Archives de la Seine. Domaine. Carton
Ce domaine, dit des Ternies , était situé proche du château, en un point que nous ne pouvons préciser.
Un exploit du 17 Pluviôse an II, à larequêtedes Commissaires de la régie des biens de la Nation, notifié par Paul Sapinault, huissier, fit alors sommation au locataire du domaine, le citoyen Besse, demeurant à Paris, rue de la Ferronnerie, qui est sans doute le Desaise ci-dessus, mais dénaturé, de vider dans 24 heures, pour tout délai, la maison dite le château de Grenelle, pour la remettre aux citoyens Carny et Poyet.
Il fallut, dès lors, prendre toutes précautions pour éviter, de la part des maisons voisines, le moindre danger d’incendie. L’architecte Montamont négocia donc à cet effet et prit de suite ses sûretés :
Paris, ce 16 Floréal an II (5 mai 1794).
Citoien, je t’adresse l’état ci-joint des maisons avoisinantes la manufacture de poudres de la République à Grenelle. J’ai voulu faire détruire sur le champ des couvertures de chaume, mais ces maisons sont occupées par tous cultivateurs qui arguent des soins qu’ils doivent à leurs récoltes journalières de légumes, etc., je te prie de faire vider les lieux. Je fais commencer la démolition dans les parties moins occuppées. Salut et fraternité.
Signé : Montamont.
D’autre part, le château n’étant pas suffisant pour l’installation complète delà poudrerie, il lui fut adjoint, par arrêté du Département de Paris, du 26 Prairial an II (14 juin 1794), la maison nationale de la ferme de Grenelle et les bâtiments de servitude en dépendant. Le même arrêté enjoignait au fermier, le citoyen Guerre, de laisser les dits bâtiments libres dans le délai de i5 jours, lui donnant, en échange, une autre maison nationale, dite le chantier Taboureau ou Taboureux, avec les constructions y annexées :
29 Prairial an II (17 juin 1794).
Je t’adresse avec la présente copie l’arrêté du Département de Paris du 26 de
ce mois qui prescrit, entre autres choses, de mettre à la disposition du fermier de la ferme de Grenelle la maison Nationale appellée ci-devant chantier de Taboureau, pour les causes énoncées au dit arrêté, et d’indiquer ce qui sera jugé nécessaire d’ajouter à cette maison pour l’exploitation des terres, de fixer l’indemnité à payer au dit fermier pour raison de son déplacement eu égard cependant aux bâtimens qui lui seront donnés en échange...
Cette missive, adressée par un agent du Département de Paris à l’architecte Montamont, nécessita delà part de ce dernier la demande ci-après tendant à commencer les travaux d’installation réclamés par le fermier :
Paris, ce 12 Messidor an II (3o juin 179.4).
Citoicn,
Le citoien Guerre n’attend que la possibilité de conduire ses bestiaux dans les bâtimens du chantier Taboureux, il y faut des mangeoires, des râteliers, et je ne puis rien faire sans y être autorisé par le Département, je te prie, citoien, de solliciter auprès de lui l’autorisation nécessaire qui devient très instante.
Signé : Montamont.
Le chantier Taboureux dont il s’agit, formait enclos dans l’avenue de la ci-devant Ecole royale militaire. Son locataire, le citoyen Boucheron, fut obligé de l’abandonner précipitamment pour laisser la place au tenancier de la ferme de Grenelle. Il avait été, d’ailleurs, également question, à cette époque, que le dit fermier ne prendrait pas possession du domaine Taboureux mis à sa disposition, en raison de la somme trop élevée nécessaire à son installation.
La poudrerie, ainsi que la chose résulte du papier servant à sa correspondance, avait comme adresse le quai Malaquay , alors, pourtant, que le château de Grenelle était situé à l’ouest du Champ de Mars, vers la place Dupleix actuelle,
et fort loin du quai en question. Voici, d’ailleurs, l’en-tête imprimé de ce papier :
Quai
Malaquay
No