I. — Les complications de la grippe
Nous voulons les énumérer simplement, comme pour mieux montrer leur diversité.
En dehors de la forme hypertoxique d'emblée, assez rare, et dont la pathogénie reste dans l'ombre, en même temps que la nature du virus spécifique, nous classerons
1° dans les grippes à forme respiratoire, les complications suivantes : laryngite, angine, bronchite, congestion pulmonaire, broncho-pneumonie, œdème aigu, pleurésies sèches et purulentes, pleurésies diaphragmatiques et interlobaires, gangrène pulmonaire — autant dire, toute la pathologie pulmopaire ;
2° dans les grippes à forme nerveuse, les complications suivantes : phénomènes méningés, phénomènes ataxo-dynamiques, séquelles nerveuses de convalescence, complications à forme encéphalique, psychoses grippales, névrites et polynévrites;
3° dans les grippes à forme intestinale : grippe dysentériforme ou cholériforme;
4° dans les grippes à forme cardiaque : péricardite, endocardite, myocardite avec bradycardie, ou arythmie, cœur grippal syncopal, cœur grippal névralgique, artérites, phlébites;
5° complications rénales : néphrites aiguës;
6° complications locales variées : sinusites, chinites, olites, parotidites, érythèmes divers.
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Cette classification ne peut d’ailleurs servir qu'à mettre un peu d'ordre dans l’énumération fantasque de toutes les complications ou séquelles grippales, relevées dans les Bulletins de la Société des hôpitaux de Paris, dans les Bulletins de l'Académie de médecine et de l'Académie des sciences, dans les Bulletins de la Société de biologie, à la suite des épidémies graves qui dévastèrent la France.
Nous y trouvons, au hasard : gangrène pulmonaire postgrippale (Jean Loiseleur, B.S.H.P., 1920); névralgie du ner laryngé supérieur postgrippale (Halphen, B.S.H.P., 1920); manifestations encéphalitiques en période grippale (Cesbach, B.S. H.P., 1920); paralysie des nerfs abdomino-génitaux postgrippale (Moreau, B.S.H.P., 1920); hyperesthésie douloureuse des téguments de la face par névrite trigéminique, complication d'une grippe légère (Hielu Hatziegann et Al Pop, B.S.HP., 1926); paralysie faciale postgrippale (Porot et Sengès, B.S.H.P., 1919); forme nerveuse primitive de la grippe (Bose, B.S.H.P., 4920); orchi-épididymite sans gonocoque, postgrippale (Braussart, B.S.H.P., 1918); néphrite postérieure grippale (Sergent et Gaïa, B.S.H.P., 1926); alopécies consécutives à la grippe (Thibierge, B.S.H.P., 1918); paralysie isolée du grand dentelé postgrippale (Guillain, B.S.H.P., 1919); méningite à bacille de Pfeiffer (Boulanger-Pillet, B.A.M., 1920); phlébite grippale (Lereboullet, 1926), etc.
Cette énumération, impressionnante dans sa variété, nous amène à penser que la grippe sans complications n’est qu'à peine une maladie. Que sont, en effet, les courbatures passagères, la légère hyperthermie et la céphalée de: la grippe simple, à côté de ces affections qui compromettent pendant de longs jours la santé, la tranquillité du malade, quand elles n'amènent point sa mort. Tout naturellement nous sommes porté à abandonner la recherche du virus filtrant, du microbe spécifique de la grippe, pour aller lutter contre les auteurs véritables de ces complications graves qui sont dues — le laboratoire nous l’a prouvé — non pas au bacille de Pieilfer ou au Bacterium Pneumosintes, mais à d’autres mi-