A quel événement l'auteur fait-il allusion
au contraire à exciter celte vile populace contre nous. On a vu ces brigands offrir des poignards pour percer les victimes qu'ils désignaient du doigt.
« Je fus assailli par quatre grands coquins qui, pour avoir meilleur marché de moi, commencèrent par me donner un coup de poing dans la poitrine, qui me renversa et me fit venir le sang dans la bouche. Je fus dépouillé entièrement, et l'un d'eux tira de sa gaine un large couteau qu'il me passa sur le ventre pour me couper ma ceinture, où û y avait 1.454 francs en or. A l'approche de ce maudit instrument, je crus qu'il allait m'éventrer, je lis un mouvement pour me sauver, mais un coup de bâton sur la tète me fit retomber de nouveau. Sans forces, rempli de sang et presque nu, mon domestique me prit suu son dos et me jeta dans une barque qui me mena à bord du Prince des Asturies, vaisseau-amiral de 123 canons... On ne voulut point nous recevoir... On nous conduisit à bord de la Montaher où Ton nous laissa, mes camarades et moi, étendus sur le pont pendant le reste de la journée, sans nous donner le moindre secours. L'équipage s'étant révolté et voulant nous jeter à la mer, le capitaine nous en prévint et nous fûmes obligés d'aller sur un bâtiment stationnaire où nous passâmes la nuit sans avoir rien mangé depuis notre départ de Lebrija. Cependant, le lendemain, on nous apporta du riz et du pain. Nous restâmes, le 14 et le 15, à bord de ce bâtiment. Le, 10, on nous mit sur le Vencedor, vaisseau de 72. De nouveaux projets de nous assassiner, par l'équipage, nous en firent partir le même jour pour cette même ville de Santa-Maria, premier ihéàtre de nos malheurs. Nous y entrâmes entre deux doubles haies de gardes espagnoles. La fureur du peuple immença à renaître à no/rr appert, rt l'on pnrrint à ' calmer en faisant une décharye de mousquet eru' qui tua ^ à 20 paysans. On nous mit dans le couvent des mis-
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sionnaires, où nous fûmes gardés par un bataillon de la milice de Cadix. // y avait chaque jour dans la ville des affaires entre les paysans et 1rs troupes^ et ces furieux tentèrent plusieurs fois de mettre le feu au couvent pour nous rôtir tous, ne pouvant nous massacrer... Enfin, le 5 septembre, nous fûmes embarqués à bord d'un bâtiment sarde qui partait pour la France. Nous attendîmes les généraux, qui avaient été séparés de nous depuis notre entrée à Santa-Maria. Nous mimes à la voile, le soir môme, dans notre polacre, qui contenait 10 généraux, 90 officiers d'état-major, 50 domestiques, quelques passagers et l'équipage... Nous nous présentâmes devant la rade de Toulon, le 20 septembre. »
Vainement, le jour même du pillage de Santa-Maria,. Dupont réclama-t-il auprès de Morla; il ne s'en attira que de nouvelles insolences.
Morla à IhijtnntK Cadix, 14 août.
« J'ai reçu avec la plus grande surprise votre lettre d'hier, par laquelle, invoquant les principes de l'honneur et de la probité, vous me réclamez les équipages, l'argent, le mobilier, les chevaux et autres objets à vous appartenant et aux généraux qui vous accompagnaient, que la populace du port de Santa-Maria vient de détruire et de saccager. « Les horribles crers de celle jiopalace, ditesvous, 7n^ont fait gémir, jaloux cjucje suis de la cjloirc espagnole. »
« Sans doute la conduite de la populace m'a été très sensible, non parce que ses actes ont été honteux, mais parce qu'elle a manifesté de la défiance à l'égard du gouver-