GUÉRISON DE L A PHTHISIE PULMONAIRE
la présence de quelques tubercules microscopiques dans le sommet du poumon, on ne peut l’attribuer raisonnablement qu’à la désassimilation de sels calcaires de l’économie et à leur expulsion du corps par les urines. On sait en effet que chez les tuberculeux, même au début, la sécrétion urinaire contient énormément de phosphate de chaux. Je vois des malades qui mangent beaucoup et qui maigrissent; chez eux, évidemment, les sucs alimentaires ne se fixent plus sur les tissus pour remplacer les molécules usées, et c’est de ce trouble fonctionnel que résulte l’excès de gélatine dans le sang et son dépôt dans le poumon. Si, sous l’influence de mon traitement, les malades reprennent de l’embonpoint, c’est parce que je fournis au ✓
liquide nourricier le phosphate de chaux nécessaire à la vie, et que je détruis la cause perturbatrice de la nutrition à l’aide de la mixture noire dont nous parlerons plus loin.
Rougeur des pommettes. — La rougeur des pommettes se montre ordinairement deux ou trois mois avant qu’on puisse constater la présence de tubercules dans le poumon , soit par la percussion soit par l’auscultation. Ce symptôme acquiert une très-grande importance chez les personnes nées de parents phthisiques.
Cette coloration anormale de la face est plus marquée chez les femmes que chez les hommes, et elle
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est très-rare chez les enfants au-dessous de dix ans.
La maladie apparaît rapidement lorsque la coloration des pommettes est vive et bien tranchée.
Si, à la suite de larges inspirations, la rougeur disparaît en totalité ou en partie, c’est que la congestion pulmonaire s’efface et que l’air peut encore pénétrer dans les vésicules respiratoires.
Pendant la marche de la maladie, le pronostic sera défavorable, si à la rougeur succède subitement une pâleur générale de la face, surtout si cette pâleur est d’une teinte mate plombée.
La rougeur des pommettes existe bien rarement chez les personnes douées d’un tempérament bilieux. .
Lorsque la rougeur des pommettes ne se présente que d’un seul côté, on peut déjà porter toute son attention sur l’état du poumon correspondant.
Psoriasis. — Aucun auteur n’a encore parlé du psoriaris qu’on rencontre chez un grand nombre de phthisiques. C’est un symptôme que je considère comme très-important, puisqu’il permet au médecin de reconnaître une affection tuberculeuse commençante chez toute personne qui tousse, alors même que tous les autres caractères viendraient à faire défaut.
Le psoriasis des phthisiques se fait remarquer à la face antérieure de la poitrine, aux genoux, mais le plus souvent aux coudes et sur la face dorsale de la
main, à l’articulation métacarpo-phalangienne du médius. Dans tous les cas, c’est le psoriasis discret ( guttata de Willan). Pour les malades, c’est une dartre. Il est caractérisé par de petites plaques squameuses qui s’annoncent par une élevure ; solide, rouge, du volume de la tête d’une épingle, et dont le sommet se couvre bientôt d’une petite écaille sèche d’un blanc mat. Ces plaques sont irrégulièrement arrondies, légèrement préominentes surtout * vers leur centre, et séparées les unes des autres par des
intervalles assez considérables. Lorsqu’on détache les écailles qui recouvrent les plaques, le derme paraît rouge et irrité, et lorsque les squames sont enlevées par des bains, des lotions ou des onctions, le psoriasis apparaît sous la forme de taches arrondies, de /
deux à quatre millimètres de diamètre, d’un rouge brunâtre et légèrement proéminentes.
La solidarité qui existe entre la peau et le poumon implique la nécessité de respecter le psoriasis, dans la crainte d’activer l’affection pulmonaire. Ainsi donc, toute personne qui tousse et qui est affectée de psoriasis, soit aux genoux, soit aux coudes, doit bien se garder d’en poursuivre la guérison.
Le psoriasis n’est pas dangereux, et sa disparition augmente toujours l’ affection de poitrine, è • -r Je ferai la même observation au sujet des fistules à l’anus et des leucorrhées, qu’on rencontre si souj
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vent chez les phthisiques. Lorsqu’on a l’imprudence de guérir ces maladies, on ne tarde pas à voir survenir des accidents qui jusque-là avaient été retardés, par ces écoulements, qui constituent une sorte de dérivation des mouvements lluxionnaires du poumon.
Chez les jeunes filles atteintes de pâles couleurs et qui s’enrhument facilement, il faut bien se garder d’employer les ferrugineux. M. Trousseau reconnaît lui-même, avec une franchise qui est d’un haut enseignement, qu’il a souvent hâté la ponte tuberculeuse et la mort, en donnant du fer à des personnes chloro-anémiques qui toussaient,
Tout le monde sait que des jeunes filles atteintes de chlorose mangent avec avidité de la craie, du plâtre, de la cendre, etc. Les auteurs déclarent avec beaucoup de naïveté que c’est, chez ces malades, une perversion du goût, seulement ils ne se donnent pas la peine d’en rechercher la cause; ils pensent que c’est bien assez d’avoir donné le nom de P ica à ce trouble fonctionnel. Cette cause est cependant bien simple : Dans la chloro-anémie, les globules du sang et les sels calcaires diminuant sans cesse, la réparation moléculaire s’ effectue d’une manière incomplète ; les sels de chaux de l’économie deviennent insuffisants, la gélatine prédomine, et alors l’instinct de conservation pousse ces malades à s’assimiler les sels terreux, qui se trouvent dans la craie, le plâtre, la
oendre, etc. , pour réparer les pertes subies par tous leurs tissus.
Les jeunes personnes atteintes de chloro-anémie ont une grande tendance à devenir phthisiques, surtout si les ferrugineux sont administrés sans précaution; on comprendra donc la nécessité d’employer mon traitement prophylactique de la tuberculisation pour combattre les pâles couleurs, lorsqu’on saura que cette médication ne présente aucun danger et qu’elle a pour effet de fournir au sang les principes réparateurs qui lui manquent.