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THERAPEUTIQUE DE LA GRIPPE ET DE SES COMPLICATIONS

Nous ne discuterons pas des moyens thérapeutiques classiques employés contre la grippe au début et pendant son évolution. Ces moyens, prophylactiques et curatils, sont logiques, nécessaires, indispensables même.

Si des soins suffisants de désinfection (méthode de Milne), d'isolement et de repos sont donnés à temps, il y a de fortes chances que la grippe reste bénigne et que ses complications soient insignifiantes. Cela s'explique par le fait qu'un organisme dont les voies aériennes sont désinfectées, et qui est stimulé par une médication appropriée, reste en état de défense vis-à-vis des microbes d’association.

Mais nous nous intéresserons plus spécialement aux cas des malades qui, étant grippés, continuent à vaquer à leurs occupations, à subir les fatigues journalières de leur profession, et qui ne s’alitent que lorsqu'ils sont à bout de forces. Nous envisagerons les cas des troupes en marches forcées, des équipes de travailleurs surmenés, des foyers où la nourriture insuffisante met en état de déficience physique des organismes débilités. Nous parlerons de ces épidémies brusques qui surviennent daus des, villages non organisés, dans des campements volants, dans des circonstances telles que son apparition brutale et la rapidité de la contagion ne permettent point d’organiser une lutte, d'isoler les malades et de les soigner dès le début de la maladie. Car si l’épidémie de 1918 a été si meurtrière, c’est probablement en raison du désarroi universel au milieu duquel elle s’est produite. Enfin, nous citerons ces

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complications qui, par leur chronicité, par la lenteur sournoise qu'elles mettent à évoluer, déroutent le praticien qui a tout essayé pour les enrayer.

Dans ces cas-là, la prophylaxie générale, la prophylaxie individuelle, la désinfection des muqueuses, les potions toniques, deviennent sans effet. Le mal n’est plus superficiel, il est profond, enraciné dans un recoin de l'organisme où les désinfectants ne peuvent l’atteindre. Il faut dès lors lutter contre le microbe causal en provoquant dans l'organisme l'apparition d’antitoxines capables de le détruire. Connaissant la fréquence des microbes de complication, il faut élaborer une thérapeutique spéciale à ces microbes, susceptible d’enrayer leur virulence accrue. De là viennent les tentatives de vaccinations antigrippales et de sérothérapie antigrippale.

Nous les énumérerons simplement dans l’ordre chronologique.

La vaccination antigrippale.

Immédiatement après la terrible épidémie de 1917-1918, plusieurs auteurs communiquèrent le résultat de leurs travaux et de leurs tentatives.

VACGIN ANGLAIS. — En 1917, on propose le « vaccin anglais antigrippal ». Il comprend 30 millions de bacilles de Pfeiffer, 100 millions de pneumocoques, 40 millions de streptocoques par centimètre cube. On l'injecte à raison de deux doses d’un centicube, à 10 jours d'intervalle. Au besoin, on pratique une troisième injection dix jours après. L'expérience porte sur 60.000 hommes répartis dans 24 territoires différents; 15.600 hommes sont vaccinés (7.000 à 1 dose, 8.600 à 2 doses).

Résultats :

Cas de grippe chez les non-vaccinés : 2060; 583 compli cations pulmonaires; 98 morts;

Cas de grippe chez les vaceinés : 221; 26 complications pulmonaires; 2 morts.

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Certes, au point de vue prophylactique, en période d’épidémie, le vaccin anglais semble être utile et efficace, Mais il n’est pas sans présenter d'inconvénients.

1° D'abord, la vaccination se fait en dix jours au minimum. Mais, dans ces épidémies brulales, qui frappent les petites agglomérations, combien de cas peuvent se déclarer, et évoluer même jusqu'au dénouement fatal en cet espace de temps! Au cours de l'épidémie de 1917-1918, des personnes saines, en pleine santé, étaient brutalement frappées, et mouraient en huit jours, sans que l’on puisse rien tenter pour les sauver. La maladie peut donc évoluer avant que ne soit pratiquée la deuxième injection vaccinale, et c’est an grave inconvénient de la vaccination anglaise;

2° Ensuite, si le vaccin est absolument inoffensif chez les personnes saines, il devient dangereux et provoque des accidents d’aggravation chez les malades en incubation. Or, en période d’épidémie, dans une agglomération où la moitié des habitants sont alités, dans une famille dont deux ou trois membres sont déjà grippés et soignés par les autres, comment affirmer avec assurance que ceux qui restent ne sont point en période d’incubation?

Le vaccin anglais, s’il présente donc une valeur prophylactique indéniable, n’est pas sans défauts.

Vacon LeGroux. — En 1918, après que Renon eut communiqué à la S. A. M. son opinion au sujet de la sérothérapie anti-pneumococcique simple, qui lui donnait de bien meilleurs résultats que la vaccination anglaise, après que Caussaire et René Mignot eurent insisté sur l'excellente influence de la sérothérapie anti-pneumococcique au cours de l'infection grippale, Legroux présenta en 1918 son vaccin antigrippal, composé de bacilles de Pfeiffer, de pneumocoques et de streptocoques.

Après Legroux, Galé et Dechosal présentent en 1918 un « hétéro-vaccin », sensibilisé en faisant agir sur une émulsion microbienne (en sérum physiologique) de streptocoques isolés du pus pleural ou du sang des malades, puis chaullés deux

+ Lamy. 3

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