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Le Château il U nage et le Loion.
un secours approprié, Uriage, est devenue un lieu de plaisir. La renommée de sa cuisine attire les gourmets, la scène de son casino enchante les dilettante et il n'est pas de manifestation sportive qui n'y vienne implanter ses fêtes: tournois d'épée, de tennis, de golf, courses, etc.
Les Seiglières.
du remède, et Uriage est devenue une des stations thermales les plus à la mode.
Autour d'un parc spacieux, parsemé d'allées et de bosquets, des villas gracieuses, des hôtels, se dispersent en un artistique désordre. Sur tout le pourtour de cette élégante cuvette, les pentes de la montagne se redressent ombreuses et boisées ; l'établissement thermal s'appuie à l'une d'elle et, là-haut, dans l'azur, presque perpendiculairement au dessus de la Cour centrale, le vieux château féodal assoit ses tours massives.
D'une efficacité incontestable pour les malades qui viennent lui demander de par la mode et une intelligente direction
Avec le tramway électrique qui le relie en quarante minutes à Grenoble, Uriage semblait ne devoir être qu'une annexe de la ville. Cette crainte avait même inspiré pendant longtemps à ses hôteliers une résistance acharnée contre les commodités de transports. L'expérience a prouvé qu'il n'en était rien et la station a sa vie propre, ses hôtes fidèles, nombreux et assidus.
Les alentours d" Uriage ont bénéficié de sa prospérité et sont particulièrement recherchés par les familles :
à Saint-Martin-d 'Uriage, à Saint-Nizier-d'Uriage, des villas ont été construites ; pendant la belle saison, elles
Ruines de la Chartreuse de Prétnol.
sont prises d'assaut par les estivants qui préfèrent l'air pur du coteau. Dans l'autre sens, les divers hameaux de Vaulnaveys ont de même construit des hôtels, et les haltes du tramway permettent à leurs pensionnaires de suivre le traitement. Aux Alberges, de luxueuses villas entourent un grand
Lac Luitel.
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Vers Chamrousse : Roche Béranger.
hôtel aménagé avec tout le confort moderne : de larges allées sablées relient ce centre naissant à Uriage, et le soir, tout cet ensemble brille, comme les grandes villes, sous des torrents de lumière électrique,
comme dans tous les centres à la mode, le tennis, casino, les concerts et les cafés, dispensent leurs
A Uriage, le golf, le plaisirs.
Mais, de
plus les vrais amis de la nat\!re, trouvent, dans les
L'arrivée à la Croix de Cliamrousse.
La Croix de Chamrousse, vue de Grenoble.
montagnes qui l'entourent, de quoi donner amplement carrière à leurs goûts.
Les sédentaires font une promenade digestive en montant à Villeneuve-d'Uriage, où la modeste église et le large Sully qui l'abrite, forment un tableau plein de calme, ou tout simplement au château d'Uriage dont, à certains jours, les portes s'ouvrent libéralement pour laisser admirer aux visiteurs les collections rassemblées par l'érudit créateur de la station.
Les bandes joyeuses, qui ne craignent pas d'affronter quelques heures de marche, vont par les
La Vaudainc
et la Grande Latice de Doniène, vues des lacs Robert.
châtaigneraies de Belmont et un bénin trajet forestier, se répandre parmi les ruines romantiques de la Chartreuse de Prémol. Quelques arceaux encore debout, l'alignement du cloître, des vestiges de la chapelle, sont tout ce que l'œuvre du temps et la main plus destructrice des hommes ont laissé subsister de l'une des plus florissantes Chartreuses de femmes qu'ait abritées le Dauphiné. Le site est calme, gracieux et reposant comme l'étaient toutes les retraites de religieux; une maison de
Chalet et foret de l'Oursière.
garde forestier est autorisée à fournir les provisions nécessaires et les vieilles ruines qui jadis abritaient la prière, ne cessent, pendant les journées d'été, de retentir des éclats de rire des promeneurs. Les plus vaillants continuent la route forestière jusqu'au Col et au Lac Luitel, où l'on peut presque se donner l'illusion de la haute montagne.
