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GUÉRISON DE U A PHTHISIE PULMONAIRE

étonnant de voir le ramollissement, c’est-à-dire la décomposition, débuter par le centre, puisque le dépôt phosphatique qui devait se faire en ce point ne peut pas s’effectuer. On peut apprécier déjà la nécessité de fournir à l’économie les matériaux propres à l’accomplissement de ce travail réparateur, et l’utilité de venir en aide à la nature, qui, de son côté, fait tous ses efforts pour atteindre ce but.

Quant aux cavernes, je signalerai en passant la disposition de la membrane nourricière des tubercules et des vaisseaux sanguins qui l’entourent ; les cavernes présentent presque toujours des parois fermes; elles sont tapissées par une membrane molle et friable dans les excavations récentes; dense, grisâtre, et presque semi-cartilagineuse, dans celles qui sont anciennes ; elle a un demi-millimètre d’épaisseur, tantôt plus, tantôt moins, et elle est ordinairement recouverte d’une autre membrane fort molle, jaunâtre ou blanchâtre, rarement continue à elle-même. Les vaisseaux de nouvelle formation se développent dans les anfractuosités, ainsi que dans toutes les éminences de ces cavités, jusque dans les houppes terminales de la membrane interne, et, d’après M. Grisolle (1), remplissent, en les colorant, les colonnes si souvent étendues de l’une à l'autre de leurs parois. Après

(1) Traité de la phthisie.

30 ÉTUDE DU TUBERCULE

l’évacuation de la matière tuberculeuse, la membrane nourricière des tubercules persiste et devient

sécrétante à la manière du périoste des os, et c’est alors que la cicatrisation des cavernes s’opère. Cet autre mode de guérison spontanée de la phthisie pulmonaire a été constaté par Laennec, Rogée, M. Andral, etc.

Si j’ai tant insisté sur ces détails d’anatomie pathologique, si j’ai cherché à éclaircir quelques points obscurs de leur histoire, c’est pour présenter d’une façon intelligible et rationnelle la corrélation qui existe entre les faits théoriques et l’application de ma méthode curative.

CAUSES DE LA PHTHISIE

L’étiologie de la phthisie pulmonaire n’est pas encore parfaitement connue. Malgré les travaux sérieux de nos contemporains, les assertions émises sont plus nombreuses que les faits rigoureusement observés. Nous allons indiquer les causes principales qu’on a invoquées pour expliquer le développement des tubercules dans le poumon, et nous verrons qu’elles dérivent toutes d’un excès de gélatine, d’une diminution de phosphate de chaux dans le sang, et d’une hypérémie pulmonaire.

Hérédité. — De toutes les maladies, la phthisie est celle qui se transmet le plus souvent par la voie

CAUSES DE LA PHTHISIE

de la génération. Les enfants nés de parents phthisiques ne sont pas voués nécessairement à la maladie de leurs ascendants, mais le plus grand nombre est emporté tôt ou tard par la tuberculisation. Pour prévenir cette maladie chez les enfants issus de phthisiques, il est essentiel d’employer de bonne heure et pendant longtemps les moyens prophylactiques que j’indiquerai plus loin. Il faut les employer non-seulement dans le cas d’hérédité, mais encore dans tous les cas où le médecin pressent en quelque sorte dans l’avenir l’apparition de tubercules. M. A. Latour a dit : « On est phthisique avant d'avoir des tubercules. » Cette pensée est profonde et vraie, puisque l’hérédité est un vice dans les conditions hygiéniques, morales ou physiques; telle maladie antérieure, tel tempérament congénital ou acquis, autant de causes prédisposantes par l’ enchaînement naturel des termes de la série morbide : hyposthénie organique, lymphatisme, anémie, etc.

