‹ Gretry; sa vie et ses œuvresChapitre 17 sur 45 · Tome XXXVI · texte numérisé non relu

Tome XXXVI

Liège; nous en reproduisons quelques lignes à titre de curiosité histori(iii('; Fauteur, s'adressant à la cité, s'écrie :

Le voilà, c'est ton (ils, c'est lui qui, do la France Dans les bras maternels arrive triomphant : 0 mère fortunée, embrasse ton enfani; Il a déjà passé ta superbe espérance , El, ti'ansfui^e hardi des pas de son enfance. Dans un chani[) sans limite erre à pas de géant; Que dis-je, errer? il vole el, nouveau Prométhée, 11 plane, balancé, dans les plaines de l'air; Il a ravi la flamme au foyer de l'éther; Il s'assied sur la nue, et tel que Timothée, Par les magiques sons de ses doctes concerls. De son vaste génie il rem]dil I univers '.

Ses ouvrages eux-mêmes étaient le sujet de chaleureuses ovations, et les grandes villes placées sur sa route s'empressaient à le fêter; nous avons vu l'accueil que lui fit Spa en 1770; les Lillois le saluèrent à leur tour en 178;2, et Ton nous a conservé les vers d'amateur (|ui lui furent adressés à son passage dans cette ville -.

Grétry, vivement touché des témoignages d'atfection et d'admiration qui lui avaient été prodigués dans sa ville natale, voulut les reconnaître par un honunage soleiuKil et, pul)liant sa partition de riùitbarrus des richesses, Toffrit à Liège :

« A MA l'ATHIK.

» Vénérables magistrats, vous (jue le ciel vient d'accorder à » ma patrie comme un gage certain de ses faveurs, soyez mes » interprètes envers elle; (ju'elle daigne agréer l'hommage de )) ce nouveau fruit de mes veilles, et puisse-t-il justitier l'estime

• Le chevalier de Saint-Péravi, Le retour de Grétry dans .sa pairie, vers à la iiohie cité de Liège, in-S». 12 pages. A Liège, chez Bollen, 1783. — Ce poème est dédié aux deux bourgmestres régenls de Liège, le baron de Graillet el d'Oupeye, et le chevalier d'Olhée de Liniont; le fragment cité est emprunte a la page 8.

"^ GitÉGOiR, Documents historiques relatifs ù l'art musical et aux artistes musiciens, in-8", l. III, p. K). Bruxelles, 1875.

dont elle honore mes faibles talents! rjites-lui que l'amour que je porte à mes concitoyens fut toujours le sentiment le plus vif de mon cœur, que des bords de la Seine où m'attachent les bontés d'un grand roi et les faveurs d'un peuple éclairé, les bras sans cesse tendus vers elle, l'intéresser, lui plaire, lui prouver combien elle m'est chère, est le but de mes travaux et de mes vœux. 11 m'est bien doux de trouver dans ce moment à la tète de mes concitoyens, mon ancien ami. Vous, respectable de Fabry, que Home aurait vu jadis avec orgueil parmi ses magistrats, votre âme sait combien est délicieux notre attachement pour les lieux qui nous ont vu naître ! Cnissez-vous au digne collègue (pie le choix d'un prince éclairé , qui ne respire que pour le bonheur du peuple, vous associe; daignez tous deux recevoir et présenter à mu patrie les sentiments tendres et respectueux qui m'animeront pour elle jusqu'à mon dernier soupir.

» Gkktky. »

De retour à Paris en janvier 1783, Grétry ne tarda point à recevoir de Morel le livret de la Caravane; il passa la plus grande partie de l'année à composer cet ouvrage considérable, et l'on s'explique ainsi comment il ne donna qu'un prologue à la Comédie-Italienne, dans tout le cours de 1783. Tlialie au nouveau théâtre, dont le livret, en un acte, était de Sedaine, fut jouée le lundi 128 avril pour l'inauguration de la nouvelle salle de la Comédie-Italienne ; la reine assistait à ce spectacle, qui fut complété par une reprise des Événements imprévus.

Grétry avait eu très peu de morceaux à écrire pour cette pièce de circonstance dont plusieurs ariettes étaient chantées sur des vaudevilles. On y voyait paraître pèle-mèle Thalie, Arlequin, Melpomène, l'Ariette, la Parodie, le Vaudeville, et Sedaine y avait mis si peu d'animation, si peu d'agrément, que sa pièce fut presque huée et n'ol)tint qu'une seule représentation i.

• Journal de Paris du 29 avril I IHÔ, n IIP. — Correspondance lilléraire de Grimm, Diderot, etc., t. XIII, pp. 5()4-5()(i.

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