Observations sur la relation du général Dupont
3i Observations de VedeL
à près de 2.<J00 hommes par les uns, à 1 bataillon par les autres, auraient offert le renfort d'une troupe fraîche aux bataillons fatigués de l'action du 19.
E/i refusant ce parti, le gênerai Dupont avait fait dire au général Vedel dopérer sa retraite sur la Sierra Morena. Déjà ce moiivementétait commencé quand un aide de camp du général en chef apporta l'ordre de le suspendre. Toutefois le général Vedel prit sur lui de le continuer. Il arriva à Sainte-Hélène, le 21, à midi. Là il reçut par écrit, d'abord du général Legendre et une heure après, du général Dupont, l'ordre de rtister oii il était sans rt'trograder , attendu que sa division était comprise dans le traité fait avec le général espagnol.
Vous remarquerez
del déclare que « plusieurs fois « dans la journée, l'ordre lui fut « donné, puis i< tu ido profiter de « la nuit pour s' cl happer et aller « couvrir MadridK »
Il arriva, le 21 au matin, à la Caroline et continua sur Sainte- Hélène après une courte halte.
Nous touchons ici au nœud de l'affaire. Pourquoi les divisions Vedel et Du four furent-elles comprises dans la capitulation ? Pouvaient-elles rrfjarjner Madrid?
Pourquoi Dupont Ifur ordonnat-il de s'arréttr? Enfin, en avaitil le droit?
On courrait le risque de s'égarer, si l'on oubliait les conditions exorbitantes de Castanos, la menace incessante d'une rupture de la négociation et du massacre des divisions Barbou et Frésia, c'est-à-dire d'un acte de brigandage, et comme corollaire, la situation horrible, désespérée du général Dupont hésitant entre le sacrifice de ses troupes et l'espoir d'améliorer leur sort en appelant à le partager celles de Vedel, auquel l'ennemi ne pouvait refuser certains
1. Second compte rendu des opérations de Dupont. Journée du 20 juillet.
que ces lettres sont du 21 juillet, qu'elles sont arrivées à Sainte-Hélène au milieu du jour, qu'elles ont été conséquemmentécrites le 21, de bonne heure, qu'elles annoncent la conclusion du traité, qu'elles disent que la capitulation a eu lieu.
Et pourtant cette capitulation n'a été signée que le 22, et le 22, la division Vedel, abandonnée à ellemême, était sauvée. Ils le sentaient, les officiers généraux et supérieurs, dont la généreuse insubordination se refusait à subir le joug honteux qui lui était imposé. Un sentiment d'honneur combattait le devoir et l'obéissance. Ce fut à ce dernier que céda le général Vedel, et sa division, sacrifiée attendit dans la consternation la destinée inconnue que la capitulation lui préparait, ou
Marescot, en effet, n'a cessé de répéter — et le conseil a négligé de l'inviter à s'expliquer — que (( Diq^tont voulait lier le sort de M. le général Vedel au sien », que « le 20, au moment d'aller « parlementer ^ il lui dit formellement^ en 'présence de p/usieurs généraux que son inlention élail que ee général fût compris dans la capitulation''. » La conduite de Dupont ne peut avoir d'autre explication que celle qui vient d'être donnée et à laquelle peut s'ajouter la conviction que Vedel se trouvait, lui aussi, coupé de Madrid et dans l'impuissance de s'échapper. Le rapprochement des déclarations de Chahert, Marescot et autres., conduit, après un examen attentif, à rejeter comme une fable intéressée les allégations de Dupont et de Villoutregs. (fuc Castafios était sur le point d'accorder le libre retour sur Madrid .
lorsqu'il apprit que Vedel sclaii dérobé et par la lettre du 19 de Savarg, que tarnu;e avait ordre de s y replier.
A la demande que les troupes de Vedel ne fussent point com-
1. Interroff. de Marescot, 28 septembre 1808, et Rapport au ministre, du 2 septembre.
plutôt que lui réservait la perfidie.
Du 19 au 21, Dupont a flotté dans la faiblesse et l'incertitude, ordonnant sans résolution aux divisions Yedel et Dufour, tantôt la retraite et le salut, tantôt la reddition et la honte.
prises dans la capitulation, Castai'ios aurait objecté qu"« elles ren- « contreraient , dans leur retraite^ ((■ celles de la Manche et de Valence , « quiobstrueraientleunnarche^. »
La lettre de Savary ne fait point de doute, et il est fort admissible que la question des divisions Vedel et Dufour fut débattue ; mais il est indiscutable que Castahos opposa constamment une fin de Jion-recevoir et s^en tint à la capitulation immédiate^ aux termes que rappela Lapeûa à Marescot, dans leur entrevue du 20 au matin.
Au surplus, écoutez Chabert, le plénipotentiaire de Dupont, et vous verrez ce qu'il reste de la fable d'un accommodement avec Gastaîios rompu par la lettre de Savary: « Le général Dupont me donna pouvoir par écrit de traiter avec Tennemi, et au général Marescot et à moi des î7î5//7/c7/o/15 verbales pointant de faire toits nos efforts pour obtenir de nous retirer sur Madrid. V ennemi ayant refusé positivement., nous ne pûmes obtenir que la capitulation qui a été signée ; mais auparavant, et le 21, je me rendis
i.Interrog. de Vf/Zotifrej/s. 24 février 1809,
auprès du général en chef auquel j'en communiquai les conditions, à qui j'en laissai une copie; après l'avoir examinée, il m'autorisa à signer, me donna les articles supplémentaires, avec ordre de retourner à Andujar et de conclure. . . Les généraux ennemis cherchaient à entraver la capitulation.
« Vennemi ne voulait entrer dans aucune espèce d'arrangement si la division Vedel n'était pas comprise sur le traité. Si nous eussions refusé absolument de l'y comprendre : 1° 11 serait arrivé que les ennemis, c'est-àdire le général Lapefia, seraient tombés sur la division Barbou; 2° Le général Vedel aurait trouvé, soit dans la Sierra Morena, soit dans la Manche, des obstacles qui auraient empêché son passage sur Madrid, et il aurait été poursuivi par le corps de Reding.
« Je suis certain que le général Vedel n'aurait pas pu effectuer sa retraite; il Va dit au général Cervoni, ce qui m'a été rapporté par le général de Saint-Jean, commandant d'armes à Marseille.
Les troupes ennemies gardaient les passages de la Sierra Morena;
la Manche était insurgée; étant poursuivi par /r.< divisions Reding et Coupigni/. le général Vedel n'aurait pu effectuer sa retraiteK^^ Et c'est tout, pas un mot du roman concernant les « dispositions bienveillantes de Casta/ïos. » Les généraux espagnols, cela va sans dire, crièrent à la trahison, en apprenant la fuite de Vedel.
En avaient-ils le droit? Oui, puisqu'il tort, et de gré ou de force, les divisions qu'il commandait étaient comprises dans la préparation de l'instrument de la capitulation ; non, parce que cette capitulation n'était point signée ; non, parce que Vedel était fondé à imiter Lapena. déclarant ses opérations distinctes de celles de Reding; non enfin, parce que Dupont, cerné et privé I de sa liberté, n'avait plus aucun ordre à donner à Vedel et ne ; pouvait disposer de ses troupes.
j 11 paraît bien que de ce fait 1 les négociations furent un instant j rompues. L'ennemi reprit ses I odieux procédés d'intimidation, j et naturellement Lapena s'en charo^ea.