L. Corpechot
Eng ee autre nourrisson. Elle nourrissait donc à la fois deux enfants et n’a jamais éprouvé aucun trouble. L'enfant a actuellement onze ans et se porte bien.
À vingtet un ans la malade a une petite fille qui meurt à six sémaines après avoir présenté de l’ophtalmie purulente. L'accouchement s’était aussi bien passé que les précédents.
Ainsi trois grossesses n’ont aucunement influencé cette cardiopathie qui toujours est restée latente et ne s’est révélée par aucun trouble. Il n’y a jamais eu d’hémorragie dans les suites de couches. Il y a sept ans, à la suite d’une contrariété, paraîtil, elle aurait eu une perte de sang de dix-sept jours. La malade est « faible de cerveau », dit-elle ; depuis sa jeunesse elle présente plusieurs fois par an des crises épileptiformes. Depuis quatre ans elle sent qu’elle s’affaiblit, elle est moins vaillante à l'ouvrage, est souvent très fatiguée, s’essouffle vite et a parfois des battements de cœur.
Cette femme est atteinte d'une double lésion mitrale. On perçoit à la palpation de la région précordiale un frémissement présystolique; la pointe du cœur n’est pas déviée. A: l’auscultation on entend un souffle dont le maximum d'intensité est à la pointe. systolique et à propagation dans laisselle; il s'y joint un roulement sourd diastolique et un dédoublement du second bruit perçu très nettement à la base,
Le pouls est régulier ; la tension sanguine au sphygmo-
manomètre de Potain est de 17.
OBSERVATION VI (Personnelle)
Mae D..., trente ans, sans profession, est d’une famille de cardiaques : sa grand’mère aurait eu une maladie de cœur, sa mère et ses trois frères auraient la même affection ?
Depuis son enfance la malade présente de l’essoufflement très facile, chez ses parents, cartonniers, elle était fatiguée à la moindre charge qu'on Jui faisait porter,mais elle s’en acquittait cependant et a eu sous ce rapport une enfance un peu dure. |
À treize ans. elle a la danse de Saint-Guy.
Elle est réglée à seize ans, et depuis l’est irrégulièrement.
La même année elle a une crise de rhumatisme articulaire aigu qui la tient malade deux mois.
À vingt ans, la malade devient enceinte, on constate qu’elle est atteinte d’une: maladie de cœur, rétrécissement mitral, dit la malade, sa grossesse se passe bien, elle accouche à terme spontanément d’un garçon de 4 livres 1/2. Il n'ya pas eu de pertes excessives au moment de la délivrance.
L'eufant a dix ans maintenant, il est atteint lui aussi, au dire de la mère, d’une affection cardiaque diagnostiquée à l'hôpital Saint-Louis. Nous avons eu l’occasionde voir ce garçonnet pas très vigoureux.
Dans un examen attentif nous n'avons découvertaucun symptôme de cardiopathie. Les battements du cœur étaient un peu forts et rapides, la pointe battait un peuen dehors du mamelon, mais nous n'avons pas trouvé d’autres signes. Nous avons con-
duit l'enfant au Dr Belin, dans son service de la Charité, pour
D 40 = soumettre ce cas à sa haute compétence. Il a confirmé le résultat de notre examen et n’a pas trouvé traces de cardiopathie.
Deux ans après son accouchement la malade a eu une « congestion du rein », elle ressentait de violentes douleurs rénales et présentait un assez gros œdème des jambes.
Elle a été soignée à ce moment par un médecin de Béthune, a gardé le lit trois mois et a eu une convalescence de dix à douze semaines.
Depuis elle a eu des troubles dyspnéiques qui ont augmenté peu à peu. Quand elle éprouvait de la fatigue ou une émotion brusque, elle était prise d'étouffements et de battements de cœur violents, elle crachait une sorte de mousse rosée.
Elle prenait alors de l’éther et la crise se calmait. 4
La malade vint pour la première fois dans le service de maternité de la Charité le 12 juillet 1910. Elle était enceinte pour la seconde fois” de trois mois environ (dernières règles, du 8-12 avril), et inquiète de voir ses crises d'oppression augmenter beaucoup de violence depuis le début de sa grossesse.
Pour la moindre marche elle était essoufflée, elle ne pouvait rester longtemps couchée et presque toutes les nuits elle était prise, vers 2 heures du main, d’étouffements et de palpitations et crachait un peu de mousse rosée. La malade se levait, prenait un peu d’éther pour calmer la crise, elle se recouchait et parfois achevait sa nuit sans nouvelle alerte, mais le plus souvent elle avait plusieurs crises.
Enfin depuis le début de sa grossesse elle avait des vomissements très fréquents et rejetait à peu près tout ce qu'elle prenait.
On examine la malade, elle est petite, de teint pâle et mat.
Assise, au repos elle ne parait pas dyspnéique.
