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qu’une exécution incomplète; bien que les mauvaises dispositions d'un grand nombre d’habitants donnassent à cette mesure un caractère particulier d’utilité et même d’urgence.
Ces nouvelles mises en demeure aux habitants, ces nouvelles perquisitions opérées dans leurs maisons, devaient provoquer chez ces derniers un froissement d’amour-propre. Le citoyen Maire, le sieur Discret, s’en plaignit amèrement au citoyen sous-préfet, dans une lettre datée du 19 juillet, et lui apprit que l’on avait désarmé injustement de bons citoyens : « toujours prêts à voler à la défense de l’ordre et de la liberté » ! La seule solution, selon lui, pour faire cesser le mécontentement, était de procéder à un désarmement général. Il s’applaudissait. néanmoins, de la saisie par le commissaire de police, d’armes trouvées entre les mains d’individus signalés comme suspects '.
Nous sommes avisés du remplacement de ce dernier magistrat par une missive émanant du Préfet de police, à laquelle il ne manque que le tutoiement pour avoir la rudesse des formules de 1793. On sait, d’ailleurs, que les hommes de qd visaient ce rapprochement avec une certaine coquetterie.
Paris, le 26 juillet 1848,
Citoyen Sous-Préfet,
J’ai l’honneur de vous informer que, par arrêté en date du 18 juillet courant, le chef du Pouvoir exécutif a nommé le citoyen Bellanger (François-Léonore) aux fonctions de commissaire de Police de la commune de Grenelle, en remplacement du citoyen Bavoil, admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Il a été procédé le 21 de ce mois à l’installation du citoyen Bellanger, par le Maire de Greneile à qui j’avais écrit à ce sujet.
Salut et Fraternité.
Le Préfet de Police. Signé: Ducoux1 2.
2. Archives de la Seine. Grenelle. Carton I. L. (Ducoux, François-Joseph, préfet de police du 19 juillet au 14 octobre 1848).
La fermentation qui s’était manifestée après les journées de Juin, et dont il vient d’être question, n’était pas encore apaisée, du moins pour les ouvriers de Grenelle, à la fin du mois de juillet. Et cela ne manquait pas d’inquiéter quelque peu le préfet Trouvé-Chauvel, ainsi qu’on le peut voir dans la lettre ci-après :
Paris, le 28 juillet 1848.
Au citoyen Délégué de l'arrondissement de Sceaux.
Citoyen Délégué. Je suis informé que les dispositions des nombreux ouvriers en fer en résidence à Grenelle inspirent aux propriétaires de cette commune des craintes peut être exagérées, mais que je crois utile de vous faire connaître.
Si ces appréhensions étaient fondées, vous auriez à m’en informer immédiatement et à aviser avec le colonel de la 3e légion de la banlieue, aux meilleurs moyens de prévenir des troubles. Salut fraternel.
Le Représentant du peuple, Préfet. Signé : Trouvé-Chauvel L
Ainsique le demandait le Préfet de la Seine, des mesures furent prises pour enrayer l’agitation, par M. Payen. commandant du bataillon de la garde nationale de Grenelle, d’accord avec l’autorité militaire. 11 fut décidé qu’une demi-compagnie d’infanterie stationnerait au quai de Grenelle, dans des bâtiments offerts parla société du port, gare et pont9.
11 semble bien que la République de 1848 ait eu surtout le souci de donner du travail aux ouvriers en chômage, notamment des travaux de communes ou de départements, et qu’elle fut la grande époque des ateliers nationaux. On a vu plus haut le crédit de 200 francs voté par le Conseil municipal de Grenelle pour la réfection des chemins par des ouvriers sans travail.
Au mois de juillet 1848. le ministre de l’Agriculture, dans le but d’occuper les travailleurs des campagnes, demandait au
1. Trouvé-Chauvel (Ariste), préfet da la Seine du 19 juillet au 27 octobre 1848. Il avait précédemment remplacé Caussidière comme préfet de police, le i5 mai 1848.
maire s’il n’existait pas dans sa commune : « Des marais, terres vaines et vagues, landes et bruyères pouvant être utilement soumis à des travaux de dessèchement, de mise en culture ou de reboisement. »
Le ministre, ou tout au moins ses subordonnés, pour poser une semblable question, n’avaient sans doute jamais visité Grenelle, déjà cultivé alors comme un jardin et ne disposant d’aucune surface libre.
Aussi, le maire, M. Discret, répondait-il le 26 juillet 1848 : « Il n’existe rien dans la commune de Grenelle qui se rattache aux questions posées ’. »
Pendant les quelques années que dura la République de 1848. la fête nationale fut célébrée les 24 février et 4 mai. L’autorité supérieure et la municipalité de Grenelle ne manquaient pas, à cette occasion, de faire distribuer des secours aux indigents de la localité1 2.
2. Archives de l'Assistance Publique. Registre du Bureau de Bienfaisance de la commune de Grenelle.