Urquijo à Cuesta> Vitoria, 14 avril
son maître de substituer sa famille à celle des Bourbons. Deux cents curieux sont masse's sous les fenêtres, dont quelques Espagnols : il se pre'cipite au balcon et crie à plusieurs reprises : «Je suis trahi! » et une voix s'élève de la foule. « Nous vous enlèverons tous et vous ferons évader, si vous le voulez * î » L'Espagnol est là tout entier, brave, plein de défi et superbe d'indignation.
Le même jour, ou plus exactement dans la nuit du 20 au 21, le prince de la Paix est extradé de la prison de Villa Vicosa par ordre de Murât et conduit sous escorte à Bayonne où il arrive le 26. Les vieux souverains quittent à leur tour l'Escorialle 22 et font leur entrée dans la place le 30; le roi, usé par le chagrin, goutteux et pouvant à peine se soutenir ; la reine, bouleversée par la crainte que Ferdinand n'eût dévoilé a l'arbitre de leur dillerend les ignominies de sa conduite il celles du prince de la Paix, car enfin n'avait-elle point été soupçonnée d'avoir empoisonné sa belle-fille, et son amant de n'avoir manqué que de courage pour faire assassiner son lils-I Ah! elles sont édifiantes les lettres de Maria Luisa à Murât! On en a dit justement qu'elles resteront comme des monuments impérissables de la dégradation mor-ale de cette famille-^
Dans ses Notes inédites, le colonel de Baudus a relaté le passage du prince de la Paix et des souverains à Burgos, où le maréchal Bessières avait son quartier-général. « L'exaspération qui régnait contre le prince était si viobmteque, pour le sauver de la fureur du peuple, les autorités fi-ançaises n'osèrent lui faire traverser les grandes villes que pendant la nuit : aussi n'arriva-t-il à Burgos que vers les deux heures du matin. Si je reçus avec satisfaction la mission d'aller le trouver à son passage, j "eus pourtant à com-