SCENE PREMIERE
LE DIABLE, seul.
Jusqu'ici, sans dangers,
J'ai pu vivre invisible au fond de ces vergers
Et parfumer mon âme aux fleurs des orangers.
Cueillir des fleurs ! Avoir des papillons pour proie. Idylliques plaisirs 1 Pure et décente joie ! Quel sort adorable est le mien 1 Loin de sa femme qu'on est bien!
.11 n'est qu'un bonheur sur mon âme, Et tous les autres font pitié :
C'est vivre loin de sa moitié.
On est si bien, loin de sa femme 1 L'absence est le suprême bien.
Loin de sa femme qu'on est bien 1 Aucun souci ne vous réclame.
On est si bien loin de sa femme !
Ni bruit, ni jaloux entretien I Le jour sans vacarme s'achève.
Plus de querelles pour un rien.
Et le temps passe comme un rêve 1
Loin de sa femme qu'on est bien!
Quel bon compagnon que soi-même I On s'accorde toujours, on s'aime Poi'ii? deux. C'est le vrai Paradis.
En vérité, je vous le dis :
L'absence est le bonheur suprême Heureux, libre de tout lien, De ses jours, fleurissant la trame, Loin de sa femme qu'on est bien 1
Comme on est bien loin de sa femme !
{^Commençant à baller entre les parterres.
Quand les chats n'y sont pas, Les souris.,.
26 GiUSJÈLIDIS