Llorente, loc, cit., IV
LA GUERRE EST POUR L ESPAGNE NATIONALE ET RELIGIEUSE oa
nifeste de la Junte de Valence ; du 23 mai 1808 au mois d'août de l'année suivante, ladite junte leva 102.672 hommes! ChifTre dont l'énormité donnera idée des efforts de l'Espagne et dans lequel sont compris 498 partidas ou bandes de guérillas, soit 11.030 hommes, et « 1.390 eclesiasticos empleados en la artilleria. » Les engagements' étalent reçus dans les couvents ou les églises et les enrôlés prenaient l'écharpe rouge portant imprimés dans toute sa longueur les mots : Viva Fernando Vil — Religion y patria^. « La main sacrée du ministre des autels inscrivait leurs noms sur le livre des défenseurs de la patrie, bénissait leurs desseins et les acheminait au combat. Il est impossible de rapporter les services rendus par le clergé : il dirigea les esprits, activa les levées, réchauffa l'enthousiasme, soutint le gouvernement dans ses fatigues, et acquit un droit éternel à la reconnaissance de la nation- .» Dans son armée, Castanos comptait des compagnies de séminaristes de Malaga, et Cuesta en avait de Santiago! Au printemps de 1809, alors que le maréchal Victor occupait la ligne du Guadiana, '< chaque jour sortaient de Badajoz, mêlés aux troupes de la garnison, les Tercios de la CrKzada, corps religieux et militants appelés à venger les attentats commis par les Français contre la religion, et que la Junte centrale reconnut en dotant leurs membres d'une croix ronge sur la poitrine et les donnant comme modèles à toutes les villes de la Péninsule 3. » On dira; mais c'étaient des représailles ! Nullement. Observez les dates : les hostilités ne sont point ouvertes encore, et Murât maintient dans l'armée une discipline rigoureuse; les méfaits reprochés par les proclamations des juntes,