RIDE
ExrPérrexcE VI
Le 11 mars 1911, greffe, sur la carotide d’un chien, d’un segment d’aorte de lapin de 2 centimètres. Au moment du rétablissement de la circulation, hémorragie par la suture supérieure, nécessitant un point supplémentaire. Une petite collatérale du greffon saigne et reçoit une ligature.
L'animal succombe le 24 mars à une autre expérience. À l’autopsie, on trouve l’artère greffée occupée par un caillot qui se poursuit à 1 ou ? centimètres en decà et au delà de la greffe, dans la carotide du chien.
Examen histologique (Bériel et Delachanal). — Sur les coupes traitées comme dans le cas précédent, on observe, en allant du segment porte-greffe au greffon, les détails suivants :
1° l'artère porte-greffe présente ses tuniques bien visibles, mais avec une infiltration d’exsudats cellulaires extrémement intense dans toutes les couches, et d'autant plus importante qu’on se rapproche de la zone des fils. Dans la moyenne, ces cellules inflammatoires sont réparties d’une façon diffuse. Dans l’adventice, on trouve en outre de gros îlots de cellules confluentes autour des vaisseaux. Quelquesuns de ces îlots contiennent même, en leur centre, de grosses cellules à nombreux noyaux. L’endartère n’est pas visible.
2° Au niveau des fils, la moyenne cesse brusquement, et il apparaît un petit nodule de tissu fibrillaire, qu’on peut interpréter comme étant de l’endartère. Dans cette zone, infiltration inflammatoire de l’adventice est au maximum.
3° Le greffon présente sur toute son étendue une adventice très infiltrée d’exsudats inflammatoires, une moyenne continue commençant brusquement au niveau de la zone des fils, et également infiltrée de petites cellules, enfin un caillot fibrino-cruorique, qui suit le greffon sur toute sa longueur. Ce caillot, qui paraît directement appliqué contre la moyenne, est cependant très distinct de cette tunique, et
il n'y a pas de passage des éléments cellulaires de la paroi artérielle au caillot.
C’est seulement au deux extrémités qu’on voit une organisation du coagulum qui se transforme en un tissu très cellulaire, légèrement fibrillaire.
Ces extrémités, sur certaines coupes, paraissent libres: et sur d’autres, elles se continuent avec le tissu de la paroi, au niveau de la zone des fils. Sur ces dernières coupes, il existe aussi, en ce point où le caillot est adhérent et s’organise, une lamelle épaisse ayant la constitution de l’endartère, et qui vient se perdre en pointe sur le greffon, à peu de distance de la zone des fils.
Il semble que, sur cette pièce, se soit produite une inflammation pariétale totale, aussi bien dans le vaisseau portegreffe que sur le greffon lui-même; que le caillot, formé au contact du greffon, soit en train de subir une infiltration formative au niveau de ses extrémités, par lesquelles il adhère à la zone des fils; qu’enfin, à ce niveau, et correspondant à cette infiltration, un mouvement de l’endartère soit en voie de se produire.
Dans l'expérience suivante, nous avons obtenu un succès au point de vue fonctionnel et l'aspect et la structure du greffon, quarante jours après son implantation, peuvent prêter à des considérations intéressantes touchant le processus de guérison des hétérogreffes.
ExPértreNcEe VII
Un segment d’aorte de lapin de 2 ou 3 centimètres est implanté le 24 janvier 1911 sur la carotide d’un chien. Le greffon est d’un calibre inférieur à celui de la carotide du chien, et sa paroi beaucoup plus mince. Durée de l’interruption circulatoire : une heure et quart. Au moment de son rétablissement, il se produit, au niveau de la suture infé-
serons
rieure, une hémorragie assez abondante, Fi DERRER tarie par
quelques points supplémentaires.
- Dans les jours qui suivent, la plaie cutanée reste parfaitement souple : ni gonflement, ni suintement.
Le 3 mars, la carotide est mise à nu. La dissection présente quelques difficultés : le vaisseau adhère au pneumogastrique. On sent très nettement les battements artériels au niveau et au delà du greffon. Celui-ci apparaît d’un calibre un peu supérieur à celui de la carotide. La pièce enlevée, une injection poussée à son intérieur au moyen d’une seringue de Pravaz vérifie la perméabilité de la greffe. Celleci semble épaissie et l’on pourrait croire à l’existence de caillots pariétaux. Mais, à l’ouverture longitudinale de l’artère, on voit que la cicatrisation est parfaite au niveau des sutures et que l’endartère s’y continue sans ligne de démarcation avec celui du vaisseau récepteur. Par contre, à la partie moyenne du greffon, l’endartère présente un aspect tomenteux dû à la formation de granulations rougeâtres qui tranchent nettement sur la teinte blanche et l’aspect lisse et normal des parties avoisinant les sutures.
L'examen microscopique de cette pièce a été pratiqué par MM. Bériel et Delachanal (v. planche IV, fig. 4). Les coupes ont porté sur le greffon et les portions de l’artère portegreffe avoisinantes. Elles ont été faites en série, longitudinalement, sur le vaisseau ouvert, inclus à la celluloïdine. Elles ont été colorées à l’hématoxyline-éosine et au picrocarmin, et ont permis les constatations suivantes, sensiblement identiques, quelle que soit la coupe envisagée.
Sur la préparation histologique, il faut distinguer trois portions :
1° En dehors des fils, le vaisseau porte-greffe présente l'aspect des artères à type vasculaire. On distingue assez ! difficilement l’endartère, très mince, non altérée.
Au-dessous {a moyenne musculo-élastique, absolument intacte, ne présente aucun signe d’inflammation, aucun vaisseau. L’adventice paraît également saine, sauf au voi-
PrAnNoenrs IV
RG A ExPER. VII
M. Couche moyenne du vaisseau porte-greffe (l’endartère n’est pas visible). F. Fils de suture.
A. Adventice du porte-greffe.
E. Endartère très épaissi et altéré à la partie moyenne du greffon.
M. Couche moyenne, fragmentée du greffon.
A’. Adventice du greffon, infiltré de cellules inflammatoires.
Free 5.
Agrandissement de la région de suture de la figure 4.
e. Endartère.
m. Tunique moyenne.
a. Adventice,
v. Vaisseaux.
f. Place du fil entrainé par le rasoir.