SCENE III
GRIPHON, CITRON.
GRIPHON,
Er vous, vaurien, maroufle, pendard, voleur, que faisiez-vous ici encore ?
CITRON
Rien.
GRIPHON,
Rien ? Et vous avez l’impertinence de l’avouer ? Est-ce que je vous paye, pour que vous ne fassiez rien et que vous débauchiez Florette ? Hein ? Hein? Parlez-donc, coquin.
CITRON
Je m’informais de l’état de votre santé.
GRIPHON,
Ouf! Ma santé ! Vous voilà bien zélé aujourd’hui,
Qu’avez-vous à faire avec ma santé ? Ne suis-je pas bieni?
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CITRON
Florette m’a appris qu’il vous était arrivé un accilent.
GRIPHON.
Et qu’avait-elle besoin de te l’apprendre ?
CITRON
Vous êtes mon maître, et cette nouvelle m’a fait de la peine.
GRIPHON.
Eh bien ! Puisque tu le sais, oui, j’ai failli me tuer, Citron. Tu connais qu’à mon âge on n’est pas bien alerte ; jai fait un faux pas, et j’ai tombé sur le dos. Tiens, (se mettant les mains sur les hanches,) toute cette partie-ci me fait bien mal. Regarde, tu me fais perdre tout mon mérite. Un bon chrétien doit supporter ses maux en patience et sans se plaindre. Je ne te l'aurais pas dit. Tiens, voici un sou, va le porter dans le tronc des pauvres, à l’église. Point de charité, point de salut. (Il lui donne un sou.) Va et reviens tout-desuite ; j’ai besoin de toi, N'oublie pas de dire un chapelet, afin que Dieu chasse loin de toi ce diable qui t’empêche de me rendre ma bague. (Citron sort.)