Napoléon à Cambacévès. Finkeenstein, 10 avril
« peuple esl la même que celle de Votre Majeslé.La guerre « (F Espagne est politique y elle est juste ^ elle est nécessaire. » La servilité s'abaissait jusqu'à l'apologie d'un crime de lèse-nation, elle voulait y associer la France!
Ce n'est point d'aujourd'hui que le problème se pose devant nous ; notre conviction est absolue : Les désastres de 1813 et 1814 ont leur origine dans l'assassinat de r Espagne, perpétré en 1807-1808 politiquement puis à main armée.
Si exorbitante et si draconienne qu'elle fût, la conscription dut se tenir à la hauteur des circonstances, et en présence du péril national, on ne saurait taxer d'arbitraire l'usage qu'en fit Napoléon. Certes, il serait fort embarrassant d'indiquer les ressources qu'un tel homme aurait négligé d'utiliser et qui eussent allégé les charges publiques. Descendant en droite ligne de la Révolution, l'Empire héritait de l'ardente animosité de l'Europe monarchique et antilibérale, et en matière de conscription, la Révolution s'était servie de procédés nonmoins désastreux.
A ses débuts, Napoléon acheva d'épuiser les classes de 1801 à 1805, imitant en cela le Directoire et le Consulat, qui avaient fait marcher la totalité des classes antérieures. Le même sort attendait celles de 1806 à 1815, et ] ' m peut dire que, si l'abus de conscription ruina la France, /". responsabilité en incombe autant aux Gouvernements qui précédèrent V Empire qu'à V Empire' lui-même , ainsi qu'on le croit communément.
x\ partir de 1806, chaque année, outre la levée annuelle, soit normale, soit anticipée, il y eut des rappels de classes u levées extraordinaires, suivies d'autres que l'on dési- .^nait sous les noms de levées complémentaires et supplémentaires et destinées à combler les déficits après l'arrivée des conscrits au corps (désertions, morts par maladie dans les dépôts, réformes, etc.). Dans ces conditions, comme en
raison du nombre parfois énorme des insoumis et des fuyards en route pour rejoindre les dépôts, il était de toute difficulté de fournir le contingent, on conçoit que les Conseils de recrutement fonctionnaient en quelque sorte en permanence, ce qui ne pouvait manquer d'irriter la population et de lui enlever toute sécurité. Un exemple, celui des levées opérées de 1806 à 1808 dans le département de la Haute-Garonne fera saisir les dangers d'une situation aussi extraordinaire ; il suffira d'un modeste tableau donnant les chiffres avec une certitude absolue, car ils sont extraits d'étals dresses par le préfet Desmousseaux K Dans cet intervalle de trois ans, non seulement les 5 classes de 1806 à 1810 furent appelées à trois ?'eprises différentes, sous la rubrique de levées extraordinaires supplémentaires eico)nplétnentaires\es conseils de recrutement durent procéder à de nouveaux tirages sur lesdites classes, La raiïe — qu'on nous permette cette expression — fut complète.