RÉCITATIF
Saclioz qu'il est mon fi!^! je vis une auréole
L'entoiii'er de rayons dans •«on humble berceau; .Je vis; com-nent l'aiglon de son air s'envole, Tandis qu'au sol croupit le faible vermisseau,
Des jarriins enchanteurs de la belle Italie, Des ricigos de la Suisse aux glacie?'s rocailleux ; FoUiti ai jnt jusqu'à moi ses chants de l'harnaonie, Et les sons de sa corde aux airs mélodieux :
Et quand dans les palais, que reflète la Seine, Sous chacun de ses pas fleui-issaient, des lauriers; Des zéphirs voyageurs, ù. l'odorante haleine. Pour m'en offi'ir le choix, lui servaient de courriers.
Mortels aux cœurs airaans, tressez lui sa couronne ! Autour de sa statue entassez fleurs sur fleurs! Qu'au bruit des instruments l'hvmne du jour s'entonne : Au chantre de Richard, ofl'randes ! gloire! honneurs!
ps voix.
EuTERPE (avec une couronne de fleurs).
Dans les prés fleuris de la .Meuse
Je vis ces corolles s'ouvrir;
Lorsqu'une nayade amoureuse
Me fit signe de les cueillir.
" Hàfez-vous, — me dit-elle, — avant que l'heure sonne,
" Foi'raez-en pour Grétry la plus fraiche couronne;
» Déjà le peuple en foule allume un pur encens! «
Et je cueillis les fleurs, et la couronne est prête,
Et j'en orne le front du héros de la fête,
En mêlant mon oftVande à vos joyeux accens !
2™« voix.
Erato (avec des guirlandes).
Aux sons de ma harpe inspirante.
De Grétry l'immortel archet
Mêlait souvent sa voix vibrante.
Et marquait tout de son cachet.
A ces doux souvenirs de notre saint mystère,
J'abandonne le ciel pour effleurer la terre
Que viennent d'embellir vos accords gracieux;
Et palpitant de joie, avec vous je décore
De guirlandes d'azur, dont me chargea l'aurore,
De Tami de moD cœur l'emblème radieux.
S""^ voiœ.
Clio (avec des lauriers).
Où Ton célèbre la victoire,
Avec des regards complaisants,
Prompte à fêter l'art et la gloire,
Toujours j'apporte mes présents.
C'est ainsi qu'au milieu des ondes de la foule.
Dont le large torrent bruyamment se déroule
Près du bronze animé par le souffe de l'art ;
Je place ces lauriers, que nourissait mon âme,
Aux pieds du grand mortel, dont les accens de flamme
Des faussets larmoyans ont brisé l'étendard !
Trio.
Gloire, musique et poésie, Comme une sainte Trinité, Ont porté l'âme du génie Au sein de l'immortalité !
Semblables aux blanches colombes, Laissant à la terre ses tombes, Leurs ailes ont fendu l'azur ; Et déchirant les sombres voiles, Placé Grétry dans les étoiles.
Astre nouveau, sublime et pur !
Chœur.
Que chaque âme frémisse, et que l'airain résonne ! Que des pleurs de bonheur mouillent l'œil attendri! Et que le peuple en masse avec amour couronne Le front auguste de Grétry.
1842. L. Marchand.
1860. -10 février. — M. Félix CéF-et lut à la représentation extraordinaire donnée au théâtre royal de Liège, à l'occasion du 119'"^ anniversaire de la naissance de Grétry un poëme de M. Adolphe Stappers. Nous en extrayons :
A Paris, chaque pas ajoutait à sa gloire ; Chaque nouvel ouvrage était une victoire. Paris applaudissait le grand compositeur ;
Et quand Grétry, frappé d'un arrêt peu tlatteur, Voyait la Cour fermer la porte à ses " merveilles. » Voltaire, pour punir de trop « grandes oreilles " Ecrivait, on le sait, un quatrain virulent.
