Métn. du prince de lu Paix
doute, mais il s'incline : « C'est un bienfait de plus, une véritable armée étrangère dont nous serons redevables à la générosité de l'empereur. » L'adulation ne pouvait s'abaisser davantage, et qui ne comprend que disposant en réalité des finances de l'Espagne, de l'armée, des vestiges de sa Hotte, une pente naturelle devait conduire Napoléon à passer de la jouissance à la propriété. « Une cour frivole et voluptueuse avait cru s'affermir à force de condescendance, de bassesses et de sacrifices. Misérable! elle ignorait qu'il ne sert de rien de caresser un serpent^ ! »
Nulle plus belle matière à exciter la verve des historiens espagnols ; mais s'ils font la sourde oreille, en France au moins l'amour-propre national s'incline d'autant plus volontiers devant le jugement de l'histoire que ce passé est mort et qu'il a été condamné. Déjà en 1821, le maréchal Gouvion Saint-Gyr disait : « Dès que l'invasion de la Péninsule fat connue, il n'y eut pas un citoyen dans l'empire, pas un militaire dans ses armées qui ne peusât et n'osât dire que l'Espagne n'avait pas donné à la France des motifs suffisants pour lui faire la guerre. Cette guerre était alors, comme aujourd'hui, reconnue injuste et par cela môme impolitique'-. »
Laissons l'Espagne gratifier de son admiration de médiocres généraux doublés de politiciens et s'aider des hyperboles coutumières pour idéaliser son « Dos deMayo » et Baylen, glisser sur les turpitudes royales, causes premières d'une atroce guerre de six années, et déchaîner sa colère sur Napoléon. Vains efforts! l'histoire n'a que faire des manifestations d'un faux patriotisme ; tôt ou j tard, en même temps que les événements, les responsabilités sont établies. Des tirades haineuses et délirantes,