‹ Grippe et LipovaccinChapitre 10 sur 39 · ARE · texte numérisé non relu

ARE

Le bacille de Pfeiffer est immobile; il ne produit ni spores, ni capsules, et il ne se colore pas par la méthode de Gram.

Pouvoir PATHOGÈNE

A. — Chez les animaux. — Chez les singes, les expériences réalisées semblent montrer assez nettement que l’inoculation par voie nasale et buccale peut provoquer l'apparition d’un syndrome grippal, rarement accompagné de complications pulmonaires. Mais nous pensons que le bacille de Pfeiffer injecté dans les fosses nasales se trouve en contact avec les microbes ordinaires des voies respiratoires, et que, par conséquent, une association microbienne peut se produire, qui rend en l’occurrence la spécificité du bacille de Pfeiffer beaucoup moins nette.

Chez le cobaye, l’inoculation sous-cutanée demande une grande quantité de microbes, et beaucoup de temps, pour provoquer la mort des animaux. Chez le lapin inoculé, Pérez serait parvenu à provoquer des suppurations intra-articulaires à la suite de traumatismes de l'articulation; le bacille serait retrouvé dans les lésions expérimentalement produites.

Mais, par contre, Rosenthal n'obtiendrait de phénomènes morbides graves qu'en mélangeant du staphylocoque doré, non virulent, au bacille de Pleilfer inoculé dans le poumon même du lapin.

Nous insistons sur les conditions d'associations microbiennes dans cette inoculation.

Chez les oiseaux, dont le sang convient pourtant spécialement, in vitro, à la culture du bacille de Pfeiffer, l’inoculation intraveineuse de bacille de Pfeiffer, réalisée par Dujarric de la Rivière, ne donne aucune espèce de réaction in vivo.

Chez les chats, les chiens, les chevaux, l’inoculation reste négative.

Pour nous résumer, l’inoculation à l’animal ne semble donc donner de résultats que lorsque elle est réalisée par voie nasale : autrement dit, lorsque le bacille de Pfeilfer se trouve au contact des autres microbes communs des voies respiratoires.

RTE

B. Chez l'homme. — Dans le cas d'infection naturelle, on trouve le bacille de Pfeiffer chez les grippés dans les crachats, les sécrétions pulmonaires, le liquide pleural, le liquide céphalo-rachidien, l'urine et le sang. (Expériences d’Orticoni el Antoine, en 198, et de Netter, Mozer, Abt et Henri Durand.)

Dujarric de la Rivière trouve le bacille de Pfeiffer dans les hémocultures de grippés graves, mais il est généralement associé au pneumocoque où au streptocoque. |

Chez les personnes saines — rarement — et plus souvent chez les tuberculeux (Messerschmidt), le bacille de Pfeiffer a été trouvé dans les crachats.

Chez les grippés, on le rencontre surtout dans les trois premiers jours de la maladie. Pfeiffer et Kristensen ont insisté sur le fait que le bacille de Pfeiffer est isolé au début, mais que, par la suite, on le trouve toujours associé au pneumocoque, au streptocoque, au-staphylocoque.

À l’autopsie, R. Malone et Williams, d’autre part, font la même constatation. -MM. Bezançcon et Legroux apportent des notions plus démonstratives encore. D’après leurs expériences d’autopsie, ils ne rencontrent le bacille de Pfeiffer que dans les lésions peu graves. La présence du bacille de Pfeiffer devient beaucoup plus irrégulière, beaucoup moins apparente, dès qu'il s’agit de lésions histologiques graves, ayant entraîné la mort. Dans ces cas-là, on trouve beaucoup de pneumocoques, beaucoup de streptocoques et quelques rares bacilles de Pfeiffer. Legroux écrit : « Suivant que le prélèvement bactériologique est fait à la périphérie ou au centre d’une lésion pulmonaire constituée, on remarque l’abondance plus grande du bacille de Pfeiffer du côté du parenchyme sain, tandis qu'au centre de la lésion on trouve le pneumocoque et le streptocoque. »

L'hémoculture, l’autopsie, contribuent donc à préciser cette notion que le bacille de Pfeiffer n’est pas seul dans les lésions graves et que, lorsqu'il est isolé, les manifestations pathologiques sont bénignes.