Le même auteur lit uue cantate en l'honneur de Grctry, mise en musique par M. J.-B. Rongé, exécutée au théâtre royal de Liège, le 10 février 1860, chantée par Mesd. Stransky, Cérel-Voiron, xMM. Koubly et Perruggi. En voici quelques vers :
On parle de Grétry ! Muse des mélodies, C'est moi qui lui dictait ses airs les plus touchants. Près de lui j'ai passé bien des heures bénies ; Je l'aimais : mon amour faisait naitre ses chants.
Sublime écho des voix divines,
Sa lyre aux notes argentines.
Comme un collier de perles fines,
Egrenait ses douces chansons.
Bibliographie. Ouvrages ayant trait à Grétry. (i)
Dialogues sur la musique adressés à son ami et dédiées à S. A. S. le duc de Chartres, par M"« Clémence de Villers. In-S" de 64 pages. Paris, Vente. 1774.
M"« De Villers pro|)Ose une école de musique dirigée par les plus grands maîtres, à l'exemple de l'école de peinture. Elle dit que Grétry a su accentuer et articuler mieux qu'aucun français, indépendamment de l'expression toujours vraie et piquante, qu'il donne aux passions et aux sentiments dont il est l'interprète le plus fidèle. (Lire le détail dans le Mercure de France de janvier 1775.)
Le triomphe de Grétry, poëme prononcé au théâtre de Liège le 29 septembre 1780, pour l'iiislallation du buste de ce célèbre musicien, par Fabre d'Eglantine Liège, Bassompierre, in 8".
Analyse du talent de M. Grétry, citoyen de la ville de Liège, adressée à la Société d'Emulation, par M. Clairville, entrepreneur des spectacles de la principauté de Liège, à l'occasion de l'érection du buste de Grétry sur l'avant-scène du théâtre, le 28 janvier 1780. D. de Boubers, in-S".
(i) Dans cette nomenclature ne sont pas comprises les notices innombrables publiées dans des ouvrages biographiques, revues, journaux, etc.
Le second Apollon^ comédie lyrique en 1 acte et en vers. Les paroles adapîées à des morceaux de musique du ciMèbre Grétry, sont de M. Alexandre, comédien ordinaire de la principauté de Liège. Représentée à Liège le 28 janvier 1780, par les comédiens ordinaires de la principauté de Liège. Elle a été composée à l'occasion du busle du célèbre Grétry,... que M. Clairville, entrepreneur des spectacles de la principauté de Liège, qui a obtenu la permission de faire faire et placer sur l'avant-scène du théâtre de celle ville, le même jour. B J. Collette, in-8".
Le retour de Grétry dans sa patrie, vers à la noble cité de Liège, par Saint-Péravi. Liège, Bollen, 1783, in-8°.
Séance publique tenue par la Société d'Emulation, le lundi^^décembre 1782, à l'occasion de Grétry, l'un de ses associés honoraires, par Régnier, Henkart, Bassenge. Liège, Tutot, 1783, in-12''.
Discours prononcé par Mcolas Framery, à l'Institut à Paris. Paris,
Vers à M. Grétry, de l'Académie philharmonique de Boulogne, conseiller de S. A. G. évèque et prince de Liège, par A. Régnier. 1 f. in-folio, gravé par M"® J. Andrez.
Société académique des enfants'' d'Apollon. — Hommage rendu à M. Grétry Séance du 3 février 1809. Paris, Plassan, 1809, 1 vol. in-4°.
Loisirs de trois amis, ou opuscules de A. B. Régnier, N. Bassenge et P. J. Henkart. Liège, Albert Haleng.
Recueil de lettres à Grétry ou à son sujet, par le comte Hippolite de Livry. Paris. Ogier, 1809, in-8° de 137 pages.
Le comte de Livry fut un admirateur passionné de la musique de Grétry, en même temps qu'un ami dévoué.
