L. Corpechot
IQ ER TES
ment ou éliminent mal ou pas du tout ce qu'ils ont à élaborer ou à excréter, sans parler des sécrétions internes qui sont forcément altérées. Le bon équilibre est rompu, des produits circulent en quantité excessive ou sous une forme toxique qu'ils ne devraient pas revêtir ; le myocarde s’altère peu à peu et le cœur plus ou moins vite succombe à ses lésions.
Si tous ces organes ont une action réelle sur la fibre cardiaque, il est également évident que les lésions valvulairés, en provoquant de la stase sanguine et un état de congestion plus ou moins intense au niveau des viscères, peuvent troubler leurs fonctions, diminuer leur résistance, et amorcer des lésions plus graves. Mais dans des organes sains celles-ci ne surviennent qu'à très longue échéance. Au contraire, si ces organes présentent des aptitudes morbides particulières, des tares antérieures ou des lésions concomitantes, très rapidement la malade entrera en hypo-systolie puis asystolie confirmée, et l'insuffisance cardiaque irréductible, mortelle, surviendra d'autant plus fatalement qu'au fur et à mesure qu'elle s’établit elle aggrave les lésions déjà existantes des autres organes et détermine les reins cardiaques, le foie cardiaque, les poumons cardiaques.
On sait en effet à quel degré le rein et le cœur sont liés l'un à l’autre, tellement qu'il est parfois difficile de trancher la question et de déclarer que tel malade est un cardiaque ou un rénal. De même que les lésions rénales ont une influence importante sur l’œdème aigu du poumon, elles conduisent aussi d’une façon incon-
testable à l'asystolie par myocardite seléreuse.
LE res
Les lésions hépatiques retentissent aussi d'une manière indubitable sur le myocarde. L'appareil cardiopulmonaire et le foie sont en relations intimes comme l'ont montré Potain, Barié, F. Franck, àtel point que des troubles passagers et fonctionnels, comme une crise de coliques hépatiques, peuvent déterminer de l'asystolie ; donc à plus forte raison lorsqu'il s’agit de lésions anatomiques persistantes.
Il faut aussi signaler le rôleque peut jouerdans l’asystolie le corps thyroïde dont l'influence pathogénique grandit de jour en jour. À côté des troubles mécaniques respiratoires qu'il peut entraîner par compression des organes sous-jacents, il joue certainement un rôle important dans les troubles d'intoxication. Froment (x) montre dans sa thèse que l’asystolie est particulièrement redoutable dans les cardiopathies mitrales compliquées de basedowisme et qu'il faut peut-être chercher dans cette association la cause même de la gravité de quelques cas d’asystolie gravido-cardiaque. De même tout dernièrement paraissaient les relations d’expériences mettant en évidence le rôle important joué ‘par l'appareil thyroïdien dans l’éclampsie (2).
D'autres glandes vasculaires sanguines comme la rate, les capsules surrénales, l’hypophyse peuvent agir sur l’asystolie du fait qu'à la suite de leurs lésions leurs
sécrétions internes sont plus ou moins altérées. Enfin