Prédisposition. — La phthisie atteint les hommes robustes et vigoureux, mais elle est beaucoup plus commune chez les sujets d’une faible constitution et chez ceux qui offrent les attributs du tempérament lymphatique. Ces attributs sont les suivants : blancheur de la peau, élongation du corps, longueur du cou, aplatissement et dépression de la poitrine, saillie

des omoplates en façon d’ailes, gracilité des membres et du tronc; irritabilité du système sanguin, vitesse du pouls, rougeur circonscrite des pommettes (ce qui implique toujours une hémostase pulmonaire) ; chaleur au creux des mains après les repas, essoufflement à l’occasion de mouvements précipités.

Rapidité de la croissance. — On ne saurait imaginer combien un accroissement rapide dispose à la phthisie, surtout lorsque la poitrine ne s’élargit pas en proportion de l’élongation du corps. Tout le phosphate de chaux que l’économie reçoit est employé au développement des os ; la gélatine se trouve alors en excès dans le sang, et son dépôt peut avoir lieu facilement dans le poumon. Si, à cette époque, on fournit aux os les sels calcaires dont ils ont besoin, la gélatine reste en proportion convenable, et l’on arrive à prévenir son dépôt dans le parenchyme pulmonaire, c’est-à-dire la tuberculisation.

Genre de vie. — C’est dans le genre de vie que l’axiome tel air , tel sang, trouve son application. Les travaux, quels qu’ils soient, qui s’accomplissent dans des lieux renfermés, disposent plus à la phthisie que les occupations en plein air; il en est de même de la vie luxueuse et déréglée des grandes villes. M. Coste est parvenu à produire à volonté la phthisie chez des

3à CAUSES DE LA PHTHISIE.

chiens et d’autres animaux, en les faisant séjourner longtemps dans des lieux humides, froids et mal éclairés. Ce savant a produit le diabète chez tous les chiens qu’il nourrissait avec du sucre exclusivement. De môme, on rend phthisiques tous les animaux auxquels on fait prendre de la gélatine pour toute nourriture : les malheureuses expériences de Darcet corroborent cette assertion et prouvent que ma théorie du tubercule n’est pas une utopie.

Disposition aux scrofules. — La phthisie et la scrofule sont deux maladie^ qui ont entre elles plusieurs points de ressemblance, aussi le docteur Gola (de Milan) pense-t-il que la phthisie n’est qu’une des modalités nombreuses par lesquelles s’exprime le vice scrofuleux. Dans la première enfance, lorsqu’il n’existe encore que des signes de la scrofule, des engorgements des ganglions lymphatiques, et qu’aucun symptôme n’est apparu du côté de la poitrine, il est déjà temps de prévoir la possibilité de la phthisie, et de lui opposer un traitement soutenu.

Bronchite négligée. — Tous les médecins s’accordent à reconnaître aujourd’hui que la bronchite négligée est la cause la plus fréquente de la phthisie pulmonaire. Stoll n’a pas craint de dire qu’w?i rhume négligé est une phthisie commencée. Hufeland évalue

au tiers des phthisiques le nombre de ceux dont la maladie a été occasionnée par une bronchite chronique.

Nous avons dit déjà comment la bronchite chronique pouvait déterminer la phthisie. Nous savons que dans cette maladie la désassimilation des sels terreux a lieu par les urines, tandis que la gélatine est éliminée par le poumon sous forme de crachats, et que les molécules gélatineuses qui, sous l’influence d’une hypérémie, passent des capillaires dans le parenchyme pulmonaire, constituent le tubercule à l’état naissant. La bronchite ne se termine pas toujours par la phthisie, mais la phthisie est toujours précédée de la bronchite.

Allaitement prolongé. — La phthisie survient "souvent après l’allaitement trop prolongé. En effet, chaque tétée représente, d’après M. Natalis Guillot, de 80 à 200 grammes de lait ; le nourrisson absorbe * donc de 1000 à 1500 grammes de ce liquide parjour. Le lait, d’après les analyses de M. Régnault, contenant sur 10 000 parties 3697 de sels minéraux dont 2232 de phosphates, c’est-à-dire les deux tiers; l’enfant retire, par conséquent, de sa nourrice, 3?r,50 de phosphate dans les vingt-quatre heures, ce qui constitue plus de 1 kilogramme au bout de l’année.

