I. Di sua hestialitate il suo processo
Para la pruova, si ch'a te fia bello Averti fatta parte per te stesso
De sa bestialité sa conduite donnera la preuve, de sorte qu'il deviendra beau pour toi d'avoir été à toi-même tout ton parti.
{^Paradis, ch. xvii.)
de ces grandes querelles, voici Anagni et l'exil d'Avignon.
Une philosophie de l'histoire vraiment un peu simpliste a l'habitude de présenter ces événements comme des crimes exclusivement français. Parfois, il est vrai, les préjugé? aident à formuler de tels jugements; et pourtant, lorsqu'on étudie l'histoire de l'Église, ne faut-il pas s'élever au-dessus des questions de personnalités et de nationalités? Une haute impartialité ne s'impose- t-elle pas absolument? Or, les événements du xiv^ siècle ont leur cause profonde dans ceux du xiii^ siècle; ce sont les luttes des guelfes et des gibelins, et l'anarchie italienne en résultant, qui permirent à l'ignoble Nogaret le lâche attentat d'Agnani ; cet attentat est d'ailleurs commis avec la complicité et la collaboration des Italiens; et le fameux soufflet retentissant à travers l'Europe comme le signal des temps modernes, c'est un gibelin d'Italie, c'est Sciarra Colonna qui l'a donné.
De même, si l'exil d'Avignon se prolongea fort longtemps, n'est-ce point surtout parce que l'état d'anarchie où se débattait la Péninsule la rendait littéralement inhabitable^? Une étude détaillée de la politique pontificale au xiv^ siècle lave les papes en très grande partie du reproche d'avoir voulu demeurer en France au sein du luxe doré de la cour avignonnaise. La vérité est qu'ils essayèrent par tous les moyens de rentrer dans leurs États ; mais une implacable barrière gibeline leur en barrait l'entrée. Il n'y a nulle exagération à dire que le retour en Italie fut impossible jusqu'au jour où l'épée et la diplomatie du très grand Albornoz eurent frayé un chemin.
I. Nous ne prétendons pas supprimer les responsabilités françaises; elles ne sont que trop réelles; mais il importe de les faire partager par qui de droit. A noter d'ailleurs que c'est bien plutôt l'apologie de la Papauté d'Avignon que celle de la France qui se trouve ainsi esquissée. Voir à ce sujet le livre si documenté de M. G. MoLLAT, Les Papes d'Avignon. (Collection Biblioth. de l'enseignement de l'histoire ecclésiastique, nouvelle édition, 1921, chez Gabalda, Paris.)
Alors, Dieu, qui ne manque jamais à son Église, suscita une sainte, et par ses exhortations elle fit tomber les arguments trop humains qui retenaient encore les papes sur les bords du Rhône.
Nous l'avons vu, le guelfisme fut souvent réduit à n'être qu'un misérable expédient au service des ambitions et des rivalités municipales. Mais il y a un guelfisme plénier et surnaturel, celui des grands papes, celui de sainte Catherine de Sienne ; il afïiiTnait en théorie, et aussi dans la pratique politique, que Rome est au pape comme la ville de Pierre. La persistance d'une telle conviction, voilà ce qui donne son unité et sa grandeur à la politique italienne de la papauté. Un Innocent III, un Grégoire IX, un Urbain IV, un Grégoire XI ont envisagé avant tout cela ; aussi ont-ils conservé une confiance inébranlable dans la victoire finale. Cette idée sublime de sauvegarder, coûte que coûte, la liberté des papes dans la Rome de Pierre les hanta ; elle plana au-dessus de toute leur diplomatie ; elle en illumine maintenant les moindres recoins. Qu'importaient les labeurs, les exils, les souffrances sans nom et sans nombre, pourvu que la papauté demeurât inasservie. Nil tam diligit Deus quam Ubertatem romanae ecclesiae!
Oosterhout, Abbaye Saint-Paul, en la fête de la Cathedra S. -Pétri, ce 22 février 1922.
Dom Charles Poulet.