Archives de la Seine. Collection Lazare, t. V, f
de la rue Léontine, contigu à celui de la précédente chapelle, mais à quelques mètres plus au Sud. Elle possédait, pour cette reconstruction, l’indemnité d’expropriation provenant de la Ville, et une certaine somme produite par des offrandes volontaires. Le devis des travaux s’élevait à 107.267 francs.
Dans sa séance du 3 juillet 1896, le Conseil Municipal de Paris prenait la délibération suivante :
Le Conseil,
Vu le mémoire, en date du 16 mars 1896, par lequel M. le Préfet de la Seine lui soumet une demande de la fabrique de Saint-Jean-Baptiste de Grenelle tendant à obtenir l’autorisation d’accepter la donation faite à son profit par M. l’abbé Millet, curé de la paroisse, consistant en un terrain d'une contenance de 1.200 mètres carrés situé rue Léontine, et d’édifier sur ledit terrain une chapelle de secours destinée à remplacer l’ancienne chapelle Saint-Alexandre, expropriée pour cause d’utilité publique ;
Vu les pièces de l’enquête de commodo et incommodo, ensemble les autres pièces du dossier ;
Vu le décret du 3o décembre 1809;
Vu les décrets des 3 et 8 septembre 1807 et 22 décembre 1812;
Vu la loi du 18 juillet 1837,
Sur le rapport présenté par M. Hervieu au nom de la 26 Commission et sous les réserves formulées au compte rendu,
Est d’avis :
D’autoriser, sous les réserves formulées au compte rendu, la fabrique de Saint-Jean-Baptiste de Grenelle: i° à accepter la donation faite à son profit par l’abbé Millet, consistant en un terrain de 1.200 mètres carrés situé rue Léontine ; 20 A édifier sur ce terrain une chapelle destinée à remplacer l’ancienne chapelle Saint-Alexandre.
Les réserves formulées par le Conseil Municipal étaient qu’une somme de 75.000 francs devrait suffire à la construction proprement dite, et que le surplus de l’indemnité d’expropriation serait destiné à payer le mobilier de cette chapelle, les ornements du prêtre, et les objets destinés au culte.
Pour en finir avec l’église Saint-Jean-Baptiste de Grenelle, nous rappellerons que, récemment, un certain nombre d’habi-
tants du quinzième arrondissement, ne la trouvant sans doute pas assez somptueuse pour l'ardeur de leur foi, demandèrent à leurs Conseillers Municipaux de la faire démolir pour en reconstruire une autre sur un terrain voisin.
C’était jouer avec le feu, en ces temps où, si les villes conservent vaguement les anciennes églises, elles n’en construisent plus de nouvelles. Il arriva, en effet, que les quatre édiles acceptèrent très volontiers de proposer la démolition de la pauvre petite église de Beaugrenelle, mais se gardèrent bien de parler de sa réédification. De sorte que, si le projet des conseillers avait été exécuté, les pétitionnaires et la paroisse auraient été dépourvus de sanctuaire.
Ci-après est le texte de la proposition déposée au Conseil Municipal, dans la séance du5 mars 190g, par les quatre conseillers du XVe arrondissement, et qui ne reçut pas de solution :
M. Delpech. — Messieurs, j’ai reçu une pétition d’habitants du i5c arrondissement qui proposent de démolir l’église Saint-Jean-Baptiste de Grenelle et de la reconstruire sur un terrain voisin.
Cette pétition m’a paru digne d’être prise en considération. L’église dont il s’agit est située, en effet, à l’extrémité de la rue du Commerce, dans l’axe même de la rue qu’elle sépare complètement de l’avenue Félix-Faure, nouvellement établie dans son prolongement. Sa position a le grave inconvénient de couper en deux une artère qui ferait, autrement, communiquer entre elles les parties les plus commerçantes des quartiers de Grenelle et de Javel et qui pourrait être parcourue par une ligne d’autobus. Comme ce monument ne présente aucun caractère spécial artistique qui puisse être invoqué en faveur de sa conservation, il semble qu’il y aurait un réel avantage à arriver à sa disparition et à établir, sur son emplacement, une place avec un square.
11 appartiendrait à l’Administration de rechercher les voies et moyens susceptibles de permettre la réalisation de l’opération.
J’ai l’honneur, dans ces conditions, de déposer, au nom de mes collègues du i5£ arrondissement et au mien, la proposition suivante, dont je demande le renvoi à l’Administration :
« Le Conseil « Délibère ;
M. le Préfet de la Seine est invité à négocier la démolition de l’église Saint-
Jean-Baptiste-de-Grenelle ei la création, sur son emplacement, d’une place avec square.
« Signé : Delpech, Adolphe Chérioux,