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2. Notice sur Anselme Payen, par J. -A. Barral, 1873, in-8, 87 pages

notice de J. -A. Barrai : Le nom de la femme de M. Payen : 'Ihomas et T homes. ; le nom de sa mère : Marie-Françoise Jeanson deCourtenay et Marie-Françoise Pinson

Sur le petit plan annexé à V Almanach Municipal cl Commercial de Vau girard et de Grenelle , de Delacour, année 1 832 , sont figurées les manufactures de M. Anselme Payen, au bord de la Seine, entre le chemin de Javelle (sic) et la rue d’Angoulênie, aujourd’hui rues de Javel et des Entrepreneurs.

C’est dans la maison familiale de la rue Violet. n" 77, que Mlle Payen, décédée en mai i885, fille du grand chimiste, eut la pensée de créer une maison de retraite destinée aux anciens employés et ouvriers des principales usines de Grenelle. Elle y fit ajouter un pavillon pour les femmes, et prit à bail l'ancien presbytère de l'Eglise Saint-Jean-Baptiste de Grenelle, rue des Entrepreneurs, 11" 75, contigu à sa maison, pour y loger les hommes. Ce presbytère estlui-même une curieuse construction, ayant également conservé le caractère de son époque, c’est-àdire de la Restauration, avec son pignon triangulaire percé dans son tympan d’une fenêtre à sommet arrondi. De grands arbresl’entourentetménage.nt un ombrage épais àses habitants.

L’établissement ouvrit au mois d’août 1874 avec 10 pensionnaires : 5 hommes et 5 femmes. Mlle Payen s’était réservée l’usage de sa maison d’habitation. La fondation avait été placée sous la double gestion de l'église Saint-Jean-Baptiste et de l’Assistance Publique1.

La bienfaitrice avait non seulement compté sur sa fortune personnelle pour faire vivre son asile, mais aussi sur l’aide pécuniaire des propriétaires d’usines de la localité. Cette prévision ne devait pas; se réaliser, en raison de la transformation

1. Nous avons parlé de l’inauguration de cet asile dans notre chapitre m.

de Grenelle et de l’émigration de son industrie, laissant la place libre à la construction de maisons de rapport. Une seule donation émanant du quartier répondit à son appel, faite par Mlle Cannus, habitant rue du Théâtre, qui légua une somme de i5.ooo francs pour la fondation d’un lit. A l’aide d'une somme de ,3o.ooo francs provenant de Mlle Payen, l’ancien presbytère, pris en location, fut définitivement acquis en 1878.

Jusqu’en 1880 la maison vécut, en outre des libéralités de la fondatrice, des cotisations de familles fortunées du quartier, tel M. Sextius Michel, maire, qui versait 100 francs par an, et des allocations abandonnées par les indigents du Bureau de Bienfaisance qui y étaient hospitalisés. En cette année, un vieillard ayant offert un prix de pension pour se faire admettre, Mlle Payen décida de rendre la maison payante, sauf pour quelques lits dont elle voulut assurer l’entretien à ses frais. Elle en entretenait ainsi quatre, que son légataire universel ne continua pas de doter.

Le nombre des lits, au décès de Mlle Payen, était de 20, l’établissement ayant profité de la disparition de la fondatrice pour aménager la maison familiale desonpère occupée par elle. En 1887, l’asile comptait 5o lits montés, et fonctionnait sous la double autorité du curé de Saint-Jean-Baptiste de Grenelle et de la supérieure de la Communauté des Religieuses de Saint- Paul de Chartres.

A cette même époque, la maison de secours de l’Assistance Publique, située rue Violet, n° 69, ayant été laïcisée, les sœurs sus-nommées qui la desservaient, et qui administraient en même temps l’asile Payen, vinrent s’installer définitivement dans ce dernier. Elles y avaient été appelées en 1877.

La loi de 1905 séparant les églises de l’État changea le régime de l’asile Payen. Le curé de Saint-Jean-Baptiste n’ayant

pas satisfait aux prescriptions législatives concernant l'organisation des associations cultuelles, vit supprimer sa mense. Il tenta une dévolution que le Préfet de la Seine n’approuva pas, et la maison fut mise sous séquestre. La fondation est destinée à être jointe à l’Assistance Publique. Elle hospitalise aujourd’hui 5o personnes : 3o femmes et 20 hommes: son budget s’élève à environ 3o.ooo francs.

