Inlen-ogafoiie de Vedel. {' février
senti, dans le but d'établir que ses droits, d'abord reconnus et sur le point de recevoir leur sanction, furent outrageusement violés, Dupont a donnédes armes à l'accusation. Les fourches caudines parurent moins hautes et moins proches, et V accusation s'efforça d en profiter 'pour démontrer qu'ayant eu le temps et la liberté d'esprit nécessaires pour peser ses actes, rentière responsabilité lui en incombait.
Si l'on conçoit une capitulation à discrétion, au bon plaisir du vainqueur, rhumanité ré-' prouvera toujours l'abus de la force, l'emploi des menaces et de la famine, l'invocation d'une négociation en cours pour s'assurer l'immobilité de l'adversaire, sauf à manœuvrer soi-même dans le but de resserrer et de compléter l'investissement. Or, dans l'hypothèse d'une suspension d'armes, telle aurait été la conduite des généraux espagnols, trop impudente et trop odieuse que nous l'admettions sans réserves. La déclaration de Bois -Chevalier et la conduite de Lapeiia, Jones, Juan de la Cruz doivent lever les doutes; car autrement les Espagnols
9. — Le général Dupont a autorisé le général Ghabert à souscrire des conditions avilissantes. 11 a stipulé avec une attention honteuse la conservation des bagages, surtout de ceux des généraux.
Et ces bagages, selon plus d'un témoi-
I se seraient rendus coupables du crime le plus abominable. Pour nous, aucune stipulation, même verbale^ aucun instnunent ne lia leurs juains. Use peut qu'enfuit les hostilités ayant été momentanément interrompues, chacun dans le camp français se soit mépris sur le caractère de leur cessation ; mais l'attaque de Juan de la Gruz le 21 et de Lapena le 22, auraient dû ouvrir les yeux. Averti par Castanos, dès le 20 au matin, que Tarmistice conclu avec Reding n'était ni consenti, ni reconnu, Dupont avait la certitude du sortqui l'attendait, et tous ses actes portent la marque de la contrainte, d'une inexorable nécessité , comme aussi d'une incertitude et d'une hésitation parfaitement compréhensibles.
9. — Laissons le pathos de « ci'tfp ri/le qui appartenait à u in injti<tp frère de Sa Majesté, « (les combats successifs propres « à lasser le courage qui eùttriom- « phé dans uni' bataille», et abordons les faits.
Avant tout, il faut entendre la déposition de Ghabert. A la ques- <( tion : Comment avez-vous laisse (( mettre dans la capitulation
gnage, ont été signalés comme le fruit du pillage, a une ville appartenant à Vanguste frère Sa Majesté.
Ces bagages étaient portés par une file de chariotsqui ont retardé la marche de l'armée, le 18 et le 19, et qui ont exposé les troupes de Sa Majesté au malheur de se défendre par corps, parfractions, au lieu d'attaquer en division et en masse, au désavantage de ces combats successifs propres à lasser le courage qui eût triomphé dans une bataille.
Et ces bagages sont venus de Gordoue, oii on impute au général Dupont d'avoir laissé derrière lui des malades qu'il aurait négligé d'emmener.
l'article relatif aux vases d'église ? » Il répondit : « Cette note m'a été remise par le général Marescot, comme demandée absolument par le général ennemi. Je refusai de l'accepter, disant que je ne signerais pas la capitulation si cette condition en faisait partie. 11 m'engagea à en parler au général Castafios, à qui j'obseryai que je ne signerais pas la capitulation si elle en faisait partie.
Je lui observai en outre que j'ignorais s'il y avait eu des vases sacrés de volés, que je ne le croyais pas : dans tous les cas, quelle idée auraient-ils de nous si nous consentionsà l'insertion d'unpareil article? Alors il fut fait successivement deux nouvelles rédactions, et la dernière, qui a été insérée au traité après de longs débats, n'est rédigée que d'une manière conditionnelle.
et dans la supposition qu'il g aurait eu des vases enlevés.
« Le général Thiponl m'a fait des objections contre cri article, lorsque je fus lui porter la capitulation, et sur le compte que je lui rendis de ce qui s'était passé, il finit
« par consentir à cet article et
« aux autres. »
Ainsi, la note relative aux vases sacrés fut remise au plénipotentiaire par Marescot : « C'est
c à moi, avoua-t-il, que les com-
« missaires espagnols se sont
« adressés pour Tinsertion d'un
« article concernant la restitu-
« tion des argenteries. Us atta-
« quèrent l'extrême supersti-
« tion de leur nation et son exas-
« pération actuelle. Ils dirent
<( qu'ils ne répondaient pas des
« suites d'un refus. Les circons-
« tances extraordinaires ne peu-
« vent se juger d'après les rè-
« gles ordinaires. Les Espagnols
« étaientdans l'accès le plus vio-
« lent du délire révolutionnaire et
« de rage désespérée contre les
« Français. Il s'agissait des objets
X les plus chers à des fanatiques
« qui étaient les plus forts et qui
(( auraientreprisdeforcece qu'on
« aurait refusé de leur rendre . Les
« suites de celte violence étaient
« incalculables... La ville deCor-
« doue s'était laissée prendre d'as-
« saut, et avait subi l'exécution
« militaire qui est la suite néces-
« saire de ces sortes d'événe-
« ments, et l'enlèvement de l'ar-
K genterie des églises qui en est
[Suit une courte analyse des faits reprochés à Dupont et à ses coaccusés].
« une suite tout aussi naturelle :
« car les habitants tiraient de de- « dans les églises comme de dedans « les ?naisons. J'ai failli moi- « même ctre tué par une dé- « charge de coups de fusil partie « des portes de la cathédrale ^ »
Le premier point est élucidé ; quant au second, celui des bagages, il l'a été péremptoirement déjà^ La légende du convoi de 800 voitures et celle de l'armistice doivent disparaître. L'échafaudage de l'accusation est à terre.