Biz 41 y
Le pouls est un peu fort, pas fréquent, à 76-80. On trouve un léger ,ædème des jambes, il n'y a pas d’albumine dans les urines à l'examen habituel, chauffage et acide acétique. En auscultant, on trouve une lésion mitrale et une lésion aortique. La malade ne peut pas rester longtemps étendue, on n'approfondit pas l’examen, et comme elle ne veut pas rester à l'hôpital on la renvoie à son médecin de ville en lui conseillant le repos absolu, lé régime lacté, et de se faire transporter dans le service à la première alerte. On avait à son sujet les craintes les plus vives et l’on se demandait s’il ne valait pas mieux interrompre une grossesse qui s’accompagnait de tels désordres.
Nous revoyons la malade au mois de septembre. Elle va mieux, elle ne vomit plus, elle est toujours oppressée en marchant et couchée, mais ses crises d’etouffements nocturnes ont diminué un peu defréquence et d'intensité, elle n’en a plus que deux par semaine.
Nous examinons complètement la malade et prenons jour,
avecle D° Belin pour recommencer avec lui cet examen. La femme vient passer trois jours à l'hôpital et nous la voyons le 29 septembre 1910.
Couchée elle ne paraît pas oppressée, le ventre a le développement d’une grossesse de cinq mois, il existe un très léger œdème des jambes, on aperçoit au niveau du cou des battements très nets et en appliquant les doigtsau niveau des carotides on éprouve une sensation de thrill manifeste. En appuyant la pulpe de l’index;derrière la fourchette sternale et l'extrémité interne de la clavicule, on ressent des battements artériels très nets et l’on se demande s’il n'existe pas un certain degré d’ectasie de l'aorte.
Le pouls est un peu irrégulier, fort, mais pas « bondissant »,
ROSE légèrement dépressible. La tension sanguine appréciée au sphygmomanomètre de Potain variait entre 18 et 19.
La malade présente le phénomène du pouls capillaire,
L’impulsion cardiaque est forte, la pointe du cœur est abaissée et surtout notablement déviée en dehors. À ce niveau on perçoit un léger frémissement. À l'auscultation on est frappé par l'intensité du double souffle que l’on entend au foyer del’orifice aortique et qui domine tout. Il existe aussi dans la région de la pointe un souffle systolique mitral à propagation nette dans l’aisselle et indépendant il semble bien du souffle aortique. Les battements du cœur sont irréguliers.
Le développement des seins empêchait la percussion du cœur et la recherche des adhérences péricardiques.
L’auscultation des poumons ne révèle aucun râle. On perçoit nettement dans.le dos de la malade un souffle isochrone de la systole cardiaque qui doit être le souffle aortique propagé.
Le foie n’est ni gros ni douloureux.
Eu somme cette malade est vraisemblablement atteinte, nous disait M. Belin, de pancardite avec prédominance des lésions au niveau de l’orifice aortique. Pour résoudre la question de l'existence d’une ectasie de l’aorte M. le Dr Zimmern qui dirige le service de radiologie de la Charité voulut bien radioscoper la malade. A l'écran on se rend compte qu'i. n'existe pas d’ectasie aortique appréciable, mais 6n trouve un énorme ventricule gauche, On ne constate pas de dilatation appréciable de l'oreillette gauche. Il n’y a donc pas encore insuffisance avérée des cavités cardiaques, mais la compensation des lésions doit être à sa limite, à en juger par les troubles que présente la malade.
Nous avons profité de ce séjour dans le service pour faire
RARES l'épreuve du bleu de méthylène et une analyse complète des urines Celles-ci ont été recueillies pendant vingt-quatre heures du 27 au 28 septembre 1910 et leur analyse (1)a donnéles
résultats suivants :
Volume en vingt-quatre heures.... 1.400 cmc,
DOS OR ne er me, 1.018 gr, Consistancé. M A Ti. fluide COMENT Er arr jaune pâle (EE TETE A Ce EN TE ER sui generts D AUTO met peu abondant MAS PRO ne Ari Re de eee louche A OTTALIONE Rise de em ue à mousse assez persistante
Eléments normaux
Par litre Par 24 heures
ANCIEN Er a NS AU tee 0,42 0,58 RÉAL AA Re ere 38,82 54,14 ER DEAR BR AS 979,18 1370,85 Matières organiques............ 23,58 33,01 Matières minérales... 15,24 21,13 TT DR CESR CRE ME 16,65 23,31 À GITeEUTIQUE 2 rene noie 0,59 0,82 Acide phosphorique total (en
PRO) ER eme orne 1,35 1,89 Phosphates alcalins (en PO)... 0,87 121 Phosphates terreux (en P205).... 0,48 0,67 Chlorures (en NaCD)............ 10,84 45,17 Chlorer(eniODerr Re 6,57 9,19 SU DEALE SAR ee PT M eee 1,46 2,04 Aote totale RS RE Re ÉCOLE 19,75 Avole de. l'urée ner oem 177 10,87
1. Ces analyses ont été faites avec les procédés les plus minutieux et les plus sûrs par notre ami M. Montlaur, chimiste dis-
Peptones Acétone
els effe sise ete set. tie
Examen microscopique
Le sédiment contient quelques leucocytes.
Des cellules épithéliales de la vessie.
Rapport