36 CAUSES DE LA PHTHISIE

Le professeur Cazeaux pense que lorsqu’une nourrice est réglée pendant l’allaitement, le nourrisson peut être affecté de rachitisme à cause de V élimination, 'par le sang menstruel , des 'phosphates calcaires contenus dans le lait et destinés à compléter V ossification. Tout récemment encore, la même opinion a été reproduite à la Société obstétricale de Londres ; M. Tibury Fox, s’appuyant sur les analyses de MM. Vernois et Becquerel, a cherché à établir que la persistance de la fonction menstruelle pendant l’allaitement, en diminuant la proportion de sels du lait, a presque toujours pour conséquence le développement du rachitisme (1) . M. Dechambre a voulu combattre cette théorie dans la Gazette hebdomadaire ; mais son argumentation perd toute sa valeur; puisqu’il reconnaît lui-même qu’il y a 25 centigrammes de sels dans 100 grammes de lait de femme.

La phthisie s’observe chez les vaches bonnes laitières : elles succombent presque toutes à la tuberculisation des poumons, parce que chez ces animaux on prolonge la lactation pendant un an et plus, au lieu de six ou sept mois.

Tout ce que je viens de dire sur l’allaitement prolongé prouve, d’une manière bien évidente, que l’insuffisance des sels calcaires dans l’économie peut dé-

(i) Thèse du docteur Plantin.

terminer la phthisie et le rachitisme avec ramollissement des os.

La phthisie succède quelquefois aux affections pyrétiques : les fièvres intermittentes prolongées, les fièvres typhoïdes, la rougeole et la variole, etc.

Contagion. — Autrefois, les médecins croyaient à la contagion delà phthisie. Morgagni, qui avait plus de science que de courage, n’osait pas ouvrir les cadavres de phthisiques. Aujourd’hui, les médecin français n’admettent pas la contagion; en Italie et en Espagne, on a une opinion opposée. Laennec et M. Andral conseillent, comme mesure de prudence, aux personnes qui vivent avec les phthisiques, de ne pas coucher dans la même chambre, surtout à une époque avancée de la maladie. M. Delamarre (1), qui eite quelques cas de contagion, conclut que dans les circonstances ordinaires la phthisie n’est pas contagieuse, mais quelle peut le devenir dans certaines conditions spéciales, et qu’il convient de ne pas multiplier les points de contact des sujets sains avec les phthisiques, tout en donnant à ces derniers les soins assidus que leur état réclame, et sans nuire au soulagement qu’ils ont le droit d’attendre de ceux qui les entourent.

(1) Abeille médicale, 2k janvier 1856.

CAUSES DE J.A PHTHISIE

Le fait initial et essentiellement pathogénique qui domine les causes que nous venons de passer en revue, c’est toujours le défaut d’équilibre entre la proportion de la gélatine et des sels terreux qui sont en dissolution dans le sang. En fournissant au liquide nourricier les éléments nécessaires au développement des os, nous avons une presque certitude de prévenir la phthisie. D’autre part, si les granulations gélatineuses sont déjà déposées dans le parenchyme pulmonaire, on peut favoriser leur induration et les rendre complètement inertes à l’aide de mon traitement.

SYMPTÔMES

Nous admettons deux périodes dans la phthisie : la première comprend la formation et révolution des tubercules ; la seconde, le ramollissement et la déliquescence de ces agents morbides. Les symptômes . sont fournis par les voies respiratoires, les voies digestives, la fièvre, l'état des ongles, le liséré gingival, f amaigrissement, la rougeur des pommettes, le psoriasis.

Nous allons les examiner.