Un peu plus longue, mais aussi fréquentée, est la promenade de la Cascade de l'Oursière, qui peut se faire à dos d'âne ou de mulet, si bien, que, devant le petit chalet de la cascade, on voit souvent un curieux
se et
i-assemblement de montures. Car il y a un chalet-restaurant : non pas que comme en Suisse on ait à payer pour voir la cascade, elle est assez grandiose pour n'être pas facilement mise sous globe, mais parce que la clientèle ordicompose pas pense qu'elle le paysage en boissons préfé-
Audelà de de Prémol, de la Cascade des chemins des pour être ment mulesur le flanc de et vont se admirable belappel le la Croix (2255 m.). Là, pure, le panocriptible. La ticulièrement trémité mérichaîne de Belà ce bastion commode, une extraordinaire, comme la Charble et le Grailivrent toutes
Mais l'en-
Cascade de l'Oursière.
naire ne d'ascètes apprécie mieux savourant ses rées.
la Chartreuse comme au-delà de l'Oursière, assez commoencore faciletiers, s'élèvent la montagne, rejoindre à cet véder que l'on de Chamrousse par une journée rama est indessituation paravancée à l'exdionale de la ledonne, assure d'un accès si prééminence et le Vercors treuse, Grenosivaudan, lui leurs beautés, treprise méri-
toire celle dont on tire vanité à la table de l'hôtel, c'est l'ascension de Belledonne : c'est le point culminant de la chaîne, et même si l'on s'est contenté du Pic de la Croix (2913 m.), sans aller affronter les escarpements du Grand Pic (2981 m.) on est l'objet de l'admiration des voisins.
l'ruifi': ùt iOitfsièrt
Faire en un seul jour d'Uriage l'aller et retour de Belledonne est une rare perfomance, d'ailleurs bien inutilement fatigaiate. Au-dessus du chalet de la Cascade de l'Oursière, un chemin en lacets conduit à un site ravissant, la prairie de l'Oursière, où entre deux cascades, celle qui l'y a amené et celle qui va l'en extraire, le ruisseau du Doménon suit un cours paisible au travers d'un gras pâturage. Sur la paroi de droite, on prend le chemin qui conduit au lac Robert et à Chamrousse : c'est au fond de la prairie, tout proche de la seconde cascade qu'il faut trouver le chemin de Belledonne. Très fréquenté, ce chemin s'élève par de nombreux détours, gravit ainsi l'enceinte du cirque de l'Oursière et débouche sur un plateau mamelonné supérieur, tout émaillé de petits lacs, qu'on appelle la Pra. A l'extrémité de ce plateau, sur un petit redan rocheux qui lui ménage la salubrité et la vue, un hôtel de montagne, récemment reconstruit et confortablement aménagé par le Club Alpin, assure aux touristes, avec la nourriture, le repos de la nuit (2145 m. d'alt.).
C'est là, que commence à proprement parler l'ascension. Une première côte que facilite un sentier bien tracé amène en suivant les rapides du torrent au vallon supérieur où dorment deux lacs alpestres, le Grand et le Petit Doménon. Au fond de ce vallon, qui comprimé entre de hautes cimes, la Grande Lance de Domène (2823 m.), le Pic du Grand-Doménon (2820 m.), la Grande-Vaudaine, la Grande-Lauzière, présente un aspect grandiose, on gravit par une pente de névés, presque de glacier, l'épaulement qui supporte le plateau et le lac de Belledonne,et de là, la pente est douce et facile sur la rocaille sommitale pour atteindre l'arête de la Croix de Belledonne, où le panorama circulaire n'est interrompu que sur un angle assez faible par la dent noirâtre du Grand Pic. Toutes les autres cimes du massif sont abaissées à vos pieds, et l'œil scrute sans obstacle la magnifique barrière des Grandes-Rousses et le fourmillement des pics de rOisans.
