‹ Guerre d'EspagneChapitre 167 sur 207 · Joseph à Napoléo7i, 28 juillet · texte numérisé non relu

Joseph à Napoléo7i, 28 juillet

licence était portée à ce point que, dans notre camp, on volait même les équipages du roi. On a su, ou du moins on a dit que l'avant-garde de Castanos était entrée le l" août, à t) heures du soir, à Madrid. On avait cherché à cacher ces nouvelles ; mais ce fut inutilement ; répandues dans l'armée, elles en accrurent l'inquiétude; et ilfaut le dire, l'inquiétude des soldats avait gagné les chefs. Chacun n'y songeait guère qu'à soi... Les soldats tuaient des moutons en quantité suffisante pour nourrir une armée de 80.000 hommes. Des coups de fusil tirés par les maraudeurs se faisaient entendre de tous les côtés, et je crois qu'il n'en eût pas été tiré davantage si nous eussions été attaqués par l'ennemi. Nous n'étions pas dans une situation aie combattre: notre artillerie surtout était dans l'état le plus déplorable. On avait fait sauter 60 caissons dont les roues étaient brisées... Les soldats s'attendaient à chaque instant à se voir surpris par l'armée de Castanos, et leurs craintes étaient partagées. Brûler est un plaisir dont ils ne peuvent se lasser, ils mettaient le feu aux champs de blé à la veille d'être récoltés, et le feu n'était pas plutôt mis dans un champ que l'œil découvrait, bientôt après, une vaste étendue de flammes; à peine étionsnous sortis des chaumières où nous avions passé la nuit qu'elles étaient en feu. La guerre met à l'aise tous les vices que l'ordre social s'occupe de maintenir'. » Voilà pour les amateurs de couleur locale. El pourtant on ne faisait que des étapes de 16 à 18 kilomètres ! Et pourtant, le jour même de notre départ, loin de songer à nous poursuivre, — il en eût été fort empêché — Castanos faisait à Se ville une •^ntrée triomphale. On peut lire en effet dans la Gazette mini.ité/'ie/lf, organe de la Junte, les détails de la réception enthousiaste qui l'accueillit : « Lundi 1"' août, à 10 heures du matin, arrivèrent dans cette capitale

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