La maison de la famille Payen était vaste et entourée de beaux jardins, mais sans aucun luxe et sans décorations intérieures ni extérieures. Les grands arbres d’autrefois sont toujours debout et leur ombrage est fort estimé des pensionnaires de l’asile b

Voici encore, complètement intacte, la maison de l’un des principaux fondateurs de Grenelle, M. Nicolas-François- Louis Perrée, banquier, qui était, avec MM. Violet et Guillot, à la tête de la Société du pont, port et gare, et duquel nous avons déjà parlé plus haut.

Lui aussi, comme les autres associés, vint habiter la localité qu’il contribuait à créer, et sa maison, située rue Violet, porte aujourd’hui le n° 5o de cette voie.

C’est une curieuse habitation, ayant conservé le caractère de son époque, et qui montre encore cet aspect qui fut si cher aux bourgeois du temps de Louis-Philippe. Sa façade sur la rue Violet, de laquelle elle est séparée par une vaste cour, se compose d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage, percés chacun de trois ouvertures. Des refends et bossages limitent le rez-de-chaussée à droite et à gauche, et un bandeau formé de grecques le sépare du premier étage. Ce dernier est couronné

t. Nous tenons ces renseignements inédits, de M. L. Tesson, secrétaire du Bureau de bienfaisance du XVe arrondissement, notre collègue à la Commission du Vieux- Paris, auquel nous adressons ici nos plus vifs remerciements.

d’un vaste fronton triangulaire régnant sur toute la largeur de la maison, et bordé lui-même d’une large moulure à modillons. Trois fenêtres trilobées à sommets circulaires, ornent le centre de ce fronton, selon la mode du temps. La porte du rez-de-chaussée, surmontée d’une marquise, a, comme les deux fenêtres qui la flanquent, son sommet décoré d’une corniche à consoles sculptées.

Les deux côtés de la cour sont flanqués de deux bâtiments ; communs ou écuries, ayant une façade sur la rue, en refends et bossages, avec œil de bœuf central.

Un jugement du tribunal civil, du rSjuin 1 836, nous indique que ce logis avait été édifié par M. Ferrée lui-même :

L’immeuble présentement vendu appartenait à Monsieur Perrée, père, savoir: la maison, comme l’ayant fait construire de ses propres deniers ; et le terrain comme l’ayant acquis avec d’autres composant quatre lots, suivant acte passé devant Me Levert, notaire à Bellevi lie, le 3o mai 1824 de : i° M. Jean-Léonard Violet, propriétaire et dame Marie-Anne-Victoire Fondanèche, son épouse, demeurant Paris, rue Hauteville, n° 48, 20 de M. Alphonse-Antoine-Aimé Letellier, et dame Claudine Pongeois, son épouse, demeurant à Paris, rue Hauteville, n° 11.

Le terrain ainsi mentionné avait été vendu moyennant le prix de 40.000 francs, payable, soit aux personnes ci-dessus, soit à M. Ginoux, précédent vendeur.

Les noms de MM. Ginoux, Violet et Letellier indiquent que le terrain en question provenait de l’ancienne ferme de Grenelle, dont la vente a été relatée plus haut.

M. Nicolas-François-Louis Perrée avaitépousé en premières noces dame Clémence-Caroline-Joséphine Tellier, dont il eut un fils, M. Louis-Marie Perrée ; et, en secondes noces, dame Marianne-Julie-Rose Debeauve, qui décéda après lui.

Par le jugement cité plus haut, du Tribunal civil de la Seine, du i5 juin 1 836, l’héritier des précédents, M. Lucien Perrée, mineur émancipé, vendait l’immeuble à M. Joseph-Narcisse

Delemurt, propriétaire, moyennant le prix de 32.3oo francs.

Aux termes d’un contrat passé devant Mc Foucher, notaire à Paris, le 11 juin 1842, M. Delecourt cédait la maison à la société Maille, Robillard et Désiré Segond. Des héritiers de M. Segond, l’ancienne propriété de M. Perrée passait par acquisition à Mme veuve de Ridder, née de Rancey. qui la possède encore aujourd’hui et la loue à l'Ecole d’ Electricité et de Mécanique industrielles, dont elle est le siège h

Il nous a paru intéressant d’annexer à ce volume la reproduction des maisons de MM. Violet, Letellier, Payen et Perrée, qui furent les principaux fondateurs de la commune de Grenelle. Ces constructions, très soignées pour l’époque, les beaux jardins dont elles étaient entourées, montrent que leurs possesseurs, en créant la cité nouvelle, pensaient bien faire oeuvre de longue durée, et n’hésitaient pas à se fonder un foyer au centre de leur entreprise.