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IxocuLarion. — L'inoculation semble elle aussi venir confirmer ces conclusions. Voici une série d'expériences intéressanbes :

Schmidt et Jentsch inoculent 19 personnes par voie nasale. Au bout de huit jours, on trouve bien le bacille de Pfeiffer, mais aucun symptôme grave n'est signalé.

Ishiwara badigeonne le pharynx de quatre personnes avec une culture de bacille de Pfeiffer. Une seule d’entre elles fait une légère fièvre (38°2). Quant à l’inoculation sous-cutanée, pratiquée sur quatre autres sujets, elle reste parfaitement improductive.

Cecil et Steffen instillent dans le nez de quelques sujets quelques gouttes d’une culture de bacille de Pleiffer : aucun symptôme de grippe grave.

Schmidt, par badigeonnage ou inoculation nasale, n'obtient qu'un seul cas de grippe sérieuse sur 9 inoculations. Pourtant, le bacille de Pfeiffer provenait d'un malade atteint de pneumonie grippale. À

Mile Kopp, assistante de V. Fennyvessy, directeur de l'Institut d'hygiène de « l'Elisabeth Universitat », se fait pulvériser, dans les fosses nasales, une culture de bacilles de Pfeiffer, provenant d'une grippe grave et repiquée tous les jours sur milieu de Levinthal. Le syndrome grippal évolue en trois ou quatre jours. Mais on ne note aucune complication.

Mile Kopp et M. Fennivessy font une autre expérience dans un service d'ophtalmologie. Sur quatre malades inoculés au niveau de la conjonctive, deux seulement contractent une grippe légère, sans complication.

Le docteur Lubinsky, de Breslau, S'instille dans la conjonctive une souche de bacille de Pleiffer : il contracte une conjonctive grave et une légère grippe.

De cette série d'expériences, nous concluons que si l’inoculation du bacille de Pleiffer peut provoquer un syndrome grippal de début, elle n’a jamais réalisé une évolution avec complications graves et mortelles.

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Certes, pour certains auteurs, les pourcentages de la présence du bacille de Pfeiffer chez les grippés sont très élevés (9 p. 100). (Mais, pour d'autres auteurs, le pourcentage donne des chiffres bien moins probants. C’est ainsi qu'Ishiwara ne le rencontre que dans 60 p. 100 des cas.)

De plus, il faut remarquer que le bacille de Pfeiffer se rencontre dans des cas de maladie qui n’ont rien de commun avec la grippe. Messerschmidt le trouve chez 13 p. 100 de tuberculeux. Philibert prétend même qu'il pullule dans les bronchopneumonmies de la rougeole et de la scarlatine.

La spécificité du bacille de Pfeiffer, agent de la grippe, est done loin d’être indubitable. Actuellement, on tend de plus en plus à ne le considérer que comme un simple saprophyte. La question du microbe spécifique de la grippe semble donc rester en suspens.

L’épidémie de 4918-1919 activa encore les recherches, et les résultats obtenus donnèrent à penser aux expérimentateurs que la grippe pouvait être due à un virus filtrant.

Ils — Le virus filtrant grippal.

La spécificité du bacille de Pfeiffer étant mise en doute, et, d'autre part, la notion d’un virus filtrant grippal se faisant jour, des recherches furent entreprises dans différents pays.

En 1918, Selter en Allemagne, Ch. Nicolle et Lebaïlhy, puis Dujarric de la Rivière en France, filtrent des crachats de grippés. L'inoculation de ce filtrat produit une grippe expérimentale qui se traduit par : céphalées, douleurs des membres inférieurs, asthénie, et dysphagie légère.

En 1919, au Japon, pendant l'épidémie qui fut très grave, Yamanouchi et ses collaborateurs confirment ces expériences.

‘Tous les auteurs concluent done à l'existence d'un virus grippal, qui serait l'agent spécifique de l'infection.

Mais quelle est la nature de ce virus? Le problème des virus est en général très controversé. À plus forte raison, lorsqu'il

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