L'Ane
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Mais quoi ! qualifier d^àoe un pauvre ignorant Malgré soi, qui, depuis soixante ans, s'étudie A lutter contre un mal qui, sans cesse empirant Par tout ce qu'on ignore et tout ce qu'on oublie. Ne prend fin qu'au séjour de rélernelle vie.
C'est trop fort; pour do bon je me fàcbe, et dùt-on Murmurer sur mes pas le vilain mot d'envie, Je vais dire pourquoi, le prenant sur ce ton, 11 me traite, n'étant pas Voltaire, en Fréron :
C'est qu'en son œuvre grande à la fois et difforme Où, pour lui prendre un mot qu'il a fort caressé. Tout, jusqu'à la chanson amoureuse, est énorme, Du détail ébloui, du tout je suis lassé ; Qu'une larme jamais par ses vers suscitée.
De mon cœur frémissant à mes yeux n'est montée ; Qu'en aucun des sujets que résume l'humain, Dieu, Tàme, la douleur, la mort, son lendemain. Ces royaumes de l'ombre, où l'errant en détresse, Pour trouver son chemin, au poète s'adresse.
Son sens, flottant du faux au vrai, du mal au bien. N'a jamais raffermi ni redressé le mien ; C'est qu'en ce jeu de vers où sa muse s'escrime, Où l'on cherchait l'idée, on se heurte à la rime; C'est que, pour moi, lecteur libre, et non pas féal, llernani d'Othello recule l'idéal;
Qu'aux endroits les plus beaux, de mes sens resté maître,. Je discerne en Hugo le paraître de l'être; C'est qu'il ne compte point dans mes douze Grands Dieux;. Que, par delà son ciel, je vois de plus hauts cieux ; C'est qu'il le sait de loin, n'ayant pas pu m'en taire. Et de trois fois quinze ans le grief étant vieux; C'est qu'enfin au succès qui le fît populaire S'il m'advint d'applaudir, jamais jo ne pus braire.