greffe homoplastique établie de façon certaine par les expérimentateurs que nous avons cités. D'ailleurs, nous avons eu nous-même un succès dans l’expérience suivante; une complication tout à fait indépendante de la transplantation vasculaire nous a privé, dans ce cas, d’un résultat plus éloigné.

ExPÉRIENCE IV

4 avril 1911. — La carotide gauche d’un gros chien est sectionnée transversalement. Entre les deux extrémités vasculaires écartées on greffe un segment de 4 centimètres environ de l’iliaque primitive d’un chien plus petit. Au moment du rétablissement de la circulation, hémorragie par la suture inférieure, nécessitant un point supplémentaire. Durée de l’interruption circulatoire : cinquante minutes. Dans cette expérience, les tranches vasculaires ont été vaselinées.

En suturant les plans superficiels, on blesse la jugulaire

te 2 Greffe vasculaire. Artère iliaque sur carotide d'un autre chien. Reprise du greffon, dégénérescence des seules portions serrées dans la sulure.

Car., carotide avec: end., endartère, à peine visible en raison de sa min-

ceur; {. moy., tunique moyenne: 4dv., adventice. 1!., artère iliaque

avec : end., Son endartère; {. moy., Sa tunique moyenne; adv., son

adventice. T. c., tissu conjonctif périvasculaire régénéré le long des deux vaisseaux. L., limite des deux parois vasculaires visible dans la suture. T, d. i., tissu'iliaque dégénéré, dans les limites de la suture.

lréparalion. — Coupes à la celloïdine. Fixation : alcool à S0, Coloration: hémalun-éosine. Projection avec l’appareil de Edinger (Obj. Nachet 1 variable, distance 0.80). Grossissement 20 fois.

Micropholographie avec l'appareil de Zeiss.

Objectif microplanar Zeiss 50 m/m, Grossissement 20 fois environ.

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