RAPPORTS SUR LES OPÉRATIONS DE HAYLEN
l (io Coupigny, les seules qui furent engagées, comptassent à peu près lk(30U hommes, on en détacha un corps considérable pour observer les mouvements du général Vedel;
« 2° Ses dispositions pour attaquer nos divisions devant Baylen étaient faites, lorsque celles-ci prenaient l'ordre de marche ;
« 3° Son artillerie était beaucoup plus nombreuse ;
« 4° Attaquant, elle avait d'incalculables avantages sur un adversaire pour ainsi dire surpris en marche :
i< 5° Son organisation en généraux, officiers de ImuI -rade était complète ; ses trains étaient bien conditionnés et rompus aux mouvements en colonnes et manœuvres ;
« 6° Enfin, ses troupes étaient bien disciplinées, aguerries et accoutumées à vaincre '.
« Cette armée, si supérieure à la nôtre, n'a point été seulement battue et mise en déroute, elle a dû rendre les armes, éprouvant la suprême humiliation militaire qu'elle avait infligée à toutes les autres nations de l'Europe : et les célèbres aigles impériales qui les soumirent sont devenues le trophée de l'heureuse armée espagnole d'Andalousie dans les champs de Baylen. Dans une lutte ><" inégale, nos troupes se sont surpassées par leur héroïque constance; affrontant les dangers, les fatigues, le froid et la chaleur, elles déployèrent tant de fermeté contre les attaques de l'ennemi que chaque soldat semblait avoir jeté de profondes racines dans le poste qu'il défendait-, et montrèrent tant de vivacité et d'ardeur en
1. Si l'on rapproche la situation des divisions Barbou et Frésia, au 9 juillet, et ce que nous savons de leur organisation, de leur discipline et de leurs effectifs, des allégations de Castaàos, on reconnaîtra que la supériorité se trouvait du côté des Espagnols. Les divisions Vedel et Gobert ne valaient même pas la division Barbou. Whittingham en fut frappé.
2. Cada soldado parecia hnher echado profundas raices en el piieslo que defendia.
chargeant les Français, que ceux-ci n'ont jamais rien vu de pareil dans aucune des nombreuses armées avec lesquelles ils se sont mesurés.
« Le digne corps de l'artillerie royale a immortalisé sa gloire, à l'admiration des deux armées, et l'on peut assurer que la rapidité de ses mouvements et la sûreté de son feu (qui démonta 14 pièces à l'ennemi) annoncèrent la victoire longtemps à l'avance, ou pour mieux dire, la fixèrent dès le début de l'action.
« Telle est, en résumé, la mémorable bataille de Baylen. Votre Altesse a honoré mon peu de mérite en me confiant le commandement de troupes en majeure partie composées de conscrits ; mais c'étaient des Espagnols et ce sont aujourd'hui des héros ; ils ne m'ont rien laissé à faire ni à désirer pendant la bataille, et maintenant je me vois confus, ne trouvant point d'expressions suffisantes pour dire combien ils méritent de la patrie. »
Whittingham à ï)alrymj}le,.
Andujar, 25 juillet.
<( Le 23, à 4 heures du matin, les troupes des 3* et 4" division ont été formées en ligne de chaque côté de la route, à environ 3 kilomètres du camp français. Le général Gastafios et son état-major se sont placés à la droite, vers Baylen. A 7 heures, la tète de la colonne française a commencé à défiler devant les troupes espagnoles.
« Les troupes françaises étaient dans le meilleur ordre et certainement parmi les plus belles que j'aie jamais vues ; 5.500 hommes, dont 1.200 de cavalerie, suivis de 20 pièces de canon, défilèrent devant l'armée espagnole et déposèrent leurs armes, à 1.500 mètres de distance.
RAPPOUTS SUR LES OPERATIONS DE BAVLEN 23 i
« Il paraît que les forces de Dupont, à la bataille de Baylen, dépassaient 9. 00<) hommes, savoir: