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LA BATAILLE DES PYHAMIDES

tréme dextérité : le grenadier placé à la droite de la porte de la tente observe et suit, du regard, les moindres mouvements des Espagnols : il est prêt à s'opposer à toute tentative coutre son empereur.

De légers défauts sont rachetés par des beautés de premier ordre. Rien de mieux senti que l'orateur du groupe; la contraction des muscles de sa jambe atteste la lutte du courage malheureux, se roidissant encore, alors que la tétc, où siège la raison, s'incline devant la loi de la nécessité.

La facture des deux moines est magnifique : leurs mains rappellent le grand dessin de Michel-Ange et le coloris du Titien.

II y a de l'Ame et de la vie dans ce tableau, l'un des plus achevés du maître.

En général, les personnages sont nettement caractérisés par leur physionomie nationale et l'expression de leurs gestes. Les groupes sont disposés d'une manière pittoresque. Les draperies sont exécutées largement.

La Prise de Madrid est solidement peinte. Plusieurs fragments ont été faits au premier coup; il y a des détails d'une rare fidélité comme dessin, et d'un coloris vigoureux.

La Prise de Madrid était à l'exposition de 1810.

Le musée historique de Versailles s'est enrichi de cette production, où l'on retrouve les qualités spéciales du maître.

Après cette excursion chez nos voisins d'au delà les Pyrénées, Gros put inonder encore une toile des chauds rayons du soleil de l'Orient.

La bataille des Pyramides est la première affaire importante qui signala l'entrée de Bonaparte en Egypte; nous extrayons de son rapport les faits dont Gros s'est servi pour composer son tableau.

u Au quartier général du Cuire, le 0 thermidor an VI de la République.

« Le 3, à la pointe du jour, nous rencontrâmes les avant-gardes, que nous repoussâmes de village en village.

Mi

« A deux heures de~ l'après-midi, nous nous trouvâmes en présence des retranchements et de l'armée ennemie.

« J'ordonnai aux divisions des généraux Dosais et Reynier de prendre position sur la droite entre Djyzéh et Embâbéh, de manière à couper à l'ennemi la communication de la haute Egypte, qui était sa retraite naturelle. L'armée était rangée de la morne manière qu'à la bataille de Chebr-Khéïs.

« Dès l'instant que Mourâd Bey s'aperçut du mouvement du général Desaix, il se résolut à le charger, et il envoya un de ses Beys les plus braves avec un corps d'élite qui, avec la rapidité de l'éclair, chargea les deux divisions. On le laissa approcher jusqu'à cinquante pas, et on l'accueillit par une grêle de balles et de mitraille, qui en fit tomber un grand nombre sur le champ de bataille. Ils se jetèrent dans l'intervalle que formaient les deux divisions, où ils furent reçus par un double feu qui acheva leur défaite.

« Je saisis l'instant, et j'ordonnai à la division du général Bon, qui était sur le Nil, de se porter à l'attaque des retranchements, et au général Vial, qui commandait la division du général Menou, de se porter entre lo corps qui venait de le charger et les retranchements, de manière à remplir le triple but : d'empêcher le corps d'y rentrer; de couper la retraite à celui qui les occupait; et enfin, s'il était nécessaire, d'attaquer ses retranchements par la gauche.

« Dès l'instant que les généraux Vial et Bon furent à portée, ils ordonnèrent aux premières et troisièmes divisions de chaque bataillon do so ranger en colonnes d'attaque, tandis que les deuxièmes et quatrièmes conservaient leur même position, formant toujours le bataillon carré, qui ne se trouvait plus que sur trois de hauteur, et s'avançait pour soutenir les colonnes d'attaque.

<( Les colonnes d'attaque du général Bon, commandées par le brave général Rampon, se jetèrent sur les retranchements avec leur impétuosité ordinaire, malgré le feu d'une assez grande quantité d'artillerie, lorsque les Mamelouks firent une charge. Ils sortirent des retranchements au grand galop. Nos colonnes eurent le temps de faire halte, de faire front de tous côtés, et de les recevoir la baïonnette au bout du fusil, et par une grêle de balles. A l'instant même, le champ de bataille en fut jonché ; nos troupes eurent

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