Joseph à Xapvléun, i septembre
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(( qu'il ne s'agit point de mourir, mais d'être victorieux et qu'il le sera. Je trouverai en Espagne les colonnes d'Hercule, mais non les limites démon pouvoir*. » Mot célèbre dont ne pouvait se contenter Joseph. Conquérir ou renoncer, nulle autre alternative : or conquérir étant fort problématique, mieux valait renoncer. Peu lui importait l'Espagne, il se bornerait à lui dire : « Je renonce à régner sur un peuple que j'ai dû réduire par la force des armes : ayant le choix entre un tel peuple et celui de Naples qui sait apprécier mon gouvernement, je donne la préférence aux peuples qui me connaissent et je retourne à Naples, faisant des vœux pour le bonheur de l'Espagne et allant travailler à celui des Deux-Siciles-. » Mais ce n'est rien encore, il propose le démembrement de son royaume! Réunissez à la France les provinces au-delà de l'Ebre et donnez la Galice au Portugal, « ce qui restera de l'Espagne la fera descendre au rang de troisième puissance. L'espoir de mon retour tiendra le peuple de Naples tranquille. Il ne vous manquera pas de moyens d'indemniser le prince Murât". »
Et voilà l'homme qui se posait en roi d'Espagne par oit divin! qui adressait à ses prétendus sujets, homélies et protestations de dévouement! Une immense pitié ■nvahit le cœur devant un tel spectacle, car enfin, irresponsable des ignominies de ses souverains, le peuple l'spagnol méritait mieux qu'un troqueur de royaume, fûtil '< institué de Dieu' ».
. Sapoléon à Joseph, 31 juillet.
-3. Joseph à Sapoléon, 'J août.
. Vovez les Mémoires de Stanislas Giranlin
(( Il no peut rester de Bourbons en Europe avec les Napoléons », disait le maréchal Bessières en quittant les Tuileries et partant pour l'Espagne^ ; « dans le moment oii il transportait sur la tête de Joseph la couronne deNaples, l'empereur établissait un autre de ses frères sur le trône des stathouders et fondait des souverainetés pour ses sœurs Pauline et Elisa : oii s'arrêterait cette propagande dynastique". »
Depuis six ans, l'Espagne assistait avec indillrrciicc aux triomphes de son alliée sur les autres nations et « se croyait stupidement à Tabri de l'incendie général, en dépit des avis et des pronostics des coalisés^ ». Vainement Charles IV espérait-il échapper à l'œuvre de destruction qui frappait les membres de sa famille; nulle considération n'était capable d'arrêter Napoléon, sa soumission moins que toute autre, car il n'avait que mépris pour la faiblesse et les misères qui la confinent. N'en serail-il [)as de l'Espagne comme de l'Italie? A quoi bon agir différemment avec elle? Et ne pouvant se résoudre à une guerre loyale que de justes griefs eussent légitimée, que l'Europe eût acceptée sans mot dire, bercé de l'illusion d'une transaction pacifique, dépouillant enfin la dignité à laquelle l'obligeait l'élévation prodigieuse oii son génie et la fortune l'avaient transporté, Napoléon s'écarte ici de ses voies ordinaires, et se livre à d'infâmes machinations pourcxploilcr les scan-
1. Manuscrit du cnloiiel <le Haudus, couiuiuniqué par la famille.