‹ Guerre d'EspagneChapitre 147 sur 207 · Les passages soulignés le sont dans le texte · texte numérisé non relu

Les passages soulignés le sont dans le texte

talent même que cette sanglante exécution s'étendit à tona /es prisonniers.

« Je n'exerce, répondit-il, aucun pouvoir suprême : c'est la Junte de Se ville qui a prononcé le rapatriement de Dupont et des autres généraux français. Je n'ai eu qu'à obéir... Si Murât, si Dupont et les autres troupes qu'ils commandaient ont assassiné, violé et pilié jusqu'aux temples, ils l'ont fait sans ordres, ou sur les ordres de leur souverain : dans le premier cas, il les punira, et, dans le second, nous ne devons les châtier qu'en opposant la force à la force au moment de l'action; mais nous ne devons pas les égorger lorsqu'ils se sont rendus et qu'ils ont déposé les armes sur la foi d'une capitulation accordée par l'autorité légitime. En pareil cas, Napoléon ne manquerait pas d'user de représailles, et les exécutions qui en résulteraient feraient amèrement pleurer ceux mômes qui, en ce moment, demandent le supplice de Dupont. Vous me diriez alors : « Morla, n'aurais-tu pas dû prévoir les « funestes effets de nos désirs? Comment as-tu pu y « céder?... Si tu les as prévus, tu es un traître, et si tu <( ne les as pas prévus, tu es inepte. »

« Le défaut de réflexion du vulgaire lui fait souvent approuver les plus grandes sottises, et voilà pourquoi les paysans, les femmes surtout, maltraitent les prisonniers : >'ils le font, c'est qu'ils n'ont point à redouter les représailles et ne songent point à celles que l'ennemi exercera à son tour. Celui qui à chaque instant est exposé aux cruautés que l'ennemi peut exercer surlui i)ar lepri-^aille-. celui-là est généreux et humain. Les habitants éloiiinésdu théâtre de la guerre, ceux qui sont exempts du service militaire, ceux qui alTectent une valeur qu'ils n'ont pas, t'ont les fanfarons et critiquent les opérations, voilà les hommes qui. n'ayant que le courage des bourreaux, veulent en remplir l'office et massacrer ceux que leurs

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généreux concitoyens ont vaincu. Do môme que les bourreaux, ils ne sont bons qu'à égorger des hommes sans défense... De môme, ceux qui viennent de piller les prisonniers ne l'ont point fait dans la noble intention de fournir à l'Etat les moyens de continuer la guerre, ou de restituer ces vols à leurs légitimes propriétaires, mais bien dans celle de s'approprier ce butin...

(( No point offenser les prisonniers, ne point venger les injures sur des malheureux, pardonner..., telles sont les vertus inséparables du caractère espagnol. 11 n'y a que le vice enraciné et la plus grossière stupidité, qui soient capables de les effacer. Toutes les nations civilisées ont adopté les maximes d'un Dieu sauveur qui, en expirant, priait son père pour ses bourreaux...^.»

L'état-major du corps de la Gironde et les généraux de la première colonne ayant été embarqués le 5 septembre, il s'agissait de convoyer ceux des divisions Vedel et Dufour. A son tour, par sa lettre du 16 août déjà, Vedel avait tenté d'obtenir pour ses troupes rexéciilion de la capitulatioQ : n'étant point prisonnières de guerre, elles devaient bénéficier des avantages particuliers que le traité leur concédait. Or Morla ne cessa de lui opposer des lins de non-recevoir en équivoquant, argumentant et jouant l'indignation, ainsi qu'il l'avait fait avec Dupont, mais d'une manière plus brutale encore, si c'est possible, et sur un ton de condescendance.

Morla à Vedel'^.

Cadix, 18 août.

« J'ai reçu la lettre que vous avez jugé à propos de m'écrire,oii vous insistez sur l'entière exécution delacapi-

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