CHAPITRE VI
M. VIOLET ET L’ANTIPATHIE DES HABITANTS DE VAUGIRARD. — LES CAUSES DE LA SEPARATION DE GRENELLE ET DE VAUGIRARD. — LES PÉTITIONS DES DEUX PARTIS. — INTERVENTION DE L ADMINIS- TRATION SUPÉRIEURE. — VAUGIRARD REFUSE LA SÉPARATION ET GRENELLE LA DÉSIRE. — LE GOUVERNEMENT LA PRONONCE. — DÉLIMITATION DE LA NOUVELLE COMMUNE. — LES CORPS DE MÉTIERS. — CONSTITUTION DE LA MUNICIPALITÉ. — NOMINATION ET ÉLECTION DU CONSEIL MUNICIPAL. — LES SECTIONS ÉLEC- TORALES. — LES MAIRES ET ADJOINTS.
Dans son rapport au Préfet de la Seine, daté du 7 avril 1 83 1 , que l’on trouvera à nos pièces justificatives, le maire de la nouvelle municipalité de Grenelle semble dire que les fondateurs de Beaugrenelle n’avaient pas songé, tout d’abord, que ce quartier deviendrait un jour une commune distincte de celle de Vaugirard.
La chose est fort possible pour le début de l’opération, mais il est certain qu’après le succès rapide de l’entreprise, M. Violet, particulièrement, dut entrevoir qu’à brève échéance la nouvelle agglomération, composée surtout d’éléments bourgeois et ouvriers, se détacherait de la commune primi-
Couronnement do., la Rosieri
tive, formée en grande partie de paysans et de cultivateurs. Il apparaît, d’ailleurs, dès 1820, comme l’un des grands artisans de la séparation, et il avait, de ce fait, attiré contre lui Tinimitié de ceux des Conseillers municipaux de Vaugirard qui en étaient les adversaires.
Dans une pétition adressée au Ministre de l’Intérieur, à la suite de polémiques et de divisions survenues au sein de l’assemblée communale, les habitants du vieux Vaugirard exprimaient ainsi la rancune qu’ils nourrissaient contre le promoteur de l’idée :
Dès lors M. Violet n’est-il pas la cause première des débats fâcheux qui ont agité le Conseil ; débats dans lesquels il n’a conservé ni mesure ni respect pour le corps dont il fait partie, de là le refus des deux réverbères, refus qui se rattache aux griefs que le Conseil avait à reprocher à M. Violet, et qui n’était que l’expression de son mécontentement envers ce conseiller l.
La pire injure que les habitants de l’ancien Vaugirard pouvaient alors adresser à quelqu’un soupçonné d’épouser la cause de la séparation, était celle de Grenellien. M. Violet était donc un Grenellien endurci, et il partageait cette honte avec M. Fondary, maire de Vaugirard, également partisan de cette mesure, lequel s’était entendu appliquer la déshonorante épithète en plein Conseil Municipal.
Cette futile question des réverbères visés dans la pétition, devait être le point de départ de la séparation.
Pour faciliter l’accès au théâtre, une certaine partie des habitants du quartier de Grenelle, soutenue par M. Violet, avait, en effet, demandé l’installation de deux appareils d’éclairage dans la rue Mademoiselle. Au cours de la séance du i3 mai 1828, le Conseil Municipal de Vaugirard, à la majorité