Toux. — Dans la phthisie pulmonaire, la toux est un des symptômes les plus importants. Quelques

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SYMPTÔMES

malades toussent peu ; chez d’autres, après avoir existé pendant quelque temps, la toux cesse complètement, pour réapparaître dans la dernière période. Voici pour f exception, car, dans la majorité des cas, elle est très-incommode, revient par quintes, détermine de l’étouffement et des vomissements; elle est surtout pénible pendant la nuit, elle cause des insomnies fatigantes; d’une manière générale, on peut dire que la toux est proportionnée à l’intensité de la maladie.

La sensation particulière qui provoque la toux est reçue dans les poumons et surtout à la surface de la membrane muqueuse qui tapisse le larynx et la trachée ; de là elle est transmise au cerveau. Le siège et l’agent de transmission, c’est le nerf de la huitième paire de Willis (glosso-pharyngien , pneumogastrique, spinal). On est autorisé à le croire lorsqu’on voit qu’il est le seul nerf cérébral qui se distribue au larynx et aux poumons, et que seul, par conséquent, il peut transmettre au cerveau les sensations de ces organes. La preuve devient irréfragable lorsqu’on sait que la section de ces nerfs paralyse cette sensation, et que les animaux qui ont été soumis à cette vivisection ne toussent plus, quoiqu’on irrite leur larynx ou leurs bronches avec des titillations ou des injections de liquide ou de gaz irritants. La toux est donc une sensation cérébrale.

GUÉRISON 1)E LA PHTHISIE PULMONAIRE. kl

Lorsque la cause a agi, et que la sensation en a été transmise au cerveau, cet organe, ainsi averti du malaise des poumons et du danger que la vie peut courir, réagit sur les muscles expirateurs au moy£n des nerfs cérébraux; une contraction brusque est sollicitée, l’air accumulé dans les poumons entraîne, par un courant rapide, tout corps placé dans les tuyaux bronchiques.

Il est rare que la toux soit bornée à une seule secousse ; ordinairement il y en a plusieurs, et elles se succèdent jusqu’à ce qu’elles aient entraîné la substance qui la détermine, ou que la sensation morbide qui la provoque se soit amendée. Lorsque la toux se prolonge longtemps, surtout si elle se répète à des intervalles très-rapprochés, les muscles expirateurs tombent souvent dans un état de lassitude ex- ' trême, qui ne permet plus au malade de tousser quoiqu’il en ait encore besoin, et souvent alors ils occasionnent des points très-douloureux dans différentes parties du thorax et de l’abdomen.

En outre, l’air étant comprimé à chaque effort de toux, offre une résistance au tissu des poumons, qui se trouve ainsi placé entre deux forces, l’une active et l’autre passive. Cette compression agit aussi sur les vaisseaux renfermés dans le parenchyme pulmonaire ; le sang qu’ils contiennent est plus vite exprimé, l’abord du sang veineux est plus difficile, aussi le

SYMPTÔMES

voit-on refluer cle proche en proche jusque dans les capillaires de la face, ce qui occasionne cette congestion et cette bouffissure sanguine des parties supérieures. Enfin lorsqu’une toux quinteuse et opiniâtre empêche le renouvellement de l’air nécessaire à l’hématose, on tousse jusqu’à extinction, c’est-à-dire qu’on arrive à l’asphyxie et à la syncope. Tel est le mécanisme de la toux proprement dite ; comme nous venons de le voir, elle est un phénomène dépendant de l’influence cérébrale, ce qui explique suffisamment l’action sédative des opiacés.

Expectokation. —Au début de la phthisie, la toux est ordinairement sèche ; il survient ensuite une expectoration muqueuse; les malades croient être affectés d’un simple rhume et ne se soignent nullement. Dans la seconde période, les crachats éprouvent divers changements : ainsi de blancs et presque salivaires qu’ils étaient, ils deviennent verdâtres, opaques, privés d’air et striés de lignes jaunes qui leur donnent un aspect panaché; plus tard, les crachats sont arrondis, nummulaires et homogènes. Après s’être montrés plus ou moins longtemps d’un jaune verdâtre, les crachats deviennent d’un gris sale, sanguinolents, ou sont entourés d’une auréole rosée. A toutes les périodes, c’est le matin qu’ils sont le plus abondants.

