‹ Guerre d'EspagneChapitre 30 sur 207 · I.V GUERRE EST POUR LESPAGNE NATIONALE ET RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

I.V GUERRE EST POUR LESPAGNE NATIONALE ET RELIGIEUSE

VOUS de leurs paroles et détestez leurs œuvres. Il faut lire leurs livres et brûler leurs auteurs, parce que leur cœur n'est jamais d'accord avec leurs lèvres '. C'est une nation remuante par caractère naturel à sa race, et révolutionnaire par politique. Elle ne peut se reposer sur aucune forme de gouvernement ; de tout temps, ce ne sont qu'étourderies et imbroglios. Un vieux dicton que jai lu dans une collection et dont j'ai gardé le souvenir la définit bien : Quand le Français dort, le diable le berce-. » Tout ce que la langue espagnole renferme d'expressions haineuses et ordurières était aussi appliqué a Napoléon. A force d'être violente, l'ironie tombe dans la platitude et le ridicule, et ne soulève qu'un juste mépris. Nul doute que ces pamphlets dont l'officine était à Madrid, et qui se répandaient à profusion, n'aient retlété un état d'esprit général en Espagne.

Bien qu'il se sentit « assez grand par lui-même pour ne pas vouloir monter sur des échasses », Joseph manquait de sens politique ; confiné dans sa capitale et publiant force décrets qui n'en franchissaient guère l'enceinte, il eût mieux fait de suivre ses armées, de se montrer au peuple et d'adoucir dans la mesure du possible les misères d'une guerre impitoyable, qui n'avait d'autre but que de l'introniser en Espagne. Nous ne dirons point qu'il y fût parvenu, mais au moins son attitude eût été plus noble, et la postérité lui eût pardonné ses sempiternelles jérémiades; sentimentalité douteuse d'ailleurs, et qui cachait le dépit de n'avoir point trouvé, à Madrid, les richesses et les grandeurs royales auxquelles il estimait

1. Centinela conlra Franceses. D. .Antonio de Capiiiany à Lord Hoiland. Madrid, 15 septembre 1808 (Arch. Nat., AF'V, 161U,.« Es menester leer sus libros y quemar sus autores, por que su corazon nunca ha estado acordo con sus labios... No se os cayga de la menioria que el Francis es animal indefinible», etc.

Page 1