‹ Gretry; sa vie et ses œuvresChapitre 26 sur 45 · Tome XXXVI · texte numérisé non relu

Tome XXXVI

un chalet voisin de TErniilage i, et se montra reconnaissant des conseils et de l'amitié de Grétry en lui dédiant sa partition de Jean de Paris 2. Le vieux maître voyait souvent Bouilly, auquel il aimait à parler du passé et de sa fdle Antoinette; il s'était lié avec le juge de paix de la commune de Montmorency, Regnard, qu'il choisit pour dépositaire de son testament, en 1809; avec Pougens, son libraire, et Tavocat Legrand; il entretenait des relations amicales avec plusieurs de ses confrères de l'Institut.

Grétry ne composait plus, et depuis la mort de sa fcnnnc '17 mars 1807i, il ne retourna presque plus au spectacle ^^ ; quelques morceaux qu'il ajouta, en 1812, à la partition d'Élisca turent les dernières notes sorties de sa plume féconde; ces fragments donnèrent un surcroit d'intérêt à la reprise de cet ouvrage, qui parut le o mai 1812 à l'Opéra-Comique sous le titre un peu modifié d'Élisca ou l'habitante de Madagascar: Grétry neveu, le poète aveugle, s'était chargé de remanier Ir livTet de Favières.

Le 30 août 1811, un meunier nommé Duhamel, dont le moulin était tout proche de l'ermitage de Grétry, fut assassiné par des malfaiteurs inconnus; cet événement produisit une très vive impression sur l'imagination du compositeur, qui voulut quitter sa maison de cami)agne et revenir à Paris. k peine y etait-il installé qu'il tomba malade, et dès lors ses neveux et ses amis sentirent que la fin approchait; soutenu pendant quelques mois par les soins de sa famille et les secours de la médecine, l'artiste comprit qu'il n'avait plus que peu de temps à vivre et désira retourner à l'Ermitage pour y mourir. Une violente hémorrhagie acheva de l'abattre ; le 12 septembre 1813, il adressa cette lettre d'adieu à Le Breton, secrétaire perpétuel de la Classe des beaux-arts de l'Institut :

• Flama.nd-Grktry, L'Ermilage, p. :272.

^ A. PoL'Gi.N, lioielclieu, sa vie, ses œuvres, in-18, p. 1-iO. Paris, Charpcnlier, 1873.

•'> FLAMA>D-GRÉTiiY, L'Einiitagc, p. 193.

« Mon cher confrère,

» Il m'est impossible de me rendre à l'Institut pour le juge- » ment du prix de musique. En arrivant à l'Ermitage, encore » convalescent, une hémorrhagie qui a duré trois jours et pen- » dant laquelle j'ai rendu huit palettes de sang, m'a jeté dans )) une faiblesse extrême. A présent, entlé jusqu'au diaphragme, » j'attends le résultat de mes longues souffrances. Je suis » résigné; mais je sens qu'en quittant cette vie, un de mes plus » vifs regrets serait de ne plus me réunir avec mes chers con- » frères que j'aime autant que je les honore. Faites-leur, je » vous prie, part de ma lettre. Adieu, mon cher confrère, je « vous embrasse de tout mon cœur.

Dès le lendemain. Le Breton accourut à l'Ermitage, accompagné du peintre Gérard ; tous deux furent frappés du changement opéré dans les traits du malade, qui n'avait plus que quelques jours à vivre. Les soins de plusieurs médecins. Halle, Nysten, Lejoyand -, furent impuissants à le soutenir davantage, et le 24 septembre 1813, l'auteur de Richard Cœur de Lion expirait dans les bras de ses neveux, après avoir reçu du curé de Montmorency les suprêmes secours de la religion 3, Il était âgé de soixante-douze ans et six mois,

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