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Journal des Débats , du 14 décembre i

CRENELLE

cimetière de Vaugirard; impasse Leblanc; rue de la Croix- Nivert en partie ; les quais de Javel et de Grenelle.

La ligne des eaux, en somme, partait du boulevard de Grenelle vers le n° 66, arrivait à la rue Rouelle, redescendait jusqu’à la rue du Théâtre, vers le n° q5; arrivait au n° ig de la rue Ginoux, remontait vers le n° 64 de la rue des Entrepreneurs, arrivait au n° 49 de la rue de l’Église, remontait au 1T 1 38 de la rue de Javel, arrivait au n° 101 de la rue de la Convention, suivait la rue Duranton jusqu’à la rue Leeourbe, et la rue Leeourbe jusqu’aux fortifications.

La zone d’inondation cies caves s’étendait naturellement plus avant dans Grenelle, pour atteindre, à son point extrême d’éloignement de la Seine, la rue Cambronne, entre les rues Robert-Fleury et Mademoiselle *.

Sur le plan que nous venons d’analyser, MM. Boreux et Tur eurent l’heureuse idée de rappeler, par un trait en couleur, les limites atteintes dans Paris par l’inondation de i658 qui, comme nous l'avons dit, lut une des plus désastreuses. On y voit que la localité de Vaugirard, qui comprenait alors la plaine de Grenelle, eut à peu près la moitié de sa superficie couverte par les eaux. Pour donner une idée de cette formidable crue nous serons obligés, comme points de repère, de nous servir des noms des rues actuelles lesquelles, naturellement, n’existaient pas au milieu du dix-septième siècle.

A partir du boulevard de Grenelle, vers le n° 66, la ligne des eaux s’étendait entre les rues de Lourmel et Violet. Arrivée à la rue des Entrepreneurs, elle traversait en longueur le square et la place de l’église de Grenelle, suivait à peu près la rue Mademoiselle jusqu’à la rue de l’Amiral

t. Plan dressé par MM. Boreux et Tur, ingénieurs en chef de la ville, et annexé au rapport de M. Picart sur l’Inondation de 1910.

Roussin, qui était le point le plus avancé dans les terres qu’elle atteignit. La ligne redescendait ensuite jusqu’à la cité de Thionville, obliquait vers l’ouest jusqu’à la rue de la Convention, non loin de la rue Lecourbe, ci-devant rue de Sèvres, entièrement sous l’eau. A partir de ce point, jusqu’à l’enceinte, elle suivait la rue Théodore-Decke, partie de celle Desnouettes, et arrivait à la porte d’Issy des fortifications de 1840.

La Bibliothèque Nationale possède un petit dessin à la plume, i8,5 x 12,5, représentant l’inondation de Grenelle en ] 658. Il est signé : A. S. et a pour texte : « Yeuë des Marest de Grenelle et du Cours-la-Reine durant l’inondation, de dessus le chemin de Grenelle en février, le 2e l’an i658. »

Le premier plan montre des terrains bas où deux hommes et des chiens chassent un lièvre. Au fond, la rivière, avec des maisons dans l’eau et une berge escarpée couverte de quelques constructions '.

En ce qui concerne l’inondation de 1910, nous pouvons dire que jamais événement parisien ne donna lieu à une telle abondance de reproductions iconographiques. Les cartespostales, notamment, tirées à cette occasion, forment une collection du plus haut intérêt documentaire.

1. Bibliothèque Nationale. Estampes. Collection Destailleur. Paris, t. IV, p. 46.

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