I. Cf. Journal du général Privé
eireclivement, vers une heure du matin, et nous passâmes tranquillement. Le 13 au matin, nous arrivâmes au port Santa-Maria, oiî nous comptions être embarqués de suite pour la France. Nous y fûmes reçus, comme à l'ordinaire, par des nuées de pierres et d'injures. On vint nous prévenir que les bâtiments de transport n'étant point assez vastes, on ne pourrait emporter avec soi qu'un seul porte-manteau ; nos eiïcts restants devaient d'ailleurs être enregistrés à la douane, où l'on devait nous en tenir un compte exact. Nous vîmes bien, dans ce moment, que l'on n'embarquerait point nos chevaux, et nous en fîmes le sacrifice, nous voyant prêts à quitter cet infernal pays. Aussitôt des cris se font entendre, et je vois une populace eiïrénéc se précipiter avec fureur sur les fourgons des généraux, briser en mille pièces toutes les voitures et traiter avec la dernière cruauté des hommes respectables qui, dans une circonstance moins malheureuse, leur avaient donné des exemples de modération et de boutée Le vieillard comme le jeune homme, rien ne fut respecté; nous crûmes que des ordres avaient été donnés et qu'on devait nous fusiller tous sur la ])lace de Santa-Maria. Les habitants venaient nous otTrir un refuge contre l'orage et nous entraînaient dans leurs maisons; aussitôt qu'on y était entré, on nous dépouillait et l'on nous chassait; ensuite on était fort heureux quand on n'était point frappé de quelques coups de poignard. J'ai vu une femme, ou plutôt une furie, introduire sa main dans la culotte d'un officier pour lui arracher les testicules ; ne pouvant y parvenir, elle coupa avec ses dents un doigt de la main gauche de cet officier qui cherchait à l'éloigner pour éviter sa rage. Je puis attester que des moines, qu'on aurait du voir dans celte circonstance comme des médiateurs, étaient