Hémoptysie. — L’hémoptysie, ou hémorrhagie pulmonaire, a été observée de tout temps dans la phthisie. Jusqu’ici personne n’a pu en indiquer le mécanisme. i\l. Louis lui-même reconnaît qu’il est impossible de s’en rendre compte. Nous serons peut-être plus heureux, si nous remontons à la disposition anatomique des vaisseaux pulmonaires et bronchiques relativement aux bronches elles-mêmes.

Dans l’épaisseur du poumon, de même qu’à sa racine, les artères et les veines pulmonaires marchent toujours à côté des tuyaux bronchiques ; la communication des artères avec les veines pulmonaires et avec les divisions des bronches est facile à constater : l’injection la plus grossière, poussée avec une force médiocre, passe avec la plus grande facilité des artères dans les veines pulmonaires et dans les bronches (1) ;

les parties enflammées seules paraissent imperméables ; les injections poussées par les veines pulmonaires ne passent jamais dans les artères, quoique le premier ordre de ces vaisseaux ne renferme pas de valvules; enfin, les injections poussées dans les tuyaux bronchiques ne passent ni dans les artères, ni dans les veines ; les artères et les veines pulmonaires communiquent avec les artères et les veines bronchiques. Cette question a été mise hors de doute

(1) Cruvcilhier, Anatomie , t. III, p. 478.

SYMPTÔMES

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par les observations de Haller, Sœmmering, Reisseisen et Meckel.

Ces faits admis, nous en déduirons les conclusions suivantes : nous savons que des vaisseaux nouveaux se forment autour des tubercules; la congestion sanguine, en ce point, doit être nécessairement trèsintense; lorsque les capillaires sont distendus outre mesure, le sang se livre un passage à travers les bronches, et son expulsion constitue l’hémoptysie.

Dans tous les cas de pneumorrhagie non traumatique le poumon est congestionné, et la perte de sang se produit par le même mécanisme que dans la phthisie. Au début de la pneumonie, les malades crachent le sang; mais lorsque l’inflammation des poumons est intense, l’expectoration cesse d’être sanguinolente. Ce fait confirme les expériences de M. Cruveilhier sur les vaisseaux pulmonaires et ma théorie de l’hémoptysie.

Dyspnée. — Chez les phthisiques, la difficulté de respirer coïncide ordinairement avec l’apparition de la toux ; elle se traduit par un sentiment d’oppression à la partie moyenne de la poitrine ; quelquefois la gêne de la respiration se fait sentir plutôt d’un côté que de l’autre.

Douleurs pans la poitrine. — La tuberculisation ne détermine aucune douleur par elle-même ; il faut

les rapporter soit à des pleurésies partielles, soit à des névralgies intercostales, qui ont été parfaitement décrites par Bassereau (I) et par Valleix (2). Ces douleurs se font sentir au niveau des clavicules et au-dessous des omoplates.

Aphonie. — L’aphonie résulte de la destruction des cordes vocales du larynx à la suite d’ulcérations; lorsque ces ulcérations sont superficielles, le/nalade éprouve de la douleur au niveau du larynx ou le long de la trachée, une sensation de sécheresse à la gorge, et enfin de l’enrouement; la dysphonie est un symptôme très-important et qui est presque constant. M. Czermak (3) est arrivé à fixer par la photographie ,les images laryngoscopiques ; le diagnostic et le traitement des maladies de l’organe de la voix gagneront à cette belle découverte.

Fonctions digestives. — Au début de la phthisie, l'appétit n’est pas modifié ; il diminue avec les progrès de la maladie, et s’anéantit complètement lorsque la fièvre s’allume. Les malades ont un dégoût profond pour la viande. A cette période, la muqueuse

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(1) Thèse de Paris, 1840 .

(2) Traité des névralgies. Paris, 1841.

(3) Académie des sciences , 25 novembre 1861.