Ce recueil contient soixante six lettres adressées à Grétry, à Mad. Scio, à Jadin, à Du Plessis, à Chénard, à Garât, à Mad. Grétry, etc. - Lettre adressée par de Livry à Grétry :
- Privé par les plus tvranniques raisons (depuis près de 18 mois) d'entendre. Monsieur, votre délicieuse musique, je n'ai pu être témoin avant-hier du triomphe aussi touchant que justement mérité qu'elle vous a valu; mais ce serait blesser \e sentimeytt profond que je vous porte, que de garder le silence en pareil cas, et ne pas ra'acquitter, par les félicitations les plus sincères, du tribut d'admiration que dans une telle circonstance je vous eusse payé avec tant d'enthousiasme et de délices. Ah ! sans doute, ce jour, le plus beau de votre vie, eût été, soyez-en bien persuadé, un des plus heureux de la mienne! Combien de fois je vous l'ai souhaité ! et combien de fois me suis-ie indigné que vou*
ne l'eussiez pas encore obtenu ! (i) Qui y avait plus de titres que vous??? Et qui mérita mieux la reconnaissance et les épanchemens des âmes sensibles, que celui dont les divins ouvrages les enivrent de délices depuis 40 ans?
» Sentiment, grâce, esprit, vérité, fécondité, variété, harmonie, mélodie, et quelle mélodie !!!!
» Votre musique. Monsieur, réunit tout. Voilà ce qui, à mon avis, vous place seul sur la même ligne que Gluck, et ce qui vous assure, comme à lui, une réputation aussi durable que le monde. "
Voici la lettre adressée au sculpteur chargé par de Livry de la statue de Gréiry en 1809 :
>' Au sculpteur,
" Oui, Monsieur, songez-y bien, ce n'est point au génie, créateur de tant de chefs-d'œuvre, que je veux décerner une statue.
» C'est uniquement à fauteur du Sylvain!
•' Pénétrez-vous donc bien de ce tableau si touchant de l'amour conjugal avant d'en reproduire l'immortel auteur.
« C'est l'àrae de Grétr}', et non son génie qu'il s'agit de représenter.
» Assez d'autres sans moi se chargeront du soin d'éterniser le dernier.
" Siraple comme votre modèle, donnez donc. Monsieur, à ses traits, â son attitude, la modeste expression qui doit caractériser l'auteur du Sylvain,
» Oubliez un instant le grand homme, pour ne plus voir que l'homme pastoral, le peintre du sentiment.
» Trempez votre ciseau dans les eaux du Sylvain, pour l'imprégner du sentiment de son auteur, et laisser à la postérité une image digne de vous et de lui.
" Quelle que soit, Monsieur, la détermination des administrations de rOpéra-Comique, la mienne est inébranlable.
» L'auteur du Sylvain aura une statue. »
Portefeuille de la jeunesse de Grétry, par A.J. Grétry. Paris, Flexhet, •J81U, 2 vol. in-12°.
Hymne pour l'inauguration de la place Grétry, etc (Déjà cité p. 248).
Hommage rendu à la mémoire de Grétry, par les artistes du grand Théâtre de Bruxelles. 1 feuille de 4 pages. Vers composés par M.
(i) La décoration de la Légion d'honneur.
Bourson, artiste dramatique qui les a récités sur le théâtre de cette ville, le 17 octobre 1813.
Institut impérial de France. Funérailles de M. Grétri/, le 27 décembre
1813, par Méliul. Paris, in-4".
Notice historique sur la vie et les ouvrages d'André-Ernest Grélry, lue à la séance publi(|iie de la classe des Beaux-Arls de l'Inslilui royal de France, le l"" octobre 1814, par Joacliiai le Breton. Paris, Didot,
1814. 1 vol. in-4°.
Grétry en famille, etc. (Livre cité page 215.)
Grétry chez Mad. du Boccage, vaudeville en 1 acte, par M. Fougas. Paris, chez Martinet, 1815, in-8".
Ce vaudeville fut joué à Paris.
Vapothéose de Grétry, intermède pour l'inauguration de la salle de spectacle de Liège, représenté le 4 novembre 1820, i)aroles de Laiour, professeur de Belles-Lettres, musique de J. H. J. Ansiaux. Liège, Collardin, 1820, in-8".
L'Ermitage de J. J. Rousseau et de Grétry, poème en 8 chants avec ligures et notes historiques, par Flamand-Grélry. Paris, 1820, in-8".