Défense de Villoutreys
3. Nous soulignons les heures des dépêches et mouvements, autant qu'il est possible, car elles ont ici la plus grande importance.
CASTANOS REFLSF. INE SLSPENSION D ARMES 197
avoc Reding-. J'di rcfnsr. Pi'u a jirr<, j'fii mu Je-, Jrit n-s df Laiif/i(i. iiii' j(.ii<ntit s(i'-iiir (III,- 11', frtini'iis ih' /n'nïdmf h I n capituler. J'ai drrlarr qvf jf ik' h-ur armi-ihiis d'autre confJilinn 'pip d'f'trf jr/-ison/tirrs dr rpiprrc, permettant au péiii'i'iil t't aux officiers de conserver leur épée et un porte-manteau qui ne contiendra que leurs efïets personnels, en raison du pillage auquel ils se sont livrés dans nos cités. J'ai promis aussi qu'ils seraient traités avec les mêmes égards que les prisonniers faits dans la rade de Cadix, et avec la générosité qui caractérise la nation espagnole.
« Tandis que mes ordres s'exécutent, jai l'honneur d'annoncer à Votre Excellence que Dupont est cerné de toutes parts. »
Ainsi donc Reding n'a pu s'engager pour la division Lapefia et les troupes l'estée? à Andujar : il a demandé des ordres ;i Castaùos qui, débordant d'orgueil, rejeté jusqu'à la ^7/.^y^'^/^^7'o// ^/"^/////cn. En attendant que ses instructions lui parvinssent, et ce ne pouvait être qu'assez avant dans la soirée, Lapena attaque notre arrière-garde, franchit le Rumblar et s'établit sur les hauteurs de la rive gauche entre 4 et 5 heures; les troupes de Dupont sont entassées dans le ravin desséché de la Dehesa. 11 en informe Gastanos : « Dupont a demandé à capituler lorsqu'il a entendu nos coups de canon. Du pain, du vin, de l'eau-de-vie, je Vous prie par Dieu, pour mes soldats si patients et si dignes de la plus grande considération ^ ! » Sans savoir si le général en chef rejettera la suspension d'armes accordée par Reding, Lapena prend sur lui de la violer. Viennent les ordres, il occupe les hauteurs dominantes et nous foudroiera : hors d'état de l'en empêcher,
peiia à Ca^lanos, 2 heures et deinie du soir.
Lapehaà Castanos.
Camp près de Baylen, 19 juillet.
« Ce soir, j'ai envoyé le capitaine de dragons D. Ignacio Corral dire au général Dupont que mes opérations étaient indépendantes de celles de Reding, et que s'il ne se rendait immédiatement prisonnier de guerre avec tonte son armée ^ je ne pouvais moins faire qtie d'exécuter les ordres démon général en chef. Pressé par Corral, il a déclaré qu'il venait de vous envoyer un des premiers personnages de son armée et qu'il avait traité pour la suite à donner.
« Corral a observé la détresse et la mauvaise situation de l'ennemi, et je crois devoir vous en rendre compte.
« Je conserve l'excellente position que j'ai prise ce soir. Le pain manque, et le peu qui en est arrivé est mauvais. Ce pays, dans l'état où il a été laissé, ne peut rien fournir. »)
Mais ce n'est rien encore ; Reding réclamera le bénéfice d'une suspension d'armes refusée à son adversaire., et Lapeha criera à la trahison jjour V inobservation par Vedel d'une convention quil a été le premier à violer ! d'une convention qu'il sait rejetée par son chef!
