Murray, Americ. Journ. of Obste
2. Trousseau, Cliniques médicales de l'Hôtel-Dieu de Paris, 5° édition, t. Il, p. 33.
» À netenir compte que de la lésion anatomique, une affection organique du cœur n'est vraiment pas une maladie...; l'affection morbide localisée qui a occasionné la formation des obstacles matériels, est aussi, pour une grande part, la cause de tous les désordres organiques et fonctionnels qu'éprouvent les différents appareils de l’économie. » |
Trousseau cite une page de Mauriac à ce sujet :
«Quand il s’agit d'apprécier, d'une manière générale, les causes de la mort chez les sujets affectés des mala dies du cœur, il est indispensable d'examiner, en premier lieu, le rôle que jouent certaines diathèses dans la production des phénomènes secondaires de ces maladies qui, au bout d’un temps plus ou moins long, jettent l'organisme dans un état cachectique spécial, qu’on est convenu d'appeler cachexie cardiaque. La manifestation de ces troubles généraux se produit quelquefois à une époque si rapprochée du début des accidents locaux ducôté du cœur, au’on doit se demandersi la maladie, envisagée dans son ensemble, est primitivement locale ou primitivement générale .…
» C’est un fait acquis aujourd’hui à la science, constaté tous les jours par l’observation, et mishors de doute par les belles recherches de M. Bouillaud, qu'à l’origine de presque toutes les maladies du cœur, on trouve comme cause première une diathèse ; que cet étatmorbide général se rattache à un principe franchement inflammatoire, à un principe rhumatismal ou à un principe goutteux, peu importe ; mais ce qu'il est essentiel de ne pas oublier,
c’est que le propre de toute diathèse est de faire vivre
tone
d’une vie spécialement morbide toute molécule organique, et d'exercer, par conséquent, sur toute l’économie, une influence profondément débilitante…
» Ce n’est pas tout : le travail pathologique spécial à chaque diathèse, désorganise le tissu du cœur, et, dès lors, commencent à se dérouler ces séries de phénomènes secondaires qu’on nous semble avoir trop exclusivement rattachés aux enrayements de la circulation du sang dans les cavités cardiaques. Quelques pathologistes ont même été plus loin dans cette voie de localisation ; ils n’ont assigné pour cause à ces enrayements de la circulation que des obstacles matériels siégeant aux orifices. Les lésions des orifices, rétrécissements ou insuffisances, ne traduisent qu’ une des faces du travail pathologique dont le cœur est le théâtre : ils n’ofifrent qu'un danger relatif... »
Fait-on abstraction des termes désuets et des conceptions un peu surannées, ces quelques pages de pathogénie cardiaque ont encore pleine valeur. Les maladies qui déterminent des lésions valvulaires prennent tout le cœur, — la pancardite de Duroziez est infiniment plus fréquente qu'on ne le pense, — et frappent aussi tout l'organisme. Si celui-ci résiste et si des cicatrices ne restent qu'aux valvules, le danger n’est pas grand. Mais l'individu a-t-il été trop atteint dans ses principaux organes, le cœur cèdera fatalement et plus ou moins vite, suivant les circonstances. Ainsi s'expliquent, nous allons le voir, les accidents gravido-cardiaques : œdème aigu du poumon et crises asystoliques.
On explique l’œdème aigu du poumon par l’à-coup
qu'une brusque hypertension détermine dans la petite circulation, en cas de lésion mitrale, surtout de rétrécissement serré (Berryart, Wilkes, Bossi(r), Mackness (2). « Le flux sanguin ne peut être maintenu dans le réseau vasculaire ; il doit en sortir pareffraction ou transsudation, c'est l'apoplexie pulmonaire ou l'œdème aigu du poumon. » Comme toutes les mitrales qui accouchent sont soumises aux mêmes hausses de pression et que les accidents ne sont pas très fréquents, qu'ils apparaissent même chez des malades dont les sténoses sont moins serrées que chez d’autres qui restent indemnes l'explication n'est pas suffisante.
De plus, Teissier et Guinard ont démontré expérimentalement que des troubles mécaniques violents et brusques, comme la compression de l’aorte qui triple subitement la pression sanguine dans l’artère pulmonaire, sont incapables à eux seuls de déterminer chez le chien de l'œdème aigu du poumon.
Par contre Teissier montre que si l’on détermine des troubles mécaniques légers, des irritations du bout périphérique des pneumogastriques après avoir sensibilisé l'animal par une injection de salicylate de méthyle, on fait apparaître un œdème pulmonaire définitif et intense. Il faut donc pour réaliser l'œdème aigu trois facteurs qui se trouvent réunis bien souvent chez les malades : intoxication, accidents nerveux, troubles mécaniques.
Ceux-ci ont donc une certaine influence, mais elle