‹ Guerre d'EspagneChapitre 111 sur 207 · JOURNÉES DES 16 ET 17 JUILLET · texte numérisé non relu

JOURNÉES DES 16 ET 17 JUILLET

troupes ennemies qui ont attaqué hier le général Belair, se sont dirigées avec celles qui étaient à Ubeda (Baëza), vers les gorges par Linharès et Sainte-Hélène, on doit penser que le général Dufour s'est mis à leur poursuite.

" Comme les instructions de Votre Excellence portent que je dois faire ma jonction avec le corps qui s'est replié sur Baylen, quoique harassé je partirai d'ici pour me rendre aujourd'hui à Guarroman, afin de regagner la journée que l'ennemi a sur moi, l'atteindre, le battre et déjouer ainsi ses projets sur les gorges. Je vais écrire au général Dufour pour l'informer de mon mouvement, savoir quelque chose de positif sur sa marche et sur les données qu'il peut avoir de celle de l'ennemi.

« Le corps ennemi qui a combattu le général Belair est évalué à 10.< >00 hommes. On n'a pu me dire le nombre de ce qu'il y avait à Ubeda. Il n'est rien passé de ces troupes à Baylen. Je désire recevoir cette nuit, à Guarroman, des ordres de Votre Excellence; j'en partirai de bonne heure.

« Je fais porter cette dépêche par 12 dragons; j'espère qu'ils ne trouveront pas d'obstacles. »

Dufour répondit « qu'il avait tenu en avant de Baylen jusqu'au moment où il avait su que 300 hommes du 7* provisoire avaient élé forcés à Linharès par 6 à 7.000 hommes dont l.OUO de cavalerie en h(ihi/< jaunes partis de Baëza; n'ayant alors aucune nouvelle du général Dupont, il avait cru devoir partir pour Guarroman, et avait appris en y arrivant que 9 à 10.000 ennemis étaient entre Linharès et Guarroman, marchant sur Sainte-Hélène,

provisoire.

1. Dufour à Vedel, Guarroman. 17 juillet. Que d'habits jaunes! A notre connaissance, seul le régiment de dragons Lusltania les portait de cette couleur, et il ne faisait point partie de Tarmée d'Andalousie.

Chemin faisant, Vedel se monta la tôle an j)oint de croire que déjà l'ennemi était à la Caroline. Dans son Bapport sîir les événements du 15 au 17 juillet, Dufour nous apprend à ce sujet qu'en arrivant à Guarroman, à dix heures et demie du soir, Vedel fut très étonné de l'y trouver parce gue^ prélendait-il, r ennemi était maître de la Caroline, et qu'en conséquence il lui donna l'ordre de s'y rendre sur-le-champ. « Bien persuadé que l'ennemi était à Linharl's, je lui observai que le mouvement sur la Caroline où j'avais déjà fait pousser une forte reconnaissance, devenait non seulement inutile, mais même dangereux ; que renurini n'arail pu sij porter (jiécir me passant sur le corps^ LduIc (iuI re (onimunicalioii <jiii' cvUr que foeeujmis étant inipnilicdhlf pour u/i eo/ps dr Irmiprs. Malmn'' mes observations, il insista pour que je me rendisse ;io;^ seulement à la Caroline, mais même <) Sain/e-Ilélène ; ajoutant qu'après avoir laissé reposer sa division quelques instants, il se rendrait lui-même à la Caroline. A cette détermination, je ne pus m'empêcher de m'écrier : > Mais qai' deviendra le (jénéral Ihipont ? )) 11 répondit qu'il avait laissé une hri(j<ide à Uai/len, commandée par Cavrois ; qu'au surplus il allait écrire au (jéuéral eu chef pour rinviter à se retirer sur-le-champ : qu'enlin il avait ordre de chercher l'ennemi, de le combattre et de revenir. Je lui observai que renuemi èiait à Jjnhnri's; (piii' d'ailleurs c'était par des reco/i/unssr//tres el non pus eu corps d'armée qu'il convenait de le chercher. Toujours persuadé que l'ennemi était à la Caroline, M. le général Vedel me donna derechef l'ordre de partir. De mon côté, voyant que toute représentation était inutile, je le priai de m'en donner l'ordre par écrit, ce qu'il fit dans les termes ciaprès :

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