‹ GrisélidisChapitre 12 sur 29 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LE DIABLE, seul.

Jusqu'ici, sans dangers,

J'ai pu vivre invisible au fond de ces vergers

Et parfumer mon âme aux fleurs des orangers.

Cueillir des fleurs ! Avoir des papillons pour proie. Idylliques plaisirs 1 Pure et décente joie ! Quel sort adorable est le mien 1 Loin de sa femme qu'on est bien!

.11 n'est qu'un bonheur sur mon âme, Et tous les autres font pitié :

C'est vivre loin de sa moitié.

On est si bien, loin de sa femme 1 L'absence est le suprême bien.

Loin de sa femme qu'on est bien 1 Aucun souci ne vous réclame.

On est si bien loin de sa femme !

Ni bruit, ni jaloux entretien I Le jour sans vacarme s'achève.

Plus de querelles pour un rien.

Et le temps passe comme un rêve 1

Loin de sa femme qu'on est bien!

Quel bon compagnon que soi-même I On s'accorde toujours, on s'aime Poi'ii? deux. C'est le vrai Paradis.

En vérité, je vous le dis :

L'absence est le bonheur suprême Heureux, libre de tout lien, De ses jours, fleurissant la trame, Loin de sa femme qu'on est bien 1

Comme on est bien loin de sa femme !

{^Commençant à baller entre les parterres.

Quand les chats n'y sont pas, Les souris.,.

26 GiUSJÈLIDIS

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