Au numéro 60 de la rue Violet, est également restée complète une jolie maison de l’ancien Grenelle, qui a beaucoup d’analogie avec celle de M. Letellier, sa voisine du n° 62. Elle a conservé le caractère des habitations bourgeoises déjà à la mode dans la région, et sa corniche est couronnée d’une balustrade en fonte ouvragée dans le goût de l'époque. De grands et nombreux arbres meublent le jardin spacieux qui l’entoure. C’est aujourd’hui une maison de santé dirigée par les docteurs Cazin, Dupuis, Barbarin et Menier.

Rue du Théâtre, n°56. nous signalerons aussi une curieuse construction, à l’aspect mélancolique et désuet, qui est /’ asile-ouvroir Sainte-Marie. Nous 11e saurions dire, à la vérité, quel rôle joua cette bâtisse dans l’ancienne commune de

1. Nous tenons ces renseignements de M. G. de Ridder, notaire, et de M. !e directeur de l’École d’électricité, auxquels nous adressons nos plus vifs remerciements.

Grenelle, mais son allure du temps de la Restauration, le fronton triangulaire qui la surmonte, dénotent l’époque de la fondation de la localité.

Une maison conventuelle d’importance considérable existe également au n° 5y de la rue Violet. Elle est la propriété et le siège des Petites Sœurs de V Assomption. On y voit une haute et vaste église moderne flanquée de bâtiments multiples et de grandes dimensions. L’ensemble de cet immeuble, datant certainement d’une époque postérieure à l’annexion de i85ç, ne saurait rentrer dans le cadre de ce volume : nous ne le signalons donc que pour mémoire.

Il n’est guère possible de passer sous silence les curieuses découvertes préhistoriques faites en 1866, dans la sablière É lie ou Hélie, située avenue Saint-Charles, dont l'intérêt scientifique de premier ordre a été enregistré par M. Belgrand dans son célèbre ouvrage lu Seine h

M. Martin y mit au jour les débris d’animaux suivants :

Elephas primigenius, elephas antiquus, rhinocéros tichorhinus, hippopotamus major, equus plicidens (très nombreux) equus, equus asinus, bos primigenius, bison europeus, zebu, cervus canadensis, cervus elaphus, cervus tarandus.

1. Notre collègue à la Commission du Vieux-Paris, M. L. Tesson, qui connaît à fond le XVe arrondissement, où il occupe la fonction de trésorier du Bureau de bienfaisance, nous indique que cette sablière, en pleine exploitation en 1866 et encore en 1884, était située rue Saint-Charles, autrefois avenue Saint-Charles. Elle occupait l’emplacement du n° 202 de cette rue, celui du passage Vignon, et de la cité des Mousquetaires, au n" 208. Ces deux derniers ont été transformés et détruits en partie pour l’ouverture de la rue Balard. L’emplacement de la Carrière Élie était occupé par une colonie de chiffonniers ayant un caractère pittoresque très intéressant.

Nous devons ajouter que l’emplacement de cette sablière n’appartînt jamais à l’ancienne commune de Grenelle, mais faisait partie de la commune d'Issy. Toute cette région d’Issy, entre l’enceinte de 1840 et la commune de Grenelle, fut incorporée au XV' arrondissement lors de l’annexion de 1859.

Nous signalerons également un autre endroit, de Grenelle, cette fois, qui porte encore le nom de Élie, et que nous avions tout d’abord cru être l’emplacement de la sablière aux découvertes préhistoriques. C’est la cité Êlie, rue Saint-Charles, n* 101, composée d’une vaste cour entourée de maisons ouvrières, et plantée d’arbres.

Ces ossements furent recueillis dans le gravier de fond de la sablière. Les pièces les plus remarquables étaient trois canines, une incisive et une molaire d’hippopotame, trois grandes molaires d’elephas antiquus et un très important bois d’un grand cerf qui était probablement le cervus canadensis. Il faut encore citer un très beau métacarpien de mégaceros, une jambe de cheval comprenant le canon, les phalanges et le sabot. C’est encore dans cette même sablière Hélie que M. Martin découvrit des ossements de renne, plusieurs silex taillés et des ossements humains.

