PLANCHE
CET Da
Fr:
Cliché du service photographique de l'Université. Lyon.
ET
Ro
externe; l’hémorragie cessant spontanément, on ne place pas de ligature sur ce vaisseau.
Dans les jours qui suivent, plusieurs hémorragies se produisent. Ouverture d’un volumineux hématome sous-cutané le 15 avril. Le chien succombe le lendemain à une abondante hémorragie.
Autopsie. — Sous la peau, on trouve un gros hématome. Les muscles sont très pâles, l'animal paraît saigné à blanc. Au niveau du paquet vasculaire, on ne trouve aucun caillot, aucune trace d’hémorragie, mais du tissu fibreux, au sein duquel on dissèque assez facilement la carotide. Les sutures ont bien tenu. L’artère prélevée est perméable à une injection. Ouverte longitudinalement, elle ne contient aucun caïllot, les sutures sont encore visibles, mais en partie recouvertes; l’endothélium du greffon, parfaitement lisse, a tout à fait l’aspect de celui du porte-greffe.
Examen histologique (M. Dubreuil) (1). — Au microscope (v. planche II, fig. 2) la suture apparaît en parfait état.
1° La carotide (porte-greffe), en dehors des points de suture, a conservé son aspect normal : endartère très mince, lHimitante, élastique, faible; une épaisse couche musculaire lisse, mélangée avec du tissu conjonctif parcouru par de très fines fibres élastiques, constitue la membrane moyenne. La tunique externe est composée de gros faisceaux conjonctifs à direction longitudinale, groupés eux-mêmes en faisceaux par des paniers de fibres élastiques.
(1) Dans les différents examens histologiques qu'il a bien voulu pratiquer pour nous (expér. 4, 11, 13, 15), M. Dubreuil a employé la technique suivante : Les pièces fraiches ont été fendues, étalées sur liège et fixées soit par le mélange de Lenhossek (sublimé, alcool, acide acétique), soit par l'alcool à 80°. On en a fait deux parts, l'une pour l'inclusion à la parafine, l’autre pour l'inclusion à la celluloidine. Coupes de 8 à 15. Coloration : 1° pour l'examen général : hémalun-éosine.
2 Pour l'examen spécial du tissu élastique : hémalun-rouge d’acridine ferrique ; |
3° Pour l’examen du tissu conjonctif : hémalun-picroponso.
4° Pour les rapports des différents tissus entre eux: carmalun,
rouge d'acridine ferrique, picro-noir, naphtol. je
2 L'iliaque (greffon) présente une endartère très mince, vne couche moyenne musculo-conjonctivo-élastique, analogue à celle de l'aorte. L’adventice est formée par de nombreuses et fortes fibres et lames élastiques, à direction générale longitudinale.
.3° Au niveau de la suture, les fils ont été enfouis dans du tissu conjonctif embryonnaire venant, d’une part, de l’endartère carotidienne, et, d’autre part, du tissu conjonctif adventitiel. Les fils forment un anneau, à l’intérieur duquel on trouve des restes de la tunique moyenne des deux vaisseaux. Ces restes sont en voie de dégénérescence. Les fils sont infiltrés entre leurs liens de nombreuses cellules connectives jeunes et de quelques leucocytes polynucléaires. Il y a là un tissu en voie d’organisation. La couche conjonctive qui forme l’endartère est constituée par des cellules fusiformes et anastomotiques englobées dans de la substance fondamentale collagène. Cet épaississement de l’endartère est limité au seul point de la suture, sur une longueur de 1 millimètre environ et n’est sensible qu'au microscope. La moyenne est remplacée par les portions de tissus comprimés entre les fils. L’adventice est en voie d'organisation rapide, comme une cicatrice (v. plan- . che III, fig. 3).
En résumé : les deux vaisseaux (porte-greffe et greffon) ont gardé leurs caractères normaux. La suture est en parfait état et la continuité de l’endothélium vasculaire est certainement assurée. La seule portion dégénérée est constituée par les deux parcelles de tissus saisies entre les fils, parfaitement affrontées et distingables l’une de l’autre.
En somme, cette expérience a parfaitement réussi. L'hémorragie à laquelle l'animal a succombé et qui nous a privé d'un résullat plus éloigné est tout à fait indépendante des sutures vasculaires: elle est due certainement à la blessure de la jugulaire externe, veine très volumineuse chez le chien, au moment des sutures superficielles.
Prancnxe III
Pie:
Agrandissement de la région de suture de la figure 2,
Anses de fil entourant des portions de tissu nécrosé représentant les tuniques moyennes des ux vaisseaux affrontés en cel endroit, on distingue ercore la ligne qui les sépare. De chaque té du fil on voit les membranes moyennes et adventices des deux vaisseaux. Au-dessous, tissu njonctif de cicatrice. "
Le résultat fonctionnel de la greffe et l'examen microscopique de la pièce nous permettent de conclure : la greffe artérielle homoplastique, comme la grelfe autoplastique, est possible. Les échecs, comme celui de notre expérience IT, doivent être imputés à des fautes de technique. Le greflon artériel homoplastique, non seulement assure la continuité de la paroi vasculaire, mais il vit réellement clans son nouveau milieu, conservant ses caractères histologiques propres et relié à ses deux extrémités au vaisseau porte-grefle par deux minces cicatrices qui seules marquent le point de passage entre les deux vaisseaux. Cette conclusion, à laquelle conduit nécessairement l'examen histologique que nous avons rapporté est confirmatif des idées de Ward qui dit textuellement : « Les artères transplantées sur un animal de même espèce se cicatrisent comme les auto-greffes, sans modification de structure. » Elle est, par contre, en désaccord formel avec l'opinion de Borst et Enderten. Ces auteurs proposent une interprétation intéressante, mais qui nous paraît inexacte, du processus de guérison dans les expériences heureuses. Ils auraient surpris, au microscope, le greffon en voie de résorplion. Aussi, concluent-ils que celui-ci ne vit pas, comme une auto-greffe, dans son nouveau milieu: il périrait lentement, mais servirait de guide à la régénération du vaisseau transplanté par l'organisme porte-grefle, l'endothélium de ce dernier se développant par-dessus les lignes de suture sur le greffon artériel, auquel se substiluerait petit à petit une formation nouvelle aux dépens du tissu conjonctif périvasculaire. C'est là une opinion à laquelle nous ne saurions souscrire. Nous le répétons, pour nous, les greffes homoplastiques, au point de vue du
RE de processus de cicatrisation, ne diffèrent pas des greffes autoplastiques. Comme ces dernières, elles vivent réellement dans leur nouveau milieu, conservant l'intégrité de leur structure histologique.