Savary à Dupont, 21 juillet (Arch. Guerre
après cette réunion, la nouvelle du désastre de Baylen arriva, on discuta au palais s'il fallait évacuer la capitale, ou traiter avec l'armée de Castanos^. »
« Je compte, écrivait Joseph, sur l'efFet de mon arrivée à Madrid, et de ce que je me propose de dire aux ?noi?ies et (tu clergé-. » Mais ici, il fut moins heureux, bien qu'à son avis, leur ayant parlé pendant une heure, il lui ait paru qu'ils étaient partis dans de bonnes dispositions^. Dans un discours dont la première phrase était en espagnol et les suivantes en italien (langue que la plupart ignoraient), le roi leur dit sérieusement : « Dieu peut tout et sa volonté seule règne. Il n'est pas permis de douter de cette vérité; on doit s'y soumettre : c'est le devoir de tout bon catholique. Tout ici-bas porte l'empreinte du doigt de Dieu. Si les Bourbons ont été précipités de leur trône, c'est Dieu qui les a marqués du sceau de sa réprobation. Si ma dynastie a succédé à la leur, c'est que Dieu l'a permis : ne pas m'obéir serait désobéir ù Dieu''. » .
On dira, quelle naïveté! mais non; à Girardin qui le plaisantait sur son homélie, Joseph répliquait qu'd était hors de doute que son élévation au trône d'Espagne ne fût Vouvrage de Dieu., qu'il ne se trouvât éi Madrid par sa volonté, que c'était à Dieu à soufpiiir stui luivruge. Et Girardin de lui conseiller néanmoins de s'en rapporter, pour l'étayer, à 300.000 hommes de troupes françaises. « Vous nétes que le vice-roi de Napoléon... Il est le tronc de l'arbre dont vos frères et vous vous êtes les branches. Vous voulez être Espagnol; or Napoléon est tellement jtuisstml . même dans votre capitale., qu'il vous ferait arrêter jusque dans votre palais. Il ne vous a point fait venir en Espagne pour augmenter le nombre des ennemis de la France'^. » Rien