Celui qu'obsède l'obstacle du Grand Pic, peut plonger dans l'abîme qu'il domine, et par une voie aérienne que facilite aux passages les plus
Vallon de la Pra.
dangereux un câble scellé dans le rocher, gagner le I*ic Central (2938 m.) et de là, le Grand Pic. Mais on peut s'y rendre moins malaisément en se dirigeant du fond du val des Doménon vers la selle gracieuse du Col de Freydane, en traversant dans sa partie supérieure le glacier de ce nom et en venant au Col de la Balmette attaquer la base septentrionale du Grand Pic, qui offre un accès moins vertigineux.
Sur l'étroite plateforme qui se suspend à près de 3000 mètres de
La Grande Laiizière.
hauteur, le véritable alpiniste goûte un plaisir sans égal. Dans un rayon considérable, rien ne se dresse au-dessus de lui, rien ne vient obstruer son regard. Autant que la vue peut s'étendre, il admire autour de lui les montagnes, les collines et les vallées; sans en faire une inutile énumération, sur une grande partie de ce revers des Alpes, il salue d'un coup d'oeil familier les beaux pics qu'il reconnaît, il ressent l'ivresse de l'immensité, et son âme s'élève à la contemplation de l'œuvre de Dieu.
Mais Uriage n'est pas le seul accès, le point de départ indispensable pour Belledonne. La crête des Alpes Dauphinoises présente dans sa
partie Nord d'autres sommets qui pour ne pas en posséder la vue dominatrice n'en sont pas moins intéressants : Crêtes du Lac Blanc, Rocher de l'Homme (2788 m.). Sommet Colomb {2694 m.), Grand Replomb (2540 m.) Cette région était peu fréquentée à raison de la longueur des chemins qui la rattachent à la plaine. La Société des Touristes du Dauphiné a fait construire dans un site fort heureusement choisi au-dessus du cirque des Cascades Boulon un grand chalet-refuge, auquel elle a donné le nom de
Les trois Pics de Belledonne, vus de la Grande Lance de Domène.
son regretté président, le Refuge Jean Collet. A l'altitude de i960 m., ce chalet ne désemplit pas de visiteurs pendant la saison d'été, et comme il est très proche du Lac Blanc, et par lui du Glacier de Freydane et du Col de la Balmette, il est devenu sur ce versant le pendant de l'Hôtel de la Pra (2150 m.) sur le côté de l'Ouest. Se rendre de l'un à l'autre par la haute route des Trois Pics est une distraction de haut goût pour les alpinistes. Les promeneurs de moindre ambition en savourent les joies des couchers de soleil ou s'en dirigent par de belles prairies vers les rives originales du lac de Crop : ils fréquentent aussi un itinéraire plein de
GRlîNOBLE
charmes qui de là les conduit au Pas de la Coche et leur permet de rentrer par le vallon de I^aval ou de poursuivre vers les Sept Laux.
Cette chaîne des Alpes Dauphinoises, si bien à portée de Grenoble, fournit sans effort, à ses résidents, toutes les joies, toutes les émotions de la grande montagne. Coteaux arrondis et verdoyants à sa base, ceinture de sapinières, pâturages alpestres, et escarpements sommitaux voire même quelques petits glaciers, elle a une diversité de constitution et d'aspects qui en bannit la satiété. Ceux qui l'ont fréquentée ne se lassent jamais d'v revenir.
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Lac du Crozet.
Allevard-les-Bains .
Allevard-les-Bains. — Les Sept-Laux.
Allevard-les-Bains. — Ses eaux et ses usines. — Le Parc et le Bout-du- Monde. — Le Château de Bayard et la Chartreuse de Saint-Hugon. — Les Sept-Laux et le Rocher Blanc.
Allevard ! quel nom de belle allure, et comme la fantaisie des romantiques lui trouverait bien vite une origine orientale ou sarrazine : Al-var ou Al-vhar ! La froide raison des vieille chroniques, nous le désigne déjà, en 732, sous la forme Avavardum, dans le testament du patrice Abbon, et nous voilà obligés d'abandonner les suggestives prémisses que nous pourrions vouloir tirer de sa rue de Jérusalem et des chalets du même nom. Il suffit à cette petite ville, si bien étalée dans la vallée secondaire du Bréda, entre la colline de Bramefarine et les contreforts de ses Alpes, i'être le siège d'une jolie station thermale et d'une florissante industrie.