Ne trouvant personne sur la route delà Sierra Morena, Vedel avait écrit le 18, à 10 heures et demie du matin, qu'il prenait position à la Caroline, qu'il se reporterait le lendemain à Baylen^, et queDufour, deson côté, se rabattrait de Sainte-Hélène sur Guarroman. Il y a 4 lieues et demie de la Caroline à Baylen ; en faisant diligence, la colonne pouvait effectuer le trajet en cinq heures. Ainsi, partant de la Caroline au point du jour, c'est-à-dire à 4 heures du matin, Vedel devail déboucher à 9 heures devant les hauteurs du San-Cristobal et de tAhorcado. Or
1. Vedel à Dupont, La Caroline, 18 juillet, 10 heures et demie du matin.
CASTA5tOS REFUSE UNE SUSPENSION d'aRMES 199
il n'arriva qu'à 5 heures du soir, étant resté 1 heures à Guarroman, à 2 lieues du champ de bataille, bien que depuis le matin on entendit la canonnade dans la direction de Baylen! «Au point du jour, les troupes se mirent en marche pour Guarroraan. A peine sorti de la Caroline, j'entendis le canon. L'allure de la troupe était aussi prompte que le permettaient l'incommodité d'une épaisse poussière, l'excessive chaleur et la nécessité de marcher dans le meilleur ordre pour avoir, au besoin, les troupes toujours ralliées et prêtes à combattre ; je pouvais rencontrer l'ennemi à la Caroline et à Guarroman. La prudence commandait les mesures les plus sages. La marche s'est trouvée parfois entravée par des accidents qui survenaient à l'artillerie, et souvent par l'attrait irrésistible de l'eau, où le soldat, enfouie, se portait pour étancher sa soif.
« Ce fut dans la matinée que f arrivai à Guarroman; je ne saurais en préciser l'heure. Le canon tirait encore; mais une halte était nécessaire après cinq heures de marche (5 heures pour faire 12 kilomètres) ; je l'ordonnai d'une heure. Demi-heure ou 3/4 d'heure après mon arrivée, le feu cessa. Je pensai alors pouvoir sans inconvénient attendre l'arrivée de la reconnaissance que j'avais envoyée sur Linharès. A son retour, je me mis aussitôt en marche (vers midi), laissant à Guarroman le général Lefranc avec le reste de la division Gobert et les cuirassiers commandés par le général Lagrange. Deux bataillons de cette division étaient restés à Sainte-Hélène, un dans le Despena Perros et 2 compagnies à la Caroline. A mon approche des hauteurs de Baylen, on aperçut quelques troupes : je les pris d'abord pour celles d'Andujar, présumant que le général en chef serait venu s'y établir pendant que j'étais à la recherche de l'ennemi dans les gorges de la Sierra Morena. Mais j'appris bientôt que c'étaient
200 GCERRE D ESPAGNE
des troupes espagnoles.. Je fis alors mes dispositions d'attaque * . »
Chacun jugera ce qu'il doit penser d'une telle conduite. Vedel ne marcha point au canon et transforma une victoire certaine en un lamentable désastre; Dupont capitula^ au lieu et place de Reding ! « Les inculpations de l'armée, qui lui a attribué une partie de ses malheurs, ont laissé des doutes qui pourraient faire juger ses intentions dèfavorahlement-. )) kïnsi s exprime le lieutenant du génie Thiébault, mais écoutons aussi Adrien Pascal :<( A 3 heures du matin ^ Vedel fut éveillé en sursaut par le canon de Baglen; il attendit jusquà 5 heures potir jjartir. Après 3 heures de marche^ il s'arrêta à Guarroman, à 2 lieues du champ de bataille ; le canon grondait encore et le crépitement de la fusillade arrivait distinctement à ses oreilles. Officiers et soldats comprirent instinctivement qu'une affaire importante se décidait, qu'une grande calamité pesait sur l'armée. Des murmures se firent entendre, on demanda à marcher en avant. La halte, qui devait être d'une heure seulement, se prolongea jusqu'à midi. A cette heure, le canon et le feu de la môusqueterie cessèrent de retentir, et un silence profond succéda à l'horrible fracas de la bataille. Vedel pensa que le danger était passé et laissa la halte se prolonger encore... Une telle conduite est inouïe dans les fastes de la guerre -^ »
Il était cinq heures du soir lorsqu'il déboucha devant les hauteurs du San-Cristobal et de l'Ahorcado, sur lesquelles Reding avait échelonné huit bataillons, et ses dispositions d'attaque étaient prises lorsque deux officiers espagnols accoururent en parlementaires lui dire qu'un armistice était conclu avec Dupont. «Prenant cela pour une ruse,