‹ Guerre d'EspagneChapitre 154 sur 207 · Journal de Girardin, II · texte numérisé non relu

Journal de Girardin, II

n'y fit; en dépit des remontrances de Laforèt, « qui le menaçait du courroux de son frère et le mettait, pour ainsi dire, sous sa tutelle' », Joseph cherchait avant tout à ga- ^er le cœur des Espagnols. Il est vrai de dire qu'il désespérait d'y parvenir. <- L'état de Madrid est le même : l'émigration continue dans toutes les classes : c'est le même feu qu'en 89.

« Nous n'avons bientôt plus le sou ; toutes les provinces sont occupées par l'ennemi, qui est partout. Henri IV avait un parti, Philippe V n'avait à combattre qu'un compétiteur; et moi, j'ai pour ennemi une nation de douze millions d'habitants, braves, exaspérés au dernier point. On parle publiquement de mon assassinat : tout ce qui a été fait ici le 2 mai est odieux ; on n'a eu aucun des ménagements qu'il fallait avoir pour ce peuple. Sa passion était la haine du Prince de la Paix ; ceux qu'elle a accusés d'être ses protecteurs en ont hérité et m'ont transmis cette haine.

« Il faut des forces immenses et beaucoup de millions, et le rappel de quelques voleurs et des gens exécrés par la nation...

« Non, Sire, vous êtes dans l'erreur; rofre gloire échouera en Espafjne. Mon tombeau signalera votre impuissance. Tout ceci arrivera, car je suis décidé à ne pas repasser l'Ebre'-. »

Ne pas repasser l'Ebre ! Il allait en donner l'ordre...

Napoléon à Joseph.

Boi'deauj\ 31 juillet.

« Le style de votre lettre ne me plaît point. 11 ne s'agit pas de mourir, mais d'être victorieux ; et vous le serez.

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