‹ Guerre d'EspagneChapitre 140 sur 207 · déserteurs · texte numérisé non relu

déserteurs

'< Le général Reding avait une force nominale de 15.000 hommes, dont 3.(J<X) organisés en bataillons de paysans s'enfuirent au début de l'action et n'ont plus été re\ais. Sur les 12.00<J restants, il y avait au moins 5.000 conscrits mêlés aux troupes régulières.

« Le général Dupont a fait sept attaques partielles et quatre générales sur les lignes espagnoles et il a été constamment repoussé à grandes pertes. L'artillerie espagnole a accompli des prodiges. En moins de deux heures, elle a démonté 14 pièces ennemies, et ses décharges à mitraille sur la ligne française, lorsqu'elle se portait en avant, ont produit le plus bel effet.

« Si nous ajoutons les 400 malades laissés à Cordoue et les grandes pertes que l'ennemi à subies à Mengibar et à Villanueva, il est évident que la division Dupont comptait dabord 12.1MJ0 hommes.

« Le 24 juillet, à Baylen, à 9 heures du matin, la division Vedel, consistant en 9. 100 hommes, dontl.ôOOde cavalerie, a déposé ses armes et pris la direction de Mengibar.

« La cavalerie de cette division est en bien meilleur état que celle de Dupont. L'infanterie ne ma point parue aussi bonne. Il y a maintenant quarante jours que Castafios arriva à Garmona, où son armée se composait de

1. D'où vient ce chiffre? Comment a-t-il été constaté ? Il apparaît là comme un appoint destiné à grossir l'eflectif des troupes de Dupont et à leur donner la supériorité numérique. Nous faisons toutes nos réserves; le cercle d'investissement était si bien fermé, et par de telles masses, qu'il n'était point possible d'y faire une trouée. Par où ces 1.100 hommes se seraient-ils fait jour, et où se seraient-ils portés?

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3.000 hommes de troupes régulières et environ 15.000 paysans, qui se désiionorèrent à raiïaire du pont Alcolea. Dans ce court espace de temps, Son Excellence a organise une armée dont la valeur et la discipline lui ont permis de battre 21. 000 Français et de les réduire à l'ignominieuse nécessité de déposer les armes. »

Il y aurait certes beaucoup de réserves à faire. Nous en laisserons le soin à ceux qui reliront la lettre de la Junte de Sévilleendatedull juillet' et consulteront les situations des troupes espagnoles d'Andalousie aux 20 mai et 19 juillet. Des conscrits ? Le corps de la Gironde n'était composé que de jeunes soldats ; et encore, au lieu d'être encadrés dans de vieux régiments par des officiers dans la force de l'âge, constituaient-ils, avec des cadres usés et tirés des dépôts, tout un assemblage de formations bâtardes, incohérentes, sans esprit de corps; bref, la « pétaudière» de Belliard. On remarquera aussi qu'au dire de Castafios les troupes de Dupont défilèrent devant lui, le 22, au nombre de 8.242 hommes, et celles de Vedel, le 23, fortes de 10.000, alors que Whittingham parle de 5.500, le 23, et 9.100, le 24. La ditférence des dates importe peu, mais celle des effectifs est par trop considérable, et l'on croirait vraiment que Castafios a compris les morts parmi les prisonniers. L'hypothèse n'est point si ridicule, car c'est par ce moyen qu'il est parvenu à établir l'égalité, ou voire môme l'infériorité des forces de lieding, alors qu'il est dûment constaté que, conscrits ou non, ce général avait 17.000 hommes, dans de vietix régi/ncnls, et Dupont 8.000 conscrits incorporés dans des formations de hasard. Ces 17.000 hommes ressortent de la situation de l'armée de Castafios, dans laquelle ne figurent ni les bataillons de paysans, ni même la division de montagne de D. Juan de la Cruz.

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