LE COMHAT DE NAZARETH
Après avoir arrêté ces disposition» préliminaires, fîros construisit des maquettes, afin do combiner ses grandes lignes par des études partielles : elles sont faites sur papier blanc ; elles sont largement charpentées à l'estompe, sans contours déterminés, mais exécutées avec une fougue entraînante et une entente grandiose du mouvement et de l'aspect.
Ces chapitres épisodiques sont palpitants de verve et de sentiment : ils suffiraient seuls pour constater la puissance de résolution du maître; car en les examinant, l'œil n'est pas distrait ou fasciné par le luxe des ornements; la pensée est conçue et présentée dans sa simple grandeur, belle de sa valeur intrinsèque, sans le prestige de la forme et du coloris.
Le fragment ci -joint, fig. 24, est plus étudié; il olFre l'indication expressive des passions diverses des combattants, poussés par les vainqueurs comme un tourbillon sous le souffle de la tempête.
Gros avait obtenu, pour atelier, le célèbre jeu de paume de Versailles. 11 y avait installé un châssis de 15 mètres de longueur, et devait peindre sur cette échelle colossale l'esquisse de Nazareth. Un contre-ordre vint l'arrêter dans son entreprise.
Déjà, cependant, il avait achevé le trait de sa composition. Mais celui qui disposait, sans contrôle, de la munificence nationale, craignit sans doute d'élever trop haut ceux qui le suivaient de plus près; une question de personne prévalut sur une affaire de principe. Il ne reste rien de ce commencement d'exécution. C'est sur l'une des moitiés de cette vaste toile que Gros fit, immédiatement après, la Peste de Jaffa.
Le Combat de Nazareth a été gravé à l'aqua-tinle par M. Jazct, dans la dimension de 0"',97 de largeur sur une hauteur de 0 ',70.