On rencontra les vestiges en question à environ 1 m. qo au-dessous du sol, à l’altitude de 29 m. 5o ; et aussi à l'altitude de 26 mètres.

Cette partie de l’avenue Saint-Charles se trouve à 56o mètres des bords actuels de la Seine, mais l’endroit, c’est-à-dire la sablière, faisait partie du vieux lit du fleuve appartenant à l’àge de pierre.

Belgrand ajoute que la découverte de M. Martin prouve que l’alluvion s’était formée rapidement sur ce point et à la suite d’une grande violence du cours d’eau. Les ossements humains s’y tenaient et, dans un des crânes, la mâchoire inférieure était toujours en place. « La partie supérieure d’un des squelettes a été trouvée presque entière la tète en bas; les ossements ont donc été enfouis dans un Ilot de sable lorsqu’ils se tenaient encore par leurs ligaments. »

En ce qui concerne ce squelette, il fut particulièrement visité par des savants réputés, MM. Lartet, de Quatrefages, Desnoyers, le marquis de Vibraye, Collomb, de Mortillet, et Belgrand, qui écartèrent l’idée de sépulture pour se rallier à celle du transport sur les lieux par les eaux.

Un dernier crâne fut trouvé encore sur ce point par

M. Martin, qui constata qu’il avait été extrait d’un terrain vierge ne présentant aucune trace de tranchée.

Suivant Belgrand les graviers de la sablière Hélie : « remontent à l’époque où le dernier des grands lits de l’âge de pierre s’est remblayé, c’est-à-dire au passage de l’âge de la pierre taillée à l’âge de la pierre polie ».

M. Martin avait recueilli dans la carrière Hélie : sept crânes, quatre frontaux et de nombreux ossements humains ; des silex taillés ; et des ossements de renne. Il offrit à M. Belgrand un crâne humain, identifié par le docteur Pruner- Bey, et appartenant à une jeune fille adulte. « La tête était d’une petitesse extrême, le front très étroit et la partie occipitale très développée. Ce crâne se rapproche beaucoup de la forme de ceux de la race mongole, une mâchoire provenant d’un autre crâne est assez prognathe h »

Les images montrant toutes ces découvertes de paléontologie sont reproduites dans le tome des planches annexé au volume : la Seine , de Belgrand, 1869. sous les numéros 3i à 41 .

D’autre part, dans la séance de la société géologique de France, du 17 décembre 1866, M. Albert Gaudry rendit également compte des trouvailles faites par M. Martin dans la sablière quartenaire de Grenelle, exploitée par M. Hélie. Avant lui, en 1860. M. Gosse, avait déjà découvert à Grenelle des silex taillés associés à des restes d’animaux fossiles. Les animaux dont M. Martin a trouvé des débris rue Saint-Charles sont les suivants : mammouth (éléphant primitif) ; éléphant antique ; rhinocéros à narines cloisonnées; cheval (la variété appelée equus plicidens domine) ; âne ; hippopotame amphi-

1. Histoire générale de Paris- La Seine, par Belgrand, 1869, p. 186.

bie ; bovidé de la taille du bœuf primitif ; bovidé de la taille de l’aurochs européen ; zebu (bœuf indien) ; renne ; cerf du Canada ; cerf commun de France.

Pour compléter la liste des quadrupèdes fossilesde Grenelle, il faut citer une hyène et un grand chat trouvés par M. Gosse.

Parmi les objets travaillés rencontrés par M. Martin, on remarque des silex taillés appelés vulgairement des couteaux, des silex en forme de fers de lance du type de Saint-Acheul, des boules, dites marteaux servant à tailler les instruments en silex, la lame interne d’une défense de grand sanglier amincie par la main de l’homme sur ses deux bords. Les restes d’éléphants trouvés à Grenelle étaient fort nombreux, surtout de petits éléphants; cette particularité ne fut pas sans étonner M. Gaudry, qui fit justement remarquer que l'éléphant femelle n'a qu’un éléphanteau à la fois. Or, à la sablière Hélie, sur 9 molaires d’éléphants 7 provenaient d’individus jeunes.

M. Gaudry remarqua egalement que les os de chevaux fossiles trouvés à Grenelle, n’avaient guère de plus grandes proportions que ceux des plus forts chevaux domestiques actuels.

