‹ Grippe et LipovaccinChapitre 11 sur 39 · PT QE · texte numérisé non relu

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s'agit de virus grippal, les discussions abondent et la nature de ce virus est loin d’être rigoureusement définie.

Cependant, les belles expériences d'Olitsky et Gates semblent préciser les notions assez vagues que nous avions à ce sujet. Olitsky et Gates ont montré, en 1921, que ce virus, qu'ils appellent Bacterium Pneumosintes, traverse bien les filtres, mais qu'il est quand même visible et parfaitement cultivable. Ces deux auteurs cultivent le Bacterium Pneumosintes sur milieu de Smith-Noguschi, au contact immédiat de fragments d'organes, et ils ajoutent, par la suite, dans toutes les boîtes ensemencées, du liquide d’ascite. Le repiquage rendrait le Bacterium Pneumosintes encore plus apparent.

D'ailleurs,. le Bacterium Pneumosintes serait aussi obtenu sur milieu solide, en anaérobiose, sur de la gélose au sang. Mais la culture est très lente à se former. Elle présente l’avantage d’être nettement isolée, alors que sur milieux liquides à ascite, les micro-organismes se trouvent en suspension et peuvent être confondus avec les précipités formés.

Le virus filtrant étant décelé, cultivé, il s’agit d'établir maintenant son rôle pathogène.

Rôle pathogène du Bacterium Pneumosintes.

Olitsky et Gates choisissent le lapin comme terrain d'expérimentation. Si on vaporise dans la trachée d'un lapin une culture de Bacterium Pneumosintes, il se produit, dès le deuxième jour, des phénomènes généraux rappelant en certains points la grippe humaine : hyperthermie légère et leucopénie, comme dans la grippe humaine.

L'animal guérit toujours au bout de trois jours, à moins que l’on ne provoque des infections secondaires.

Si on sacrifié l'animal, pendant la maladie bénigne on ne trouve que des lésions pulmonaires sans gravité, au niveau desquelles on peut isoler le Bacterium Pneumosintes.

L'expérience suivante met en lumière le rôle, la virulence propre du Bacterium Pneumosintes. Olitsky et Gates inoeulent un lapin par injection intratrachéale de Bacterium Pneu-

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mosintes. Ce lapin présente quelques symptômes légers. Mais, trois jours après, Olitsky et Gates injectent par voie intraveineuse du pneumocoque, du streptocoque et du bacille de Pieilfer, à une dose normalement inolfensive. Dès lors, le tableau change : les accidents bénins se transforment rapidement en affections pulmonaires graves, la plupart du temps mortelles.

Comme pour le bacille de Pfeiffer, c'est donc par tssociation avec d’autres microbes que le Bacterium Pneumosintes, virus filtrant, deviendrait virulent; isolé, son action est insignifiante.

Notons, cependant, après Lks expériences de M. Boez, l’affnité très grande et très nette du Baclerium Pneumosintes pour le tissu pulmonaire. Dans le laboratoire d'Olitsky, à l’Institut Rockfeller, M. Boez fit l'expérience suivante

‘Une inoculation intratrachéale de Bacterium Pneumosintes est pratiquée chez des lapins. Les symptômes de grippe légère sont très nets.

M. Boez sacrifie alors les animaux au deuxième jour de la maladie, et la biopsie des différents organes. montre que le Bacterium Pneumosintes se trouve au niveau du poumon et ne se trouve que dans cet organe seul.

Peut-on trouver là une explication de la fréquence des complications pulmonaires dans la grippe? Peut-être, mais encore faudrait-il montrer que pour faire naître ces complications, la seule présence du Bacterium Pneumosintes est suffisante. Nous ne le pensons pas.

Enfin, Olitsky et Gates ont montré que le sérum des conva- lescents de grippe était, en général, agglutinant pour le Bacterium Pneumosintes. Sur 29 cas, 23 furent positifs, avec un titre d’agglutination variant entre 1/10 et 1/40. |

Donc, pour ces auteurs, la grippe serait due à un virus filtrant différent du bacille de Pfeiffer, et qu'ils nomment le Bacterium Pneumosintes. Notons que léurs expériences ne font pas conclure à l’action directe de ce virus dans les cas graves.

en DRE

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