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Arch. Guerre

VIOLATION Di: LA CAPITULATION 2j3

nement et des magistrats, et s'est rendue elle-même justice ; parce qu'il pouvait arriver que, furieuse, elle remplît le vil et horrible office de bourreau, se souillât du sang du prisonnier désarmé et ternît la gloire de ses compatriotes en versant le sang qu'ils ont épargné sur le champ de bataille. Telles sont les véritables causes de mon agitation et de ma sensibilité : elles m'avaient conduit à écrire au colonel D. Juan Creagh de vçus représenter qu'il serait convenable, pour votre sécurité et celle de ceux qui vous accompagnent, de consentir à une prudente visite et au dépôt des équipages, avant de quitter Lebrija, de passer de nuit à Xérès, de vous mander enfin que votre conduite prudente et votre soumission pouvaient seules vous sauver de l'indignation du peuple. Jamais il n'a été dans mon intention, et moins encore dans celle de la Junte suprême^ que vous et votre armée emportiez de l'Espagne le fruit de votre rapacité, de votre cruauté et de votre irréligion. Eh! comment avez-vous pu croire que nous serions aussi stupides et aussi insensibles? Une capiliilalion qui ne parle que de la sécurité des équipages peut-elle assurer la propriété des trésors que les assassinats, la profanation de tout ce qui est sacré, les cruautés et les violences ont accumulé dans l'armée, à Cordoiie et antres villes? Non, il n'est droits ou principes qui pre^criviiit de garder foi et môme humanité envers une armée qui a envahi un royaume allié et ami sous des prétextes captieux et fallacieux, qui s'est emparée avec la même fourberie, dr son roi innocent et de toute sa famille, qui leur a arraché des renonciations impossibles en faveur de son souverain, qui, grâce à elles, s'est crue autorisée à saccager ses palais et ses villes, et qui. parce que nous n'acquiesçons point à d'aussi iniques procédés, profane et pille nos temples, assassine leurs ministres, viole les

vierges et les souille, au caprice de son barbare plaisir s'empare de ton t ce qii'el le peut transporter et détruit le reste Est-il possible qu'elle ait l'audace de se dire opprim(5e, en se voyant priver des fruits horribles de son iniquité, ai à' invoquer les 'principes de r honneur et de la probité?

« Jusqu'à présent ma modération naturelle m'a engagé à vous montrer des égards dans ma correspondance; mais je n'ai pu m'empêcher d'esquisser votre conduite à la vue de vos extraordinaires demandes ; elle reviennent à me proposer ceci : Haccagrz //"x frmplc^. et 1rs hnhitants de Cadix /)oar me di''donmKfip'r de <(' qar la populace du pori Sanla- Mu/ia a/\/ r//lrrt'\ cl iiiir j'ar/iis pillé avec tant d'ulrocilc, de riidcner cl de turpitude à Cordouc^.

(( Dépouillez de senil)lablos illusions, et qu'il vous suffise que la nation espagnole, par son noble caractère, s'abstienne de faire le vil office de bourreau.

« Je ferai tout ce qui sera possible pour votre sécurité personnelle, et les plus grandes diligences pour que vous soyiez au plus tôt transporté en France.

« C'est tout ce que j'ai à vous répondre; etc., etc. »

Il est bon qu'on le sache, les lettres de Morla étaient autant de manifestes destinés a la publicité, et la Junte de Séville en ordonna l'impression. Elles expliquent et prétendent excuser le pillage et les violences de Santa- Maria, la violation môme de la capitulation. S'il pouvait subsister le moindre doute sur l'état des esprits en Andalousie et dans toute la Péninsule, après Baylen, il suffirait de rappeler que Morla « reçut des lettres ation^/nws de différentes villes d'Espagne^ par lesquelles ou sejfofniil de le convaincre qu'il étuit de son honneur, de la justice l'I du hivii de lu nation, de.rler miner Dupont et les autres généraux français : quelques-unes de ces lettres vou-

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