MATION DE SOCIÉTÉS. — LES PREMIÈRES RUES. — INAUGURATION
ROSIÈRE. CHANSONS EN L’HONNEUR DU FONDATEUR DE GRE- NELLE. — LE CINQUANTENAIRE. LA MORT DE M. VIOLET.
La commune de Grenelle étant un rameau détaché, en i83o, de celle de Vaugirard, son histoire se confond naturellement, avant cette époque, avec celle de la localité dont elle émane.
Petit village de l’Ile de France dans la Généralité de Paris, sous l’ancien régime, Vaugirard se classait, au début de la Révolution, dans cette agglomération, qualifiée du nom de banlieue de Paris , dont les municipalités étaient soumises à un régime particulier. Constituée définitivement par la loi du 14 décembre 1789, la nouvelle commune de Vaugirard jouissait d’une étendue territoriale considérable, dont l’une des
plus importantes fractions était la plaine de Grenelle, non peuplée, d’ailleurs, ni construite, mais composée de cultures et d’exploitations agricoles.
Nous avons dit, dans la Monographie de V au girard , que toute la seigneurie de Grenelle, dont cette plaine faisait partie, avait été acquise de l’abbaye de Sainte-Geneviève, en 1 75 1 et 1753, par M. d’Argenson, ministre d’Etat, pour y fonder l’École royale militaire1.
On a vu que, plaine verdoyante et agricole, elle formait, au dix-huitième siècle, le canton de chasse du prince de Conty.
Elle servit aussi, en 1783, aux expériences faites par Louis XVI et Parmentier pour la culture de la pomme de terre. La mise en scène était, paraît-il, quelque peu ridicule et comportait, pour écarter les maraudeurs, des fossés creusés autour des champs et défendus par des gardes du corps. Ces derniers avaient reçu l’ordre de ne surveiller que d’un œil, ou plutôt de faire seulement semblant de surveiller, afin, selon la théorie du fruit défendu, d’inciter les badauds à dérober quelques pieds du fameux tubercule pour les planter dans leurs propres jardins. On comptait ainsi que le seul moyen de le propager et de le répandre était d'en interdire la culture. L’auteur qui rapporte ce fait ajoute — ce qui n’est pas sans porter atteinte à la véracité de cette histoire — que la pomme de terre existait en France et y était cultivée cent ans avant la naissance de Parmentier2.
Survint la Révolution, qui mit la main sur les biens de la ci-devant École royale militaire, et par conséquent sur la plaine de Grenelle.
Monographie de Vaugirard, par M. Lucien Lambeau, pp. 58, 59, 64, 462, La légende de Parmentier , par M. Georges Gibault. Paris, 1912, in-8, 36p.
Le sommier foncier des biens nationaux nous donne les renseignements suivants :
Dixième Municipalité. Section des Invalides. Folio 145. Plaine et sablonnière de Grenelle. Article i5. Grande et petite ferme de Grenelle, composée de batimens distribués en logemens, grandes écuries, bergeries, étables à vaches, cour et terres labourables, qui consistent y compris le terrain acquis de l’Hôtel de Ville de Paris, faisant partie de l’Isle des Cvgnes, en 14 pièces formant ensemble 279 arpens. Origine: École militaire. Valeur : 1 34.750 livres. Valeur locative: 3.85o livres. Loyer: 3.85o livres. Emploi : Louée au citoyen Moreau de la Brosse, par bail consenti par l’Administration de l’École pour 9 années commencées le 1 1 novembre 1785, lequel a rétrocédé par transport, par devant Rouen et son confrère, le 8 février 1787, pour 8 années qui restaient à courir, à compter du
octobre 1786, au citoyen Valéry, prête-nom delà ci-devant compagnie des voitures de la Cour. Observation : A la disposition du Ministre de la guerre. Fait partie de la vente faite au citoyen Ginoud, demeurant boulevard Montmartre n° 26, le 21 Messidor an IV, moyennant 106.700 livres, en vertu de la loi du 28 Ventôse an IV, jouissance du 28 Prairial an IV.
Le même sommier comporte un article 16 concernant d’autres terrains situés au même endroit :
Article 16. Terrain de 82 arpens ou environ. Origine : École militaire. Emploi : Loué au citoyen Valéry, ci-dessus dénommé, par bail consenti par les Administrateurs de l’École militaire, le 20 septembre 1787, pour 7 années, à commencer du 1 1 novembre 1787. Observations : Fait partie de la vente ci-dessus faite au dit citoyen Ginoud, le 21 Messidor an IV, moyennant la dite somme de 106.700 livres l.
Dans la copie d’une lettre des commissaires de la Comptabilité Nationale, du 21 Thermidor an VI, adressée aux administrateurs de la Régie du droit d’ Enregistrement, on trouve, dans la vérification des comptes du citoyen Choulx-Bierécourt, ancien Trésorier delà ci-devant Ecole militaire, les renseignements suivants :
Ferme de Grenelle, louée au citoyen Morel, moyennant 4.85o livres par an, dont les fermages paraissent dus à compter du icr juillet 1790 2.