Les trois défenses, l'incisive et la molaire d’hippopotame fossile rencontrées par M. Martin n’avaient que très peu de différence avec celles de l’hippopotame vivant de nos jours. Ce qui fit constater à M. Gaudry : «qu’un animal des rivières chaudes de l'Afrique actuelle s’était joué dans notre Seine à une époque où le climat était probablement encore plus froid qu’aujourd’hui ».

L’énorme bois de cerf du Canada trouvé à Grenelle fut, paraît-il, un étonnement pour les savants par ses dimensions

extraordinaires. C’était aussi une chose curieuse que celle de la coexistence sur le sol parisien de deux cerfs tels que le cervus elaphus et le cervus canadensis : « si voisins pour la forme, si différents pour la taille1» .

Nous ajouterons que, dans un travail sur les silex taillés, datant de i85i, M. Reboux s’exprimait ainsi:

A Grenelle, que j’explorais avant d’avoir l’avantage de connaître M. Martin, je n’ai jamais trouvé aucun silex travaillé dans les carrières les plus éloignées de la Seine. De cette distribution des silex travaillés je conclus que les peuples primitifs n’habitaient que les bords des fleuves2.

On comprendra aisément que la dernière partie de cette monographie soit consacrée à la disparition de la commune de Grenelle, et à son annexion à Paris.

Cette vaste opération subit la même procédure dans toutes les localités destinées à être absorbées par la capitale. Ce fut, d’abord, le décret impérial du 9 février 1 85q relatif à l’extension des limites de Paris; l’arrêté du Préfet de la Seine, du lendemain 10, ordonnant l’affichage et la publication de ce décret dans toutes les communes du département, et annonçant qu’une enquête serait ouverte dans chaque mairie, le dimanche i3 février, pour recevoir les observations des habitants. Puis, enfin, la consultation des Conseils municipaux des communes susceptibles d’être annexées.

Comme régularisation de cette procédure et de ces prescriptions, le maire de Grenelle signait le procès-verbal suivant :

Enquête relative à l’extension des limites de Paris.

Procès-verbal constatant la publication du décret Impérial du 9 février 1 85g

1. Bulletin de la Société géologique de France, 2' série, t. XXIV, p. 147.

2. Silex taillés associés à des ossements fossiles dans les terrains quaternaires des environs de Paris, par M. Reboix, Paris, J. Claye, 1 85 1 .

et de l’arrêté de M. le Préfet de la Seine, du io du même mois relatif à l’enquête.

Nous, Alexis-François Lesecq, mairie de la ville de Grenelle, chevalier de la Légion d’honneur, certifions avoir fait afficher et publier à son de caisse dans toute l’étendue du territoire de la commune de Grenelle, ce jourd’hui 12 février, heure de midi.

i° Le décret impérial du 9 du courant, relatif à l’extension des limites de Paris.

20 L’arrêté de M. le Sénateur, Préfet de la Seine, relatif à l’exécution du susdit décret et à l’enquête prescrite dans cette commune, et qui doit s’ouvrir demain 1 3 février à la Mairie.

En foi de quoi nous avons dressé le présent procès-verbal pour servir et valoir ce que de droit.

Fait en Mairie à Grenelle le 12 février i85g.

Le maire de Grenelle. Signé : Lesecq L

M. Guyon, maire de la Ville de Sceaux, avait été nommé commissaire, par arrêté du Préfet de la Seine du 10 février, à l’effet de procéder à l’enquête dont il s’agit. Il rédigea un rapport très important que l’on trouvera à nos annexes, et que nous analysons ici sommairement.

Le Rapporteur fait tout d’abord un tableau très séducteur de la jeune commune de Grenelle, dans laquelle tout est ordre et économie, dont les rues n’ont pas moins de 12 mètres de largeur, sont toutes bordées de trottoirs, pourvues d’égouts et de fontaines. Elle possède, en outre, de vastes écoles, bien aérées et confortables, et par son annexion, elle apportera en dot à Paris un fonds libre de go. 000 francs. Il ajoute que, sur ses 19.000 habitants, la population compte 5. 000 ouvriers, que ses établissements industriels sont au nombre de 60, et que 672 bateaux ont abordé son quai en 1 858, avec 1 5 1.200 tonneaux de marchandises.

L’enquêteur divise ensuite les dires produits en plusieurs catégories : ceux des propriétaires ; des usiniers et industriels

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