SYMPTÔMES

gastrique présente des lésions plus ou moins profondes qui se traduisent par des nausées, des vomissements bilieux, de la pesanteur, de la chaleur et de la douleur à l’épigastre; la langue se couvre d’une exsudation blanchâtre, mince et facile à enlever. Ces symptômes peuvent être plus ou moins marqués ; mais celui qui existe toujours, c’est la diarrhée; elle peut apparaître à toutes les époques de la maladie, et sa cause réside dans les lésions du gros intestin.

Fièvre. — La fièvre se montre ordinairement dans la seconde période; elle simule assez bien une fièvre intermittente quotidienne, et c’est à ce moment surtout que les sueurs nocturnes apparaissent.

Dès que la fièvre hectique est établie, l’amaigrissement fait des progrès plus ou moins rapides, selon l’abondance des évacuations. Suivant le tableau tracé par Arétée avec une effrayante vérité : « Le nez est effilé ; les pommettes sont saillantes, et leur coloration tranche sur la pâleur du reste de la face: les conjonctives sont luisantes et d’un léger bleu de perle, les joues caves, les lèvres rétractées; le cou paraît oblique et gêné dans ses mouvements ; les omoplates sont ailées; les côtes deviennent saillantes, tandis que les espaces intercostaux s’enfoncent; quelquefois la poitrine semble rétrécie, quelquefois même elle l’est, réellement. Lorsque la marche de la maladie est

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lente, le ventre est aplati et rétracté, les articulations semblent plus grosses, les ongles se recourbent. »

Sueurs nocturnes. — Ces sueurs sont tellement remarquables, qu’on les a considérées de tout temps comme un des symptômes les plus importants de la tuberculose; elles se présentent pendant le sommeil, le plus souvent le matin, et se manifestent plus particulièrement sur la face, le cou, la poitrine et la paume des mains; ces sueurs engendrent une soif plus ou moins forte et une vitesse considérable du pouls. C’est surtout à ce moment que l’amaigrissement fait des progrès rapides ; la lace pâlit, ainsi que tout le reste du corps, et la coloration rouge des pommettes n’a lieu que pendant les redoublements.

En parlant du traitement de la phthisie, j’indiquerai les moyens qu’on doit opposer aux complications symptomatiques que nous venons de passer en revue.

État des ongles. — Depuis Hippocrate, on a remarqué que les phthisiques avaient les ongles recourbés, que l’extrémité de la dernière phalange paraissait gonflée et en forme de massue. Je reconnais avec M. Vernois que cette disposition des ongles n’appartient pas exclusivement à la phthisie, mais on la rencontre chez tous les poitrinaires; il faut donc tenir compte de ce symptôme.

SYMPTÔMES

Liséré gingival. — Le liséré gingival est un symptôme important et peu connu ; c’est un état particulier des gencives qui a été signalé et vivement recommandé à l’attention des médecins par le docteur Thompson (4). Voici en quoi il consiste. Le bord libre des gencives est plus foncé en couleur que les parties voisines, et a un aspect festonné ; la largeur de ce liséré est variable : ce n’est quelquefois qu’une ligne très-étroite, ailleurs il y a plus de 2 lignes de largeur. A mesure que l’affection s’avance et que ses caractères se prononcent davantage, ce liséré prend une couleur qui rappelle le vermillon ; habituellement il est prononcé autour des incisives, mais on le voit fréquemment aussi au pourtour des molaires. Dans les cas où il est expressément prononcé, il s’accompagne assez souvent d’une hypertrophie des gencives.

On distingue facilement ce liséré de la rougeur des gencives, qui peut être produite par d'autres causes, à l’aide des caractères suivants : dans la gingivite qui se produit sous l’influence du mercure ou de l’iode, la rougeur est beaucoup plus diffuse, ou, si elle est limitée au bord libre des gencives, elle ne se perd pas aussi insensiblement dans la coloration des parties voisines.

Lorsque la rougeur des gencives est due unique-

(1